eXistenZ : Le film culte de David Cronenberg qui redéfinit la réalité virtuelle et la dépendance technologique

Titre original : 27 ans plus tard, aucun film n’a traité le jeu vidéo comme cet OVNI du cinéma dispo sur Prime Video

Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les codes verts et l’esthétique glacée de Matrix en 1999, David Cronenberg livrait, presque en catimini, une prophétie bien plus charnelle et dérangeante sur notre futur numérique.

Si 1999 reste gravée dans les mémoires cinéphiles comme l'année où Matrix a redéfini la science-fiction avec ses imperméables en cuir et ses pilules rouges, un autre film, sorti dans l'ombre du géant des Wachowski, proposait une vision bien plus dérangeante de la réalité virtuelle. Ce film, dispo sur Prime Video, c'est eXistenZ de David Cronenberg. Là où Matrix nous offrait une évasion héroïque d'une prison numérique, Cronenberg nous plongeait dans une hallucination viscérale où le joueur ne veut plus sortir. Ce thriller biomécanique reste, près de trois décennies plus tard, une prophétie inégalée sur notre fusion avec la technologie.

La prophétie organique d'un futur connecté

Loin de l'esthétique aseptisée et binaire du cyberpunk traditionnel, eXistenZ ancre le virtuel dans la chair. Dans ce monde, les consoles de jeux ne sont pas des boîtiers de plastique inerte, mais des "pods" organiques, sortes d'amphibiens mutants qui respirent, gémissent et se connectent directement au système nerveux via un bio-port percé à la base de la colonne vertébrale. Cette interface n'est pas sans rappeler une version cauchemardesque et sexuellement chargée de notre dépendance actuelle aux smartphones, ces extensions quasi-corporelles que nous redoutons de lâcher.

27 ans plus tard, aucun film n’a traité le jeu vidéo comme cet OVNI du cinéma dispo sur Prime Video

Le film explore une forme de body horror où la technologie n'est pas un outil externe, mais un parasite intime. La scène culte où le protagoniste, Ted Pikul (campé par un Jude Law très en forme), assemble un pistolet à partir d'ossements et de restes organiques dans un restaurant chinois symbolise parfaitement cette fusion : dans eXistenZ, le jeu n'est pas une évasion de la biologie, c'est une plongée en apnée dans ses tréfonds les plus troubles.

Une satire vertigineuse du libre arbitre

Au-delà de l'esthétique, le film brille par sa déconstruction des mécaniques ludiques. Alors que Jennifer Jason Leigh incarne Allegra Geller, une créatrice de jeux élevée au rang de déesse et poursuivie par une fatwa des "Réalistes", le film parodie brillamment la logique du jeu vidéo. Les personnages se retrouvent bloqués dans des boucles de dialogue tant que la bonne phrase n'est pas prononcée, et ressentent des pulsions de jeu irrésistibles qui dictent leurs actions, annulant leur libre arbitre au profit du scénario. Le film suggère que le danger n'est pas que la machine nous asservisse, mais que nous préférions volontairement l'ivresse de la simulation à la platitude du réel. Bref, si vous cherchez un film original sur les jeux vidéo, c'est bien celui-ci.