Le règne d’Animal Crossing touche-t-il à sa fin ? C’est la question que pose l’arrivée imminente de Pokémon Pokopia sur Switch 2. Loin d’être un simple clone, ce titre développé par les experts d’Omega Force réinvente la simulation de vie.
Depuis le séisme culturel provoqué par Animal Crossing: New Horizons en 2020, la couronne de la simulation de vie sur Switch semblait indéboulonnable. Si Les Sims règnent sans partage sur PC, Tom Nook et ses créanciers mignons ont carrément verrouillé la machine hybride. Qui peut dire le contraire ? Pourtant, en découvrant les premières images de
Pokémon Pokopia, prévu pour le 5 mars 2026 en exclusivité sur la Nintendo Switch 2, j'ai ressenti un frisson que je n'avais plus éprouvé depuis longtemps. Un certain frisson d'espoir...
C’est d’autant plus surprenant que je ne suis absolument pas fan de Pokémon. La chasse aux petits monstres et les tableaux de statistiques, très peu pour moi. Mais ici, la proposition est différente. Confié aux mains expertes d'Omega Force (les artisans derrière l'excellent Dragon Quest Builders 2, ce qui est déjà un gage de qualité béton), ce titre avance une prémisse audacieuse : incarner un Métamorph transformé en humain, chargé de rebâtir une utopie sur les cendres d'un monde délaissé. Si le potentiel donne le vertige, la réussite de ce chantier dépendra d'un équilibre entre cozyness absolue et génie ludique. Et j'y crois fort. Très, très fort.

Une symbiose, pas une copie
Pour espérer détrôner le maître, Pokopia a l'intelligence de ne pas le singer. Le coup de génie réside dans l’intégration des capacités des monstres au cœur même de l’ingénierie de construction. Cette fois, je ne capture pas pour faire la bagarre dans une arène, je me lie d'amitié pour bâtir une petite ville trop mignonne. En tant que Métamorph, je peux copier les talents de la faune locale. Concrètement : J'emprunte le Pistolet à O d'un Carapuce, non pas pour attaquer, mais pour irriguer mes cultures en un clin d'œil. Je sollicite la force d'un Bétochef pour le gros œuvre et déplacer des charpentes. C’est une mécanique de coopération utilitaire qui offre une profondeur jamais vue dans le genre. C'est une promesse de gameplay qui dépasse la passivité d'Animal Crossing : ici, chaque modification de mon environnement est le fruit d'une interaction vivante.


Du décorateur au créateur de vie
Là où Pokopia risque de m'obséder, c'est dans la finalité de sa créativité. Dans Animal Crossing, je décorais pour le plaisir des yeux ou pour satisfaire l'Académie des Joyeux Décorateurs. Dans Pokopia, je construis pour la survie et la renaissance. Le système d'habitats semble être le cœur battant de l'expérience. Je dois concevoir des biomes spécifiques pour attirer de nouvelles espèces. La boucle de jeu est fascinante : placer un point d'eau et une souche spécifique pourrait attirer un type Eau comme Magicarpe, tandis qu'aménager un coin de verdure dense fera apparaître des types Plante ou Insecte. Si le jeu me permet réellement de sculpter ces micro-climats avec précision, il transformera ma console en un terrarium vivant qui promet d'être passionnant à entretenir.
En tout cas, Nintendo et Koei Tecmo ont ENFIN compris quelque chose d'essentiel : les Pokémon sont, par essence, des créatures de "confort". Pendant 30 ans, on nous a forcé à les voir comme des gladiateurs de poche. Or, leur design rond et leur diversité en font les candidats parfaits pour un jeu relaxant. Les intégrer dans un cozy game, c'est enfin réaliser le fantasme ultime qui sommeille même chez les non-initiés. C’est aussi brillant parce que ça humanise le bestiaire. On passe de la collection d'objets vivants à la cohabitation communautaire. Bref, j'ai hâte.