Je vous parle d’un temps que les moins de six ans ne peuvent pas connaître. La France, en ce temps-là, restait sagement chez soi, rêvant à la fenêtre. Et sans un jeu vidéo d’exception, l’expérience sociale qui nous fut imposée au printemps 2020 aurait viré au cauchemar pour moi. 150 heures durant, avec mon ami et colocataire de l’époque, nous nous sommes évadés dans un univers fantastique à nul autre pareil. Ce souvenir de joueur restera gravée à jamais dans ma mémoire tant l’épopée fut unique et épique.
Le temps du confinement
Le 17 mars 2020, le couperet tombe. La France, le pays des lumières, de la Commune et de la Révolution, ferme ses portes à double tour. Le confinement dû à la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde entier semble alors la seule solution viable. Du jour au lendemain, des millions de français sont ainsi forcés de rester chez eux pour une durée indéterminée. Les semaines passent. Le printemps nous nargue. Les oiseaux chantent. La nature reprend ses droits. Le virus, bien installé, squatte.
55 jours après le début des restrictions, la France est enfin libérée… progressivement du moins. Nous sommes le 11 mai 2020 et les français respirent à nouveau l’air frais des métropoles. Cette période a laissé des séquelles, parfois invisibles, chez nos concitoyens et a marqué leur esprit au fer rouge. La solitude, tant redoutée, fut particulièrement redoutable au cours de ces 7 semaines et 6 jours. Par chance, j’avais avec moi ma PlayStation 4, un colocataire et ami ainsi qu’un jeu vidéo noté 19/20 sur JV.

Divinity : Original Sin II, mon CRPG de coeur
Développé par Larian Studios, Divinity : Original Sin II est encore aujourd’hui considéré comme une référence du RPG moderne. L’histoire se déroule dans le monde de Rivellon, où le joueur incarne un “ensourceleur” pourchassé pour ses pouvoirs. De l’exil à la quête de divinité, le scénario se distingue par une écriture solide, des choix constants et des quêtes secondaires particulièrement riches, qui rendent votre aventure unique. Le gameplay repose sur des combats tactiques au tour par tour exigeants, mettant l’accent sur la réflexion, les interactions élémentaires et la complémentarité des membres de votre groupe d’aventuriers. La personnalisation poussée des personnages, qu’ils soient créés sur mesure ou non, renforce la profondeur stratégique du jeu. Divinity : Original Sin II se démarque aussi par son mode coopération, jouable à deux en écran partagé ou en ligne. Une expérience idéale pour explorer Rivellon à plusieurs, sans jamais faire de compromis sur la qualité.

Une épopée coopérative hors du commun
Les premiers jours du confinement ne sont pas les pires à vivre tant les bienfaits du télétravail se ressentent déjà. Quel plaisir que de ne pas prendre le métro et de se lever 15 minutes avant de se mettre devant l’écran un thé fumant entre les mains. Puis le week-end arrive et la dure réalité me rattrape. Je suis enfermé chez moi et je déteste ça.
Je travaille pour JV et mon colocataire aime le jeu vidéo, notamment les RPG, mais pas uniquement. C’est donc tout naturellement que le sujet est régulièrement posé sur la table. Un soir ou en fin d’après-midi, l’idée de jouer à un jeu (pas forcément vidéo) en coopération émerge, histoire de tuer le temps. Nous dépensons alors plus de 100 euros pour nous procurer l’adaptation de Dark Souls en jeu de plateau (mais ceci est une autre histoire), puis une autre trentaine d’euros pour nous procurer Divinity : Original Sin II - Definitive Edition sur PlayStation 4. Pourquoi ce titre plutôt qu’un autre ? Les raisons sont simples. C’était à l’époque le meilleur CRPG de fantasy disponible, notamment sur PS4, et il était intégralement jouable à 2 joueurs sur un canapé.

Les premières heures sont pour le moins hard, surtout pour moi qui redécouvre le genre après une décennie passée loin de lui. Il faut aussi reconnaître que l’acte 1 de DOS 2 n’est pas des plus accueillants. Puis l'aventure se lance pour de bon et la magie opère. Je suis alors frappé d’une malédiction vidéoludique qui ne m’arrive que trop rarement. Je pense Divinity. Je respire Divinity. Je vis pour Divinity. Et le constat est le même pour mon colocataire avec lequel je théorise nos prochains combats et nos prochaines missions en cuisinant, en allant faire les courses ou durant les repas.
Les jours et les semaines passent et Divinity : Original Sin II ne nous quitte pas. Nous sommes totalement happés par son univers fantastique ô combien riche, ses petites histoires qui font la grande et la profondeur de ses mécaniques RPG. Et la coopération apporte une dimension supplémentaire à notre aventure. Nous partageons l’argent, les ressources, les équipements et prenons les décisions ensemble, quitte à débattre lorsque nous sommes en désaccord. Dans un sens, DOS 2 devient une extension de notre colocation où nous nous évadons loin de la folie du confinement.
Il est difficile de décrire avec de simples mots un tel sentiment de bien être face à une œuvre qui vous immerge, vous émeut et vous fait vivre des aventures épiques, parfois drôles, à partager avec un ami. Le fait de découvrir DOS 2 dans ces conditions influence forcément ma perception des choses. Le confinement était le contexte idéal pour plonger corps et âme dans l’univers de Rivellon et la colocation le lieu tout trouvé pour y dénicher un compagnon de voyage. Divinity : Original Sin II reste encore aujourd’hui ma meilleure expérience de joueur !