Hytale, c’est une histoire assez improbable : celle d’un serveur Minecraft ultra-populaire (Hypixel) qui deviendra un projet de jeu à part entière, avant que ce dernier ne soit racheté en 2020 par le géant Riot Games. Dans une longue agonie, le titre sera plusieurs fois reporté puis finalement abandonné en juin 2025 par l’entreprise américaine… Mais c’était sans compter sur un sacré retournement de situation : les fondateurs d’Hypixel sont parvenus à racheter Hytale, et nous voilà aujourd’hui, 7 ans après son annonce. Le jeu est dispo en accès anticipé depuis le 13 janvier sur PC, uniquement via le site officiel d’Hytale.
Ce test se base strictement sur l’état et le contenu d’Hytale au lancement de son accès anticipé, tels que parus le 13 janvier 2026, avant l'arrivée de l'Update 1 du 17 janvier.
Hytale, c’est un Minecraft-like imaginé par des gens qui ont poncé le titre de Mojang et qui cherchent à dépasser ses limitations. Et pour ça, Hypixel, le studio derrière le projet (fondé par les créateurs du serveur Minecraft éponyme), a choisi plusieurs angles d’attaque : un jeu pensé dès le départ pour le modding, les créations de la communauté et les serveurs en ligne, d’abord, mais aussi l’ajout d’une dimension RPG et tout un tas d’autres détails que nous aurons l’occasion d’évoquer dans cet article.
Le contenu de l’accès anticipé
Dans le cadre de son accès anticipé, Hytale n’est bien sûr pas terminé. À ce jour, il manque surtout le mode Aventure, qui proposera un jour - d’après Hypixel - un scénario, des quêtes, comme un vrai RPG (il manque aussi pour l’instant les Mini-jeux). Il y a en fait deux choses auxquelles vous pouvez jouer dès maintenant : Exploration, qui ressemble en gros au mode Survie de Minecraft, et le mode Créatif qui, comme son nom l’indique, vous permet de laisser libre cours à votre imagination.
Là, maintenant, tout de suite, vous pouvez également personnaliser votre avatar, et de façon assez poussée d’ailleurs. Notez que certains cosmétiques sont uniquement accessibles aux possesseurs des éditions Support (environ 30€) et Cursebreaker (environ 60€). Les skins en question sont assez farfelus et ne concernent que quelques vêtements, en particulier les couvre-chefs, les pantalons et les capes. Autrement dit, pour le visage de votre personnage, c’est open bar, et il y a le choix.

Go go go Exploration
À présent qu’on a la classe à Dallas, on peut se lancer dans le mode Exploration. Hytale nous laisse d’ailleurs régler quelques paramètres, qu’on peut changer à tout moment depuis le menu : activer ou non le PvP (rigolo en ligne), activer ou non les dégâts de chute, accélérer la vitesse du cycle jour / nuit et ajuster les objets qu’on perd en cas de mort (soit rien du tout, soit une partie, soit la totalité).
Une fois que c’est fait, on apparaît systématiquement dans une forêt verdoyante, à deux pas d’un portail vers le Temple oublié (on y reviendra). À part ça, comme dans Minecraft, le carte d’Hytale est générée procéduralement, même si ce n’est pas tout à fait clair si elle est infinie ou non. Toutefois, tout n’est pas créé aléatoirement de façon bête et méchante. Hytale offre notamment des structures relativement complexes bien souvent remplies de monstres - semblables à des mini-donjons - qui apparaissent de façon cohérente et qui semblent uniques à chaque région. Parce que oui, il y a un système de région et même de zone.


De notre côté, sur une dizaine d’heures de jeu, notre exploration a toujours été agréable et rythmée, plus que ce qu’on attendait d’un accès anticipé, et ça donne franchement confiance en l’avenir d’Hytale. De toute évidence, chaque zone a le droit à sa propre identité visuelle et musicale, ses petits points d’intérêt et son bestiaire (qui paraît gigantesque). La formation des grottes et le minage sont aussi réussis, même si le loot a la fâcheuse tendance à rester coincé dans les angles.
À ce jour et par défaut, le mode Exploration d’Hytale ne propose aucune mécanique de survie type jauge de faim (même si on se doute que les modders sont déjà sur le coup). En revanche, la nuit, il y a toujours de nouveaux monstres dangereux qui débarquent.
Après, il ne faut pas se voiler la face non plus… À moins d’être accro à la boucle de gameplay d’un Minecraft (explorer toujours plus loin / plus profondément à la recherche de matériaux toujours plus rares), le mode Exploration peut facilement devenir monotone, typique des jeux bac à sable, surtout en l'absence de systèmes d'automatisation type redstone. En l’état aussi, les reliefs de l’environnement sont un peu plan-plan. L’évolution d’Hytale dans le futur devrait améliorer tout ça. Hypixel prévoit en effet de lancer à terme la V2 de son générateur de monde - les démos sur leur chaîne YouTube font envie - et à ce jour, en Exploration, des lieux sont fermés par des panneaux work in progress.

Hytale fait du Hytale
Ce qui nous rend également enthousiastes à propos d’Hytale, c’est certains points qui le distinguent de Minecraft. En marge de quelques améliorations bienvenues (saut automatique pour franchir les obstacles d’un bloc, mode “deux mains” pour tenir par exemple une pioche et une torche, prévisualiser un bloc et même le faire pivoter avant de le poser), c’est surtout sa vision du craft et des combats qu’il faut noter.
Comme le souligne PC Gamer, le craft d’Hytale se rapproche plus de Valheim que de Minecraft. Ici, tout tourne autour des établis d’artisanat. Le workbench principal, que vous créez en début de partie avec 4 bouts de bois et 3 cailloux, permet d’obtenir d’autres petits ateliers (four, armurerie, forge, etc) qui donnent eux-mêmes accès à des objets dédiés. Tous les items sont listés à l’avance, leur recette aussi, c’est sans prise de tête et ça marche très bien.

Mention spéciale pour le Builder’s workbench, où il suffit d’insérer n’importe quel bloc (bois, pierre, etc) pour révéler toutes ses déclinaisons, que ce soit une toiture, une fenêtre ou un sol plus travaillé. C’est très pratique quand on construit sa base, et c’est dans ce genre de cas qu’on se rend compte du “niveau de détail” - ça reste des blocs hein - plus important d’Hytale par rapport à Minecraft, qui permet d’aller plus loin en termes de création pure. Les établis portent également les premiers éléments RPG du titre : on peut les améliorer pour crafter de nouveaux objets ou simplement pour qu’ils “tournent” plus rapidement.
À ce jour, le Temple oublié (une zone accessible via un portail près du point de spawn en début de partie en mode Exploration) est encore largement en work in progress, mais comprend quelques marchands et surtout l’autel des Mémoires. C’est un système de progression basé sur le bestiaire : plus vous rencontrez de monstres, plus vous ferez monter une jauge qui comprend pour l’instant 5 paliers. Chaque palier dévoile de nouveaux objets à crafter depuis les établis d’artisanat et augmente votre nombre max de téléporteurs. Comme vous vous en doutez, ces derniers sont très pratiques pour se déplacer dans le monde d’Hytale.
L’autre truc qu’on veut aborder, c’est les combats. Ils sont plus poussés que dans Minecraft : chaque type d’arme (épée, masse à deux mains, hache lourde, double dague, arc) dispose d’un combo de base, d’une attaque chargée et d’un ultime. On peut même bloquer les assauts ennemis, ce qui videra progressivement une barre d’endurance. C’est d’ailleurs l’une des rares actions qui en consomme, en marge du sprint, de l’attaque chargée et du coup en garde levée. Il y a aussi de la mana, évidemment réservée aux armes magiques type bâtons.

Dans l’ensemble, les combats d’Hytale sont satisfaisants quoique répétitifs - on attaque, on bloque, on attaque, on bloque - mais c’est une bonne base. On a juste noté chez certains adversaires des décalages entre l’animation de l’assaut et son impact, et avec la caméra à la première personne, le coup chargé à l’épée à tendance à nous faire traverser l’ennemi (qui en profitera bien sûr pour nous frapper dans le dos). En l’état donc, la caméra à la troisième personne est sans doute à privilégier pour les affrontements au corps-à-corps. Pour l’arc, en revanche, préférez la vue FPS.
Mission création
Avec tout ça, on n’a même pas encore parlé du mode Créatif. Comme son nom l’indique, ce mode vous permet de faire ce que vous voulez avec tous les mods et les assets du jeu (blocs, monstres, PNJ, instances entières), le tout avec des outils de création directement intégrés. Il faut avoir des connaissances en développement quand il s’agit de modifier les fichiers eux-mêmes, mais avec les outils de base, il y a déjà largement de quoi faire. Juste, quelque chose d’important que le jeu ne vous dit pas du tout : pour avoir accès à toutes les fonctionnalités du mode, appuyez sur Entrée pour ouvrir la console de commande et tapez “/op self”. Sans ça, trois-quarts des trucs seront bloqués.
Comme expliqué en intro, Hytale est très “mod friendly”. Pour installer ça, il suffit de télécharger un truc qui vous fait de l'œil sur un site de confiance (Curseforge par exemple) puis de coller les fichiers extraits dans le dossier “Mods”. Pour trouver le dossier en question, c’est simple. Quand vous lancez le launcher du jeu (avant d’ouvrir l’application à proprement parler), cliquez sur la roue crantée en haut à gauche. Puis Open directory -> UserData -> Mods. Si vous avez bien fait votre travail, le mod apparaît dans les paramètres de n’importe lequel de vos mondes, où il est d’ailleurs possible de les activer et de les désactiver très simplement.

En l’état, les outils d’Hytale sont déjà très flexibles, puisqu’ils permettent de travailler à très grande échelle (modeler un énorme terrain en un clin d'œil) mais aussi d’aller vraiment dans les détails. De notre côté, on s’est pas lancé dans la reproduction de New York à l’échelle 1:1, on s’est juste amusé à faire une table de taverne vivante : une dague plantée par-ci, un morceau de pain qui traîne par-là, vous voyez l’idée. Et même si on a galéré à prendre les outils en main - à cause du “op/self”, mais sachez aussi que tout est en anglais -, c’était super sympa à faire. On peut vraiment placer tout au millimètre et on se prend rapidement au jeu. Le mode Créatif d’Hytale propose en plus un onglet dédié aux machinima, ces courts-métrages réalisés avec des assets de jeu. Et encore une fois, pas évident à comprendre au départ, mais après quelques (dizaines de) minutes, on a adhéré.


Tout ça est déjà franchement complet pour de l’accès anticipé, mais comme on vous le disait, il y a des améliorations à faire en termes de clarté et juste d’accessibilité. De notre côté, on n'a jamais trouvé comment faire un simple CTRL+Z, ni même comment exporter notre machinima. On a aussi eu quelques crashs, mais uniquement en Créatif. Rien de ce genre dans le mode Exploration, juste deux-trois bugs côté respawn et des freeze assez fréquents (mais ça vient peut-être de notre environnement réseau). Finalement, pour un accès anticipé, Hytale débarque quand même dans un super état… Et ça augure que du bon pour la suite.
Conclusion
Points forts
- Un accès anticipé en très bon état
- La promesse déjà réelle d’un Minecraft-like 100% dévoué à ses joueurs
- Déjà une bonne durée de vie (même si ça va dépendre de votre profil)
- Les possibilités du mode Créatif
- La gestion des mods
- Le bestiaire énorme
Points faibles
- Potentiel du mode Créatif bloqué derrière une commande à rentrer soi-même
- Des progrés à faire pour certains outils du mode Créatif
- Quelques problèmes techniques à régler
- Manque d’un navigateur de serveurs (voire de mods)
Note de la rédaction
Alors que presque tout chez Hytale rappelle Minecraft, le titre de Hypixel parvient, même en accès anticipé, à susciter de l’intérêt. Mieux encore, nous avons passé un bon moment en sa compagnie, que ce soit en Exploration ou avec le mode Créatif (malgré quelques problèmes “indépendants de notre volonté”, comme on dit). Le jeu, entièrement dévoué à sa communauté, a des bases solides et déjà des fans à pied d'œuvre sur des mods et des serveurs. Il reste évidemment du chemin avant qu’Hytale atteigne son plein potentiel, mais il a toutes les cartes en main pour devenir quelque chose de spécial.