Josef Fares s'inquiète de la montée des jeux AA : un appel à préserver l'importance des productions AAA dans l'industrie vidéoludique

Titre original : Le créateur de ce jeu vidéo s’inquiète du triomphe de Clair Obscur, la « domination des jeux AA » pourrait être néfaste aux grosses productions

Ces derniers jours, Josef Fares, réalisateur des jeux vidéo It Takes Two et Split Fiction, également fondateur de Hazelight Studios, a accordé un entretien à The Game Business dans lequel il fait l’état des lieux du secteur vidéoludique. Y évoquant autant les projets AA que AAA, Josef Fares a tenu à défendre la nécessité des jeux AAA dans l’industrie, craignant que l’essor de projets modestes comme Clair Obscur : Expedition 33 et d’autres indés ne leur fasse du tort.

Face au sujet de Clair Obscur, le réalisateur de Split Fiction a peur d’un opportunisme sur les AA et d’un rejet des AAA

Il faut le reconnaître, même si le mouvement a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières années, les douze derniers mois ont été fabuleux pour la scène vidéoludique indépendante. Blue Prince, Hollow Knight Silksong, Hades II et, bien évidemment, Clair Obscur : Expedition 33 en sont la preuve, d’autant qu’ils ont su démontrer leur propension à toucher un large public. À une époque où les productions AAA explosent leur budget et où une crise donne le sentiment de se profiler, c’est une situation qui amène de l’optimisme ! Alors, les jeux AAA, déjà plus facilement boudés que par le passé, ont-ils du souci à se faire en raison de la progression des jeux à plus faible budget ? Récemment, le créateur de Split Fiction, Josef Fares s’est entretenu auprès de The Game Business et a, entre autres, évoqué ce sujet.

Le créateur de ce jeu vidéo s’inquiète du triomphe de Clair Obscur, la « domination des jeux AA » pourrait être néfaste aux grosses productions

Les productions d’envergure modeste, ça le connaît. Avant de cartonner avec Split Fiction et de connaître la consécration avec It Takes Two, sacré jeu de l’année en 2021, Josef Fares s’est illustré avec des titres tels que Brothers : A Tale of Two Sons et A Way Out, deux titres qui compensaient leur échelle de production par des idées de gameplay originales. Au cours de cet entretien, Josef Fares a tout de même tenu à souligner son inquiétude quant à l’éventuel délaissement des projets AAA, pointant du doigt la nécessité de conserver de grandes ambitions techniques. « Je ne pourrais pas vivre sans un titre AAA. Je veux vraiment jouer aux blockbusters » a-t-il déclaré lors de cette interview pour The Game Business.


Le jeu vidéo ne doit pas entièrement se reposer sur les jeux AA pour s’en sortir : le créateur du jeu It Takes Two milite pour les AAA !

Toujours selon lui, l’industrie vidéoludique doit trouver un équilibre pour que les deux modèles, AA et AAA, puissent cohabiter et, surtout, prospérer. Parmi les arguments sur lesquels il s’appuie pour justifier cela, il a souligné qu’il était impossible de « faire GTA pour 10 millions de dollars. » Ce que les éditeurs et investisseurs doivent comprendre, selon lui, c’est que le jeu vidéo doit avant tout se diversifier plutôt que de s’essorer une tendance qui fonctionne à l’instant t. « Il est important de ne pas rester bloqué sur des idées selon lesquelles le AA ou l’indé est une nouveauté… Nous avons besoin de diversité », explique-t-il. Au-delà de s’inquiéter pour l’avenir des superproductions vidéoludiques, Josef Fares est conscient que la situation n’est pas rose pour tous les jeux vidéo indépendants et que le triomphe de Clair Obscur ne doit pas occulter la fragilité de ces projets.

Le créateur de ce jeu vidéo s’inquiète du triomphe de Clair Obscur, la « domination des jeux AA » pourrait être néfaste aux grosses productions

« Vous avez eu énormément de jeux AA cette année dont personne ne s’est soucié. Rappelons-nous de cela » a-t-il affirmé auprès de The Game Business. Ainsi, pour le bien-être global de l’industrie vidéoludique, Josef Fares imagine une espèce de cohabitation entre ces deux voies, permettant de donner vie à GTA 6 d’un côté, et à de plus petits projets de l’autre. S’exprimant également au sujet d’Electronic Arts, Josef Fares soutient que des studios de développement tels que Rockstar Games, Naughty Dog ou encore Nintendo continuent de « repousser les limites de l’innovation ». Certes, la popularité grandissante des projets modestes insuffle une nouvelle dynamique dans le jeu vidéo, mais elle ne doit pas être vue comme un eldorado.