A Knight of the Seven Kingdoms : une série rafraîchissante qui dédramatise l'univers de Game of Thrones

Titre original : A Knight of the Seven Kingdoms : avec cette nouvelle série, Game of Thrones arrête de se prendre au sérieux, et ça fait un bien fou !

Désormais, l’univers de Game of Thrones ne se conjugue plus seulement à travers la série House of the Dragons. Depuis ce lundi, une nouvelle histoire, celle de Duncan le Grand et Egg, nous est racontée sur HBO : ça s’appelle A Knight of the Seven Kingdoms, et le ton est bien différent de ce que l’a pu voir jusqu’à maintenant dans le monde de fantasy imaginé par George R. R. Martin. J’ai vu le premier épisode plus tôt dans la journée, et je suis ravi de voir que Game of Thrones se prend moins au sérieux !

A Knight of the Seven Kingdoms : l’après Game of Thrones continue, et le ton n’est vraiment pas le même

Ne remuons pas le couteau dans le plaie trop longtemps : oui, Game of Thrones ne s’est pas terminé de la meilleure des manières. Encore aujourd’hui, l’ultime saison est encore largement commentée, y compris par les membres de son casting. Mais, fort heureusement, il y a d’autres formats pour aider à faire passer la pilule, à l’image de House of the Dragon et A Knight of the Seven Kingdoms. Eh oui, aujourd’hui, c’était le baptême de ce nouveau show dans l’univers imaginé par George R. R. Martin, même si les premiers avis se sont déjà répandus sur la toile ces derniers jours avec la levée des embargos critiques. Au bout du compte, la nouvelle série semble être une réussite (88% et 82% de recommandations sur Rotten Tomatoes), alors on a naturellement voulu y jeter un œil. D’ailleurs, si ça vous intéresse, on vous a compilé tout ce que vous avez besoin de savoir avant d’entamer le visionnage !

A Knight of the Seven Kingdoms : avec cette nouvelle série, Game of Thrones arrête de se prendre au sérieux, et ça fait un bien fou !

De mon côté, je n’avais pas été plus inspiré que cela par la première bande-annonce de la série. De prime abord, les aventures de Dunk et Egg me laissaient de marbre. Ce qui me posait souci à l’époque, c’est que je n’arrivais pas à savoir où les cadres du projet voulaient nous emmener avec ce spin-off inédit. Plus que ça, j’avais le sentiment que cette série manquait d’enjeux, mais, comme on va le voir, c’est ce qui à mon sens fait sa force. Certes, si je n’étais pas attiré par l’intrigue de base, j’étais tout de même curieux de voir ce que HBO allait nous concocter. Connaissant la réputation de la chaîne américaine, celle-ci n’allait pas lancer n’importe quoi sur le marché des séries télévisées. Surtout, les premières minutes confirment que la chaîne ne veut pas refaire encore et encore la même chose avec l’univers de Game of Thrones. Avec A Knight of the Seven Kingdom, l’univers de Game of Thrones a effectivement perdu de sa gravité, et c’était finalement une bonne idée de prendre cette direction !

A Knight of the Seven Kingdoms : avec cette nouvelle série, Game of Thrones arrête de se prendre au sérieux, et ça fait un bien fou !

L’univers de Game of Thrones a décidé de ne plus se prendre au sérieux, et c’est pour ça que A Knight of the Seven Kingdoms est une série rafraîchissante !

En plus d’un ton différent, A Knight of the Seven Kingdoms s’impose d’emblée comme une série bien différente d’un point de vue structurel. D’une part, le nombre d’épisodes et leur durée : l’épisode 1 étant le plus long (42 minutes), le reste oscille entre 31 et 37 minutes. Il faut dire que la nouvelle de George R. R. Martin dont la série s’inspire est bien loin des dizaines de tomes sur lesquels s’étend la saga du Trône de Fer. Alors, forcément, HBO peut se permettre d’aborder un format plus court, plus efficace… et aussi construire sa série sur plusieurs saisons ! Ça, c’était pour la forme. En ce qui concerne le fond de la série, la série se structure différemment. On ressent moins ce jeu de pouvoir haletant dans lequel chaque maison de Westeros veut prendre l’avantage. Avec le parcours de Dunk (Duncan le Grand), rejoint par le jeune, frêle mais intrépide Egg, on s’intéresse à quelque chose de plus terre-à-terre, et c’est une excellente idée ! Après deux séries où l’ambiance est lourde, sombre et sérieuse, l’univers de Game of Thrones prend le contrepied, non sans garder quelques éléments qui ont fait le charme de la série principale et de son spin-off centré sur les Targaryens.

A Knight of the Seven Kingdoms : avec cette nouvelle série, Game of Thrones arrête de se prendre au sérieux, et ça fait un bien fou !

L’une des premières choses qu’on peut souligner, lors du visionnage de cet épisode inaugural, c’est la dimension comique de la série. Pas seulement parce qu’elle a décidé de mettre en avant un duo improbable (un ancien écuyer autoproclamé chevalier errant et un enfant sans un poil sur le caillou), mais parce qu’elle enchaîne les ruptures de ton et les traits d’humour. Bon, je vous cache pas que ce premier épisode est un peu lourd par moment et qu’il nous rappelle que l’humour est surtout une question d’équilibre. Si sa dimension comique n’est pas parfaite, chaque personnage l’incarne un peu à sa manière. Par le passé, Game of Thrones nous a habitués à des chevaliers charismatiques, orgueilleux, inspirants la crainte… Bref, des hommes avec une vraie stature et renommée ! Ici, Dunk dépeint une image totalement opposée : il n’a pas été officiellement adoubé par ser Arlan de l’Arbre-sous alors qu’il tente de le faire croire, il manque de crédibilité (à tel point que même un enfant comme Egg n’est pas impressionné face à lui) et est un peu gauche, il n’a pas l’assurance de son statut et hésite même au moment de fournir son identité de chevalier, il déforme la réalité dont seuls les spectateurs sont au courant (avec les quelques flashbacks que l’on a sur sa relation avec Arlan) et, surtout, il se met dans le pétrin tout seul en voulant écrire sa légende.

A Knight of the Seven Kingdoms : avec cette nouvelle série, Game of Thrones arrête de se prendre au sérieux, et ça fait un bien fou !

Au-delà de son héros principal, ce sont les multiples situations de cet épisode qui sont propices à la comédie. L’un des éléments intéressants, c’est le jeu de miroir qu’il y a entre Dunk et Lyonel Baratheon, et ce qui démontre que l’univers de Game of Thrones se prend moins au sérieux avec ce nouveau spin-off. Comme l’image du chevalier, c’est celle du seigneur que la série A Knight of the Seven Kingdoms déconstruit également. Loin des hommes et femmes tyranniques qu’on a pu croiser par le passé, Lyonel apparaît comme un personnage comique. Parmi les scènes dans lesquelles il apparaît, on l’aperçoit mettre du temps avant de se faire entendre, chercher ses mots, tenter un discours qui retombe à plat. Même les conventions telles qu’on les connaît sont tournées au ridicule : ici, la joute à l’épée entre deux hommes, ayant pourtant une haute stature, est remplacée par une espèce de « battle » de danse, et ça renvoie l’image que les seigneurs ne sont pas nécessairement des figures d’autorité que l’on doit craindre ou des individus qui usent de leurs pouvoirs au moindre conflit. Ensemble, ils discutent comme s’ils étaient égaux, s’échangent la couronne à bois de Lyonel comme si elle n’avait aucune connotation, et c’est ainsi qu’ils apparaissent comme un miroir l’un de l’autre. Je ne m’attendais pas à ce vent de fraîcheur, mais je m’en réjouis et j’ai hâte de voir la suite !