Après le succès d’Arknights premier du nom, le studio chinois Gryphline s’attaque au genre des gachas en monde ouvert à la Genshin Impact avec Arknights : Endfield. Pour se démarquer dans ce marché hyper concurrentiel, le titre compte sur suffisamment d’originalités pour avoir sa propre identité, mais cela est-il réussi pour autant ?
Sommaire
- Une histoire principale généreuse pour une version 1.0
- Une direction artistique industrielle élégante
- Se démarquer par des combats originaux et dynamiques
- La gestion d'usine, un élément central de l'expérience ?
Lancé en 2019, Arknights est l'un des derniers gachas "classiques" sortis avant la révolution amenée par Genshin Impact. Malgré son gameplay entre le tactical et le tower-defense et ses petits personnages en 2D au style chibi, le titre de Gryphline a su s'imposer comme l'un des acteurs majeurs du jeu sur mobile grâce à ses héroïnes et sa superbe direction artistique.
Avec cette identité visuelle forte et identifiée, le studio chinois voit désormais plus grand en lançant en ce début 2026 Arknights : Endfield, un gacha en monde ouvert en 3D mélangeant Action-RPG et gestion pour rester fidèle aux racines de la licence. Mais est-ce que tous ces arguments sont suffisamment forts pour se faire un nom dans le marché hyper concurrentiel des gachas au point de s'asseoir à la table des mastodontes comme Wuthering Waves et surtout Genshin Impact ? Oui, et vous allez voir pourquoi.
Une histoire principale généreuse pour une version 1.0
Rassurez-vous, vous n’avez rien besoin de savoir sur l’univers d’Arknights pour découvrir Endfield. Dans cet univers de science-fiction, l’action se déroule sur la lune Talos-II qui a été colonisée il y a plus d’un siècle par des colons venant de Terra, la planète du jeu original. Malheureusement, le portail qui reliait les deux mondes s’est soudainement fermé, laissant les colons errer seuls dans l’espace et à la surface de la lune. Dans ce contexte, on incarne l’Endministrator, un néologisme pour nous présenter comme l'administrateur d’Enfield Industries en charge de la colonisation de la planète. Et évidemment, notre protagoniste se réveille amnésique de 10 années d'hibernation. Malgré ça, notre but reste toujours de rendre la surface de Talos-II habitable en transformant cette région sauvage en une société fonctionnelle. Sur place, il faudra faire face aux catastrophes surnaturelles, repousser les clans de pillards organisés et résoudre le mystère qui entoure la mission que vous avez lancée avant de vous endormir.

Comme d’habitude avec les jeux-service, difficile de jauger la qualité de leur scénario à partir de leur version 1.0. Même s'il va falloir attendre plusieurs mises à jour pour juger l'intrigue dans sa globalité, on note que l’histoire au lancement repose sur un univers suffisamment solide pour maintenir l’intérêt du joueur tout au long de l’aventure. Et ce qui rend cela possible, c'est que pour une fois dans un gacha chinois, la traduction est de qualité et ne semble pas faite par IA comme en témoignent les quelques fautes présentes. Plus que vous ne l'imaginez, c'est un élément déterminant pour se sentir impliqué dans un univers prévu pour durer sur des années et on peut saluer le travail d'apdatation. En revanche, ce dernier n'empêche pas de subir un charabia technologique typique de ce genre d'expérience qui n'aide pas à la compréhension du scénario. Finalement, on retiendra surtout de l'histoire principale d'Arknights : Endfield qu'elle est particulièrement longue pour une version 1.0, avec déjà deux régions aux environnements différents, ce qui permet de compenser l'absence de modes endgame dans la version à laquelle nous avons eu accès.
Une direction artistique industrielle élégante
Pour se démarquer dans le marché hyper concurrenciel des gacha AAA, Arknights : Endfield compte bien capitaliser sur un élément déterminant : ses graphismes. Si le Arknights original a rencontré un tel succès, c'est évidemment par la direction artistique unique de son univers et le design des personnages qui y évoluent. Endfield reprend tout cela pour le transformer en 3D dans une expérience ambitieuse en monde ouvert. Si Genshin Impact a un style coloré cartoon, Endfield mise sur une esthétique de science-fiction industrielle aux couleurs moins pétantes, mais pour un rendu élégant. Cette identité visuelle unique se perçoit surtout sur les textures proches des aquarelles qui arrivent à reproduire les artworks de la franchise en 3D. Cette atmosphère si particulière se ressent également dans les environnements à l'apparence très minérale dans des nuances de gris qui donnent l’impression d’explorer un concept art tant ils sont réussis. Même chose pour la seconde zone bien plus chinoise dans ses inspirations avec ses forêts de bambou et sa ville moderne qui confirme ce cachet visuel unique.
Dans tout ça, ce sont évidemment les personnages qui ont fait l’objet du plus grand soin puisque c’est pour eux que les joueurs vont être prêts à payer. Comme son prédécesseur, Arknights Endfield ne déçoit pas de de côté-là, avec des designs sophistiqués et originaux qui changent de la concurrence. Ce sens du détail va autant dans les animations de combat spectaculaires, en particulier les compétences ultimes, mais aussi dans l'interface où l'on se rend compte d'à quel point ces modèles 3D sont impressionnants. D'ailleurs, pour coller à cette esthétique industrielle, le titre propose de nombreux menus et de textes pour rappeler la complexité d'une usine… dont on se serait peut-être bien passé. Comme dans tout gacha, Arknights Endfield a tendance à noyer le joueur dans les menus et sous-menu, ce qui demande un vrai temps d'adaptation et le sentiment d'être submergé semble être encore plus fort ici que chez la concurrence.
Se démarquer par des combats originaux et dynamiques
Pour gagner du temps, on va résumer les choses simplement en vous disant qu'Arknights Endfield reprend dans les grandes lignes la formule de Genshin : on évolue dans un monde ouvert en progressant dans l'histoire principale en améliorant ses personnages et en réalisant différentes activités annexes. Maintenant que le cadre est posé, il est plus intéressant de se concentrer sur les particularités d'Endfield pour voir sur quoi il compte se distinguer. Côté aventure, les différentes zones ne sont certes pas immenses, mais elles sont suffisamment nombreuses et variées pour qu’on ressente un sentiment d’exploration. En revanche, le titre n’a ni paravoile, ni escalade ou grappin et reste une expérience ancrée au sol. Seules les tyroliennes servent de moyen de déplacement rapide dans le jeu et à la manière d'un Death Stranding, on peut utiliser certaines installations d’autres joueurs dans sa propre partie.
En tant que gacha, Arknights : Endfield propose un système d’invocations aléatoire pour obtenir des personnages et des armes contre une ressource que l’on récupère en jouant ou en payant avec de l’argent réel. Dans Endfield, au bout de 120 tirages sur la même bannière, vous avez la garantie d'avoir le personnage 6 étoiles, soit le plus haut niveau de rareté. À titre de comparaison, les productions HoYoverse ont une pity autour des 160 tirages, ce qui rend Endfield plus généreux sur le papier.
Si vous n'avez pas eu de personnages 6 étoiles au bout de la 79ème invocation, le 80ème sera un 6 étoiles aléatoire. Sauf qu’il y a 50% de chance qu’il soit de la bannière en cours et 50% qu’il soit de la bannière permanente. Et dans le cas où vous “ratez” votre 50/50, votre garantie ne se transfère pas à la prochaine bannière, ce qui est à l’inverse plus punitif que d’autres productions du genre. Enfin, le système est encore plus généreux avec les armes puisqu’une arme de la plus haute rareté est garantie au bout de 40 tirages et celle en bannière est sûre de tomber au bout de 80. Tout ça pour dire qu’il est difficile de trancher définitivement pour savoir si Endfield est plus généreux que Genshin, c’est à vous de le déterminer en fonction de votre vision des choses.
Mais la plus grande différence d'Arknights Endfield avec ses concurrents, c'est surtout son système de combat. Si chaque personnage a un combo de base, une compétence, une capacité ultime et un passif comme dans d'autres gacha, la principale particularité d’Endfield c’est que les quatre membres de l’équipe sont présents en même temps sur le terrain. Au lieu de passer d’un combattant à l’autre comme dans Genshin, les alliés servent surtout ici de strikers, dans le sens où l'on déclenche leurs compétences tout en restant sur le même perso.
Avec cette approche radicalement différente de la concurrence, Endfield propose des affrontements au rythme plus lent que les autres, mais plus lisibles et surtout satisfaisants par la stratégie des enchaînements qu’on met en place. On profite ainsi mieux de la synergie entre les personnages quand on respecte l’ordre de la rotation optimale sur le terrain. En revanche, on reste sur quelque chose d’assez classique pour la montée en puissance de ses combattants à base d’éléments d’améliorations à farmer tous les jours… sauf pour les équipements qui représentent la grande originalité du titre.
La gestion d'usine, un élément central de l'expérience ?
Si Arknights Endfield a autant fait parler de lui, c’est parce qu’il propose une dimension gestion d'usine à la Factorio qui en a étonné plus d’un pour un gacha type anime. En plus de coller à l’esthétique industrielle du titre, cet aspect sert à automatiser la récolte et la production de ressources utiles à la progression dont la création d’équipements ! Et ce qui fait toute la différence dans Endfield, c’est que ces équipements n’ont pas de statistiques aléatoires et ça, c’est un argument incroyablement fort par rapport à la concurrence. Fini de farmer en boucle pour obtenir le stuff parfait aux meilleures caractéristiques !
Pour fabriquer de l'équipement alors, on explore le monde à la recherche de gisements de minerais sur lesquels on pose des extracteurs qui, une fois reliés au réseau électrique, amènent les ressources directement au QG. À la base, il suffit de créer le système le plus optimisé possible grâce à des tapis pour que les matériaux passent dans chaque machine afin d’obtenir l’objet voulu. Pour pousser le concept encore plus loin, on débloque de nouvelles installations dans un arbre de compétences et même des plans de construction pour reproduire des lignes de production sans avoir à les faire soi-même à la main. Une fois que tout fonctionne, on n’a plus trop besoin d’y toucher et on répète l’opération dans la région suivante avec des machines spécifiques à la zone, histoire de renouveler la boucle de gameplay.
Si cela a l’air satisfaisant sur le papier, il va falloir passer par de nombreux tutoriels remplis de textes qui ne sont pas toujours des plus clairs, ni stimulants pour en profiter. Et on doit avouer que plus que dans n’importe quel autre gacha, Arknights Endfield est particulièrement assommant en tutoriels, même si c’est normal vu la complexité de cette mécanique. Mais si vous pensiez que cette dimension gestion est centrale, rassurez-vous, elle est largement dispensable pour simplement avancer dans l’histoire principale. On a l’impression que les développeurs ne voulaient pas décourager les joueurs pas du tout intéressés par cet aspect et qu’ils ont réussi à rendre ce système d’usine secondaire tant qu’on n’attaque pas le endgame. Et puis surtout, une fois que tout est configuré, vous n’avez plus à toucher à vos installations, ce qui n’est pas si chronophage que ça en a l’air.
Conclusion
Points forts
- Une direction artistique industrielle élégante au rendu unique
- Des personnages au design et aux animations de qualité
- Des combats dynamiques et stratégiques qui changent de la concurrence
- Une dimension gestion d'usine étonnante pour un gacha, mais efficace
- Une histoire principale généreuse pour une version 1.0
Points faibles
- Des tutoriels assommants de textes
- Une interface remplie de menus où l'on finit par se perdre
- Un charabia technologique qui complique la compréhension du lore
Note de la rédaction
À son lancement en 1.0, Arknights Endfield propose déjà une solide base pour faire face aux côtés des mastodontes des gachas en monde ouvert comme Genshin Impact et Wuthering Waves. Avec son esthétique industrielle élégante, ses combats tactiques dynamiques et son système d’usine original, le titre de Gryphline a une identité suffisamment forte pour se distinguer. Pour autant, il faut tout de même s’accrocher pour profiter du potentiel du jeu à cause de son charabia technologique, tous ses tutoriels et ses menus qui sont parfois décourageants. Évidemment, c’est sur le long-terme que l’on juge les gachas, mais à l’heure de sa sortie, Arknights Endfield propose une expérience de qualité suffisamment riche en contenu pour ne pas vous faire perdre son temps si vous voulez vous investir. Reste à savoir si Gryphline réussira à transformer l'essai au fil des mises à jour !