Dans quelques jours, le 30 janvier plus exactement, la franchise Code Vein fait son grand retour après une longue absence. Pour cette suite, les équipes de Bandai Namco Studios ont voulu remanier quelques aspects de sa formule, tout en conservant l’essence de la proposition initiale. Un monde ouvert, des combats de boss retravaillés et fonctionnalités inédites, voilà une partie du beau programme proposé par cette suite. Maintenant, la question est de savoir si tout ceci tient ses promesses… Malheureusement, j’ai la même sensation qu’en découvrant Code Vein : le potentiel est là, mais la revanche n’est pas au rendez-vous avec Code Vein II, et ça me frustre !
Code Vein II à la rescousse d’un premier volet timoré ? Je voulais qu’il prenne sa revanche !
Il y a plusieurs mois de cela, j’avais alloué quelques heures de mon temps libre à un certain… Code Vein. Plus qu’une découverte sur un coup de tête, j’avais décidé de m’y intéresser plus en détail dès suite d’une discussion avec l’une de mes collègues. J’avais même consacré un article au sujet du titre de Bandai Namco pour revenir sur cette expérience et partager mes impressions. À l’époque, c’était presque comme un alignement des planètes : j’avais eu l’occasion d’apercevoir Code Vein II au Summer Game Fest, je m’étais rendu compte que je possédais ce premier volet depuis plus de deux ans et demi, et les arguments de ma collègue avaient fait mouche.

Même si j’y ai mis les pieds en étant dans un décalage complet — le jeu est sorti en septembre 2019 —, j’avais cerné le potentiel de la franchise malgré ses airs de Souls-like à la sauce anime. En écrivant ces lignes et en tenant compte des avis des joueurs sur Steam, j’avais constaté que Code Vein était loin d’être aussi mauvais que ce que son score Metacritic (ou même sa note de 11/20 dans nos colonnes) laissait présager. Évidemment, les Souls-like étant en pleine croissance à cette période de l’histoire du jeu vidéo, et Code Vein surfait sur cette tendance, peut-être même un peu trop. Il est vrai que je me suis pris au jeu du titre de Bandai Namco, mais je ne pouvais pas fermer les yeux sur sa dimension très scolaire, sur son manque de folie.
Lucide sur ses faiblesses, je l’étais également sur son potentiel, comme dit précédemment. Oui, il y avait une intention derrière son univers sombre et mélancolique, son gameplay avec ce système de codes sanguins qui permet de revoir le build de son personnage en quelques manipulations et son ADN d’action-RPG avec les hybridations possibles pour aborder les combats, que ce soit les plus simples d’entre eux ou les plus retors face aux boss. Ce qui me restait surtout en travers de la gorge, c’était le level design trop rigide et cloisonné de Code Vein. Un aspect dans lequel sa suite met quelques coups de pied bien sentis à défaut de le faire voler en éclats, mais j’y reviendrai. Avant ça, revenons à l’épisode de 2019 et à ces choix de level design. Zones compartimentées, progression très linéaire, exploration peu surprenante et réduite…

En soi, c’est une structure totalement valide. Or, dans le cas de Code Vein, ça apparaissait comme une prise de risque minimale, aboutissant à une expérience un peu trop proche du cahier des charges des Souls-like. L’application des standards était là, la sublimation de ces piliers un peu moins… Les (bonnes) idées pour y parvenir étaient là, mais Code Vein semblait timoré, comme s’il bridait lui-même son potentiel. À mon sens, la franchise pouvait livrer quelque chose de plus marquant, de plus rafraîchissant. Aujourd’hui, Code Vein II débarque sur le marché : j’espérais une revanche, je suis tombé sur une nouvelle occasion manquée, même s’il y a du mieux.
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Code Vein II, toujours le même potentiel… et toujours la même difficulté à le libérer
En toute franchise, j’étais plutôt curieux de me replonger dans la franchise Code Vein, même si j’étais mitigé à propos de mon expérience sur le premier volet. Preuve de mon implication dans la découverte de cette suite — qui n’en est pas une du tout —, j’ai pris soigneusement le temps de créer mon avatar et, comme son prédécesseur, toutes les fantaisies sont possibles. Bien évidemment, ce n’est pas sur cet aspect que j’attendais Code Vein II au tournant, même si je dois dire que son inexpressivité au long de l’aventure m’a souvent agacé au plus au point… Ceci mis de côté, le titre de Bandai Namco n’a pas tardé à faire l’étalage de ses arguments pour tenter, cette fois-ci, de me convaincre pleinement.

En termes de structure, pas de doute : il y a des ambitions très nettes, et on sent qu’un certain Elden Ring n’est pas étranger à tout cela. Désormais, Code Vein II s’articule autour d’une région entière, subdivisée en plusieurs biomes, que l’on explore par le biais de trois temporalités différentes (passé, présent et ?). Si Code Vein II met un coup de pied dans la fourmilière de ce point de vue, les fondations de celle-ci restent intactes. Dans cette suite, la saga conserve son ADN en nous laissant arpenter des lieux très segmentés (grottes, ruines, bâtiments), prenant la forme de petits dédales dans lesquels on peut trouver des objets plus ou moins intéressants, comme c’était le cas dans l’opus inaugural.
Dans les faits, ça décloisonne l’expérience et ça unifie un peu le tout, là où ça paraissait très fragmenté et mis bout à bout dans le premier volet. Certains seront contents de constater que l’exploration est plus assumée sur le papier (on peut d’ailleurs se réjouir de voir que la carte n’est pas polluée de points d’intérêt), mais, une fois de plus, les choix de level design peinent à me convaincre. Il faut dire que les décors post-apocalyptiques où il ne reste que des immeubles tenant à peine debout et des vestiges souterrains, ça devient vite redondant, pour ne pas dire lassant. Pour nous permettre de relier ça autrement qu’à grands coups de voyage rapide, Code Vein II mise sur l’utilisation d’une moto.

Dans l’idée, c’est sympathique mais la maniabilité n’est vraiment pas optimale et, surtout, elle met en avant l’un des gros soucis du jeu : ses performances. Pour ma part, j’ai pu essayé Code Vein II sur PS5 et c’est l’un des titres les moins stables sur lequel j’ai pu poser les mains ces dernières années tant les chutes de FPS se répètent inlassablement… Bref, l’immersion à laquelle on peine déjà à se rattacher est sans cesse brisée par ces saccades et autres pépins techniques, tels que le pop-in des textures. Techniquement, Code Vein II est une déception, d’autant plus pour un titre qui joue dans la cour des Souls-like les plus exigeants et complets en termes d’idées de gameplay, et le virage vers l’Unreal Engine 5 a semble-t-il été difficile à négocier…
Malgré tout, je n’en démords pas : la saga Code Vein a du potentiel ! Le gameplay n’est pas l’un des plus dynamiques du genre — ça paraît même mou face à d’autres concurrents —, mais il y a une vraie richesse. Entre les multiples armes, la personnalisation de leurs capacités, les formas offensifs et défensifs, la gestion des codes sanguins et leur développement, les multiples types de cage (les pouvoirs d’absorption) et les amplificateurs, c’est un vivier pour celles et ceux qui aiment créer des builds (et les menus aux interfaces austères et peu lisibles) ! Sur ce point, Code Vein II me donne encore raison, mais je reste néanmoins sur ma faim et j’ai du mal à être totalement emballé par cette suite. Il y a des évolutions et des ajustements, sauf que j’ai cette sensation que la saga se heurte en permanence à un plafond de verre qu’elle n’arrive pas à franchir.

Pourtant, il y a des moments de grâce dans ce second volet ! Si j’ai peu de choses à dire sur son scénario, c’est surtout l’implication émotionnelle qu’il peut y avoir avec certains personnages qui me paraît intéressante à détailler. Par exemple, je ne suis pas près d’oublier l’arc autour du personnage de Josée, même si j’avoue avoir été décontenancé au début par ce personnage et ses interactions avec le héros… Ce qui fonctionne toujours avec cette suite, c’est le principe des « Incursions » où l’on plonge dans les souvenirs des protagonistes, abordant même des thématiques lourdes. Aussi, j’en profite pour souligner à quel point les musiques viennent sublimer ces passages et, plus globalement, des moments charnières du jeu (écoutez les BO de Code Vein, signées par Masaru Shiina, on n’en parle pas assez !).
En réalité, au fil de mes heures de jeu, j’ai senti que j’avais une relation particulière avec cette suite. D’un côté, je veux lui laisser sa chance jusqu’au bout parce que je crois, entre autres, en son potentiel. Mais, de l’autre, je me sens presque trahi, et je le ressens dans ma manière de progresser au sein du jeu… Ce que je lui reproche, c’est qu’il échoue encore une fois à m’accrocher totalement et qu’il n’arrive pas à réveiller la force latente qui me fait croire en ses capacités. En peu de mots, le bois est là, mais il manque (encore) la braise qui peut allumer le feu de la saga. De mon expérience, les avancées et autres changements opérés entre le 1 et 2 sont bel et bien des évolutions, mais s’appliquent davantage sur un plan horizontal que vertical. Il y a certes un pas de côté qui permet à la saga de prendre une nouvelle direction, mais il n’y a pas de progressions majeures vers l’avant, qui permettent d’amener le jeu à un stade supérieur et de faire monter la franchise d’un cran. J'y croyais, à ce retour en grâce, en « vein ».