Le Japon rayonne à l’étranger par l’intermédiaire de sa culture millénaire, de sa gastronomie et de ses paysages, mais également par ses productions culturelles. Du cinéma au jeu vidéo en passant par l’animation, le pays reste un incontournable de ce qu’on appelait encore il y a peu la culture « geek ».
Le piratage des mangas et des animes coûte cher au Japon
Les arts illustratifs existent au Japon depuis très longtemps et cette tradition, ancrée, a directement participé à l'émergence de l'animation et des mangas. La France étant très friande des productions japonaises, il vous suffit de vous rendre dans une librairie pour avoir un aperçu d'à quel point l'univers du manga est riche. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges, avec des séries courtes, des histoires au long cours et des one-shots. Ceci n'est pourtant qu'un aperçu et les publications sont bien plus nombreuses que ce qu'on peut imaginer. Quoi qu'il en soit, ce foisonnement fonctionne de concert avec les adaptations en animes, portées par un grand nombre de studios.
Parmi les piliers du secteur, on trouve la Toei, TMS, Studio Pierrot, Sunrise, MAPPA, A-1 Pictures ou encore Madhouse. Les animes sont diffusés à la télévision, mais également par l'intermédiaire de services de streaming, et c'est là que le bât blesse. D'après le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, le visionnage pirate des animes et la lecture de scans font perdre des dizaines de milliards de dollars (US) à l'économie japonaise. Selon les données fournies dans un récent rapport, les pertes causées par le piratage de contenus numériques sont passées de 2 000 milliards de yens en 2022 à 5 700 milliards de yens en 2025, soit une augmentation d'environ 13,3 milliards de dollars pour un total de 38 milliards de dollars américains.
Développer la distribution et lutter plus fermement contre les circuits de piratage
Le rapport met également en avant la volonté d'accélérer la distribution mondiale des contenus produits au Japon. En novembre 2025, le gouvernement de l'archipel a déclaré qu'il souhaitait dynamiser le marché japonais du divertissement à l'échelle internationale par l'intermédiaire d'investissements variés dont la valeur atteindra les 130 milliards de dollars d'ici à 2033.
Le problème du piratage restant entier, le ministère indique qu'il va renforcer la coopération avec les autorités locales et les gestionnaires de litiges tout en étendant les mesures de lutte contre l'atteinte aux droits d'auteur, impliquant notamment l'utilisation de l'intelligence artificielle générative et la production de produits dérivés contrefaits.
Pour améliorer l'efficacité de cette lutte de chaque instant (et probablement sans fin), l'agence japonaise dédiée aux affaires culturelles a indiqué avoir débloqué 650 000 dollars. Le but ? Concevoir une IA capable d'identifier les planches et les animes volés, mais également de retracer leur circuit de distribution. S'il n'est évidemment pas possible de mettre fin au piratage, il reste possible de limiter les pertes en créant des obstacles plus contraignants.