Il y a quelques jours de cela, Capcom a eu l’excellente idée de mettre à disposition des joueurs une version démonstration du prochain Monster Hunter Stories. De mon côté, j’ai pu accéder à une version plus complète du jeu, bien qu’en cours de développement, le temps d’une preview. Pendant plus de vingt heures, j’ai pu me familiariser avec Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection. C’était ma première approche de cette série dérivée de Monster Hunter, et malgré mon appétence pour les jeux au tour par tour, ce titre m’est apparu si riche qu’il m’a déstabilisé !
En guise de léger préambule, j’aimerais apporter un peu de contexte à cette preview de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection, réalisée sur une version PS5 en cours de développement. 'Je ne suis pas un fan inconditionnel de la saga de Capcom, mais je garde des souvenirs particulièrement marquants de la série des Monster Hunter Freedom. Depuis cette époque, la franchise a évolué, a créé des embranchements, comme c’est le cas avec ces trois opus Stories.

Contrairement à la branche principale, la saga « Stories » avait des arguments intéressants pour me convaincre de replonger dans l’univers Monster Hunter, à l’image du tour par tour et de sa dimension Pokémon-like avec la gestion des Monsties. Qui plus est, cela fait un moment que je comptais mettre les pieds dans cette série dérivée, et l’arrivée de ce troisième opus était l’occasion toute trouvée puisqu’il semble réunir tous les bons ingrédients des précédents volets, tout en démontrant une évolution, un gain de maturité. Et c’est d’ailleurs par ce point que je vais vous raconter et revenir en détail sur mon expérience (étalée sur 25 heures de jeu) de la version preview de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection.
Plus adulte, plus beau… Monster Hunter Stories 3 est ma première découverte de la saga, et ça part très bien !
Lors de la révélation de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection, le message envoyé par Capcom est reçu cinq sur cinq : ce troisième volet sera celui de la maturité, aussi bien visuelle que scénaristique. Avec ce mélange entre la patte artistique de The Legend of Zelda : Breath of the Wild et celle des récents épisodes de la saga Fire Emblem, Monster Hunter Stories 3 dégage quelque chose qui prouve que l’ambiance légèrement enfantine des précédents opus est désormais de l’histoire ancienne, et c’est une transformation bienvenue, qui lui fait prendre plus de poids.

D’ailleurs, Monster Hunter Stories 3 prouve qu’on peut provoquer de l’émerveillement avec des zones ouvertes mais néanmoins délimitées lorsqu’on leur applique une direction artistique soignée. Un aspect qui a pas mal fait réagir ces derniers jours sur les réseaux sociaux ! Pour avoir arpenté les alentours d’Azuria en long, en large et en travers (ainsi qu'une grande partie de la région suivante) dans le cadre de cette preview — pour découvrir tout un tas de choses, j’y reviendrai —, j’ai bon espoir de conserver ce petit scintillant dans les yeux en poursuivant le voyage dans lequel se lance le héros. Or, comme je le mentionne et le revendique Capcom, la maturité de Monster Hunter Stories 3 n’est pas uniquement esthétique.
Du côté du scénario, dans ce qui m’a été donnée à voir lors de cette preview, les enjeux affichent une certaine gravité entre deux nations qui cherchent un accord avant de dégainer toutes les armes dont ils disposent. Finalement, le petit côté Fire Emblem n’est pas qu’un atours visuel ! Toutefois, qu’on se le dise, encadrer son intrigue de cette manière ne fait pas tout, il faut que l’écriture suive derrière. Pour cette preview, on a clairement pu cerner les enjeux de ce nouveau voyage, et si je dois dire que la forme s’annonce aussi classique qu’efficace, l’un des rebondissements m’a capté et a rebattu les cartes de mon intérêt.

Bref, j’étais intrigué, je suis désormais happé ! Maintenant, Monster Hunter Stories 3 doit me démontrer que l’intensité de ce prologue se prolonge tout au long de l’aventure. Pour le reste, la mise en scène suit et il y a des idées intéressantes pour mettre le récit en valeur, y compris des notes d’humour pour rendre le récit plus vivant, plus humain.
D’ailleurs, en parcourant la première zone du jeu, j’ai pris le temps de traverser les quêtes de personnages, et ça m’a conforté dans l’idée d’accorder du temps aux contenus annexes car Monster Hunter Stories 3 à l’avantage d’avoir un casting intéressant. De ce que j’en ai vu, ceux-ci parviennent à se distinguer et certains récits, dont celui de Kora, m’ont particulièrement touché. J’espère que celle-ci et les autres continueront à poursuivre ce développement car, là encore, il y a du potentiel narratif ! Après, je dois avouer que le gameplay m’a fait peur… Du moins, au départ !
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J’adore le tour par tour, mais j’ai eu peur du système de jeu de Monster Hunter Stories 3… avant d’ouvrir les yeux
Il y a quelque chose d’assez perturbant quand on découvre le gameplay de Monster Hunter Stories 3. On peut avoir tout un tas de jeux de rôle au compteur, la structure de son système de jeu peut être perturbante au premier abord parce que c’est ni plus ni moins que la transposition des poncifs de la saga Monster Hunter adaptés à un fonctionnement au tour par tour. Les faiblesses élémentaires, les résistances, les pièges et altérations d’état qui permettent de prendre l’avantage et, surtout, les parties du monstre qu’il faut « détruire » pour le faire vaciller plus facilement.

Même si Monster Hunter Stories 3 m’a mis le pied à l’étrier avec des explications au compte-gouttes, il y a une myriade de données à prendre en compte et ça peut paraître déstabilisant. Pour ma part, il m’a fallu un peu de temps pour digérer tout ça, pour prendre du recul et maîtriser le découpage des combats. Or, la récompense est là : on s’amuse, si tant est que l’on aime planifier ses actions et sa stratégie au fur et à mesure ! Alors, oui, la construction et le rythme des affrontements sont quelque peu atypiques et demandent autant de réflexion que d’adaptabilité, mais ça marche du tonnerre !
L’exemple tout bête, c’est le système de type d’attaque (Force, Technique et Vitesse). Chacun dispose d’un avantage et d’un désavantage : la Technique prend le pas sur la Vitesse, mais se fait contrer par l’Attaque, et chaque monstre se distingue par l’utilisation de l’une d’entre elles en fonction de son état. Du coup, il faut garder ce schéma en tête et observer le comportement pour conserver l’avantage. D’autant que ce coquin de Monster Hunter Stories 3 met constamment notre mémoire de chasseur — de Raider, pardon — à l’épreuve.

Si on peut consulter l’état du monstre, ses faiblesses et résistances, aucun moyen de savoir quel type d’attaque celui-ci utilise à l’instant t. À partir de là, il y a deux écoles : soit vous retenez tout (bravo à vous !), soit vous faites comme moi et vous préparez une petite liste au fur et à mesure en consultant la Monstropédie. Vous verrez, ça change la vie, car ce système du duel (à savoir que vous vous attaquez mutuellement) est essentiel. Si vous avez l’avantage, vos dégâts sont augmentés, mais si vous optez pour le mauvais type, vous êtes le seul à prendre des dégâts !
Dans les faits, le gameplay au tour par tour de Monster Hunter Stories 3 m’a fait peur pendant quelques heures, mais n’a fait que révéler son potentiel jusqu’à ce que j’en prenne totalement conscience. En fait, Monster Hunter Stories 3 m’a appris à faire la différence entre un bon et un mauvais chasseur. Si on veut que ça soit grisant au possible, il faut tout contrôler !

Du moins, il faut connaître son sujet au fur et à mesure, s’équiper et s’armer en conséquence et, surtout, varier ses compositions d’équipe de Monsties. Sur ce dernier point, il y a énormément de travail d’optimisation à faire, il faut que je vous en parle car c’est ce détail qui rend le gameplay encore plus abouti et qui m’a démontré, à ce stade de simple preview, qu’il y a du potentiel.
Monsties, des idées d’eugénisme
Alors, oui, il y a plusieurs types d’armes à disposition (trois types avec deux alternatives, soit six possibilités), chacun ayant ses spécificités et ses capacités associées. Du point de vue du héros, ça se densifie avec l’ajout de joyaux, mais c’est sur les Monsties qu’il faut énormément s’appuyer. Je l’évoquais en préambule, mais Monster Hunter Stories 3, c’est aussi un Pokémon-like dans son essence. Tu vas casser les pieds des monstres en récupérant des œufs dans leurs tanières, tu les fais éclore et tu les embarques dans ton aventure.

Si tu peux t’en servir en dehors des combats pour l’exploration (voler, grimper, nager), il faut les aider à se développer autrement qu’à travers un simple leveling. L’idée de cet opus, c’est de restaurer l’habitat des différentes sous-régions. Par exemple, la carte d’Azuria se scinde en sous-régions dans lesquelles prospèrent différentes espèces, et c’est à nous de relâcher les spécimens associés pour maximiser le potentiel des œufs et, par extension, des gènes des créatures qui s’y trouvent.
Hormis le rang et la possibilité d’obtenir un double type élémentaire, je dois dire que le fonctionnement — un peu à l’image du reste — n’est pas très limpide, et il y a plein de paramètres à prendre en compte, ce qui peut rendre l’expérience un peu lourde lorsqu’on manque de connaissances sur la saga. Pour l’instant, la preview me laisse entrevoir tout un tas d’axes pour s'améliorer, mais j’attends de voir si le principe est suffisamment digeste au long de l’aventure pour savoir si c’est une composante fluide ou trop contraignante.

Pour le moment, j’appréhende la profondeur de cette mécanique car elle pourrait être à double tranchant vis-à-vis de l’expérience. Nul doute qu’elle sera considérée comme dévorante, et ce, de manière positive ou négative, et il me faut plus de matière pour trancher. Est-ce que c’est suffisamment accessible tout au long du jeu ? Est-ce que c’est, au contraire, trop astreignant ? C’est l’un des points qu’il faudra soulever dans le test.
Car, bien évidemment, Monster Hunter Stories 3 est aussi généreux que ses prédécesseurs, ajoutant de multiples couches de customisation comme le Rite de transmission. En gros, on peut transférer des gènes d’une créature à l’autre, sans restriction entre les espèces, pour modeler les créatures à notre guise. D’ailleurs, pour bien faire les choses, il y a un système de « bonus bingo ». Plus on accumule de lignes, plus on accroît le potentiel, et c’est un travail de longue haleine qui va innerver toute l’expérience.

Si je trouve l’idée excellente en l’état, la vingtaine d’heures que j’ai consacré à cette preview me porte à croire que c’est un aspect réellement chronophage qui peut diluer l’expérience. D’un côté, j’aimerais une progression fluide, mais j’appréhende la surcouche de systèmes qui peut alourdir le rythme et surtout conditionner notre avancée. D’autant que les contours de la boucle de gameplay semblent se dessiner assez vite, ce qui me porte à croire que le schéma sera vite redondant et peu chahuté lors de la suite du voyage.
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Petit à petit, à l’image du Rathalos que l’on retrouve dans chaque titre, la saga Monster Hunter Stories déploie ses ailes, gagne du poids et s’affirme avec un gameplay toujours plus profond. Pas de doute, avec sa direction artistique plus étoffée et son écriture plus ciselée et mature, Monster Hunter Stories 3 est un jeu de rôle atypique avec un potentiel vertigineux. Au point d’être, probablement, trop renversant. Ce qui peut effectivement nuire à la richesse de ce troisième opus, c’est sa boucle de gameplay. Pour l’instant, les à-côtés paraissent un poil trop classiques, se renouvellent peu sur la durée et garnissent plus la structure globale qu’ils ne viennent lui apporter un moyen de contrebalancer sa redondance. Ce bout d’expédition était prometteur, reste à savoir si tout le voyage sera étincelant.