Un film de science-fiction fait un atterrissage remarqué sur Netflix en février 2026 en s’arrogeant la 2nd place du TOP 10 des longs métrages les plus visionnés du moment en France. Je ne comprends pas cet intérêt soudain pour cette hérésie cinématographique qui a ruiné la saga Alien.
Prometheus, un préquel de la saga Alien
Prometheus, sorti en 2012 et réalisé par Ridley Scott, naît de la volonté du cinéaste de revenir à l’univers qu’il avait initié avec Alien (1979). Pensé comme un préquel centré sur le mystérieux "Space Jockey", le projet évolue vers un film plus autonome et philosophique. Situé avant les événements d’Alien, il explore les origines de l’humanité et du xénomorphe à travers l’expédition du vaisseau Prometheus sur la lune LV-223. Le casting réunit Noomi Rapace, Charlize Theron, Idris Elba et surtout Michael Fassbender, dont l’androïde David, fascinant et ambigu, devient la figure la plus marquante du film et un pivot pour sa suite, Alien: Covenant (2017).
Visuellement ambitieux, porté par une direction artistique soignée, Prometheus aborde des thèmes comme la création, la foi, l’hubris scientifique et l’intelligence artificielle. À sa sortie, le film reçoit un accueil critique mitigé : salué pour sa mise en scène et ses performances, il est aussi critiqué pour ses incohérences narratives, ses entorses à l'univers d'Alien et ses zones d’ombre. Malgré ces divisions, ce préquel cumule plus de 400 millions de dollars de recettes mondiales au box office pour un budget estimé entre 120 et 130 millions, relançant durablement la franchise.
Prometheus est disponible actuellement sur Disney+ et Netflix.

Prendre une carte abonnement Netflix sur Micromania
L'histoire de Prometheus
Une équipe de scientifiques découvre des peintures rupestres identiques sur plusieurs continents, suggérant l’existence de créateurs extraterrestres. Financé par le milliardaire Peter Weyland, le vaisseau Prometheus part vers la lune LV-223 pour rencontrer ces "Ingénieurs". Sur place, l’équipage trouve des ruines et une substance biologique dangereuse qui provoque mutations et morts violentes. Ils comprennent que les Ingénieurs prévoyaient de détruire l’humanité. Seule survivante, Elizabeth Shaw découvre que leur créateur voulait anéantir la Terre. Elle quitte la planète avec l’androïde David pour chercher l’origine des Ingénieurs et comprendre les raisons de cette menace.

Une hérésie signée Ridley Scott
Le visionnage de Prometheus fut douloureux pour le fan d’Alien que je suis. Je me souviens encore de mon enthousiasme avant d’entrer dans la salle obscure et de ce sentiment de désespoir qui s’est emparé de moi à mesure que le film ruinait sciemment une franchise qui me tient tant à cœur. Je sauve du marasme les visuels d’une qualité rare, les effets spéciaux aboutis, la performance ambiguë de Michael Fassbender en tant que David et le concept de l’encre noire (mais pas son utilisation).
Il existait certes quelques incohérences dans l’univers d’Alien, surtout après la sortie du troisième opus réalisé par David Fincher, mais jamais ô grand jamais la saga n’avait été la victime d’une telle tempête narrative. En voulant définir l’origine du xénomorphe et de l’humanité, et les lier tous deux aux “Ingénieurs”, Prometheus démystifie l’une des créatures les plus iconiques du 7e Art… Je ne reviendrai pas sur le proto-alien cycliste ou encore la bêtise des scientifiques qui frôlent la pulsion suicidaire au risque de perdre mon calme.

Le personnage d’Elizabeth Shaw interprété par Noomi Rapace (une actrice que j’apprécie beaucoup au demeurant) symbolise tout ce qui ne va pas dans ce film pseudo-scientifique qui décide de “croire” plutôt que de “savoir”. La connaissance versus la croyance, le sujet aurait pu faire sens dans l’univers d’Alien, mais pas sous cette forme et encore moins avec ce scénario qui enchaîne les incohérences narratives. L’illogisme dicte les actions de personnages sous-exploités. On nage en plein délire mystique.
Le principal défaut de Prometheus réside dans son incapacité à assumer pleinement son statut de préquel à Alien de 1979. Dans les faits, le film est bel et bien une Origin Story du xénomorphe, comme le confirme sa suite Alien : Covenant de 2017. Cependant, Ridley Scott se refuse à le traiter ainsi, du moins au sens traditionnel du terme, ce qui brouille intentionnellement la frontière entre les différents épisodes de la saga. Ce serait une exploration philosophique et métaphysique des thémes d'Alien. Non, c’est un préquel râté !