L’annonce la semaine dernière de Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille sur Nintendo Switch a fait grand bruit. Entre un tarif controversé, l’absence d’intégration au Nintendo Switch Online et des fonctionnalités amputées, ce retour inattendu fait grincer des dents. Pourtant, derrière ces choix qui semblent désastreux en apparence, The Pokémon Company et Nintendo cachent des justifications logiques.
Une annonce précipitée
Pokémon RougeFeu et VertFeuille arrivent sur Nintendo Switch. L'officialisation de ces titres emblématiques est survenue le 20 février dernier sur les réseaux, prenant la communauté totalement au dépourvu... ou presque. Celle-ci s'est faite dans la foulée de l'apparition de rumeurs et fuites concernant ces portages.
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Il demeure aujourd'hui très complexe de déterminer avec certitude si cette communication était initialement programmée à cette date précise par l'éditeur japonais. Néanmoins, de nombreux observateurs de l'industrie estiment que The Pokémon Company a délibérément devancé son calendrier officiel pour colmater les brèches médiatiques.
Alors que le traditionnel événement vidéo Pokémon Presents est d'ores et déjà fixé au 27 février afin de célébrer l'anniversaire de la franchise, cette manœuvre anticipée visait vraisemblablement à minimiser les dégâts causés par les rumeurs grandissantes. Un premier constat qui donne ce sentiment d'arrivée pas vraiment réjouissante.
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20 euros alors qu'il aurait pu être "gratuit" ?
C'est, comme souvent, ce qui a pu choquer : le tarif de 20 € étiquetté sur chacune des deux versions.
Certains défendront le prix, en estimant qu'il est toujours appréciable pouvoir jouer aux anciens jeux sans débourser une fortune en physique, le prix du rétro dépassant parfois les bornes. De l'autre, ceux qui pointent la paresse de The Pokémon Company à capitaliser sur des jeux sortis, sans aucune amélioration, au lieu d'investir dans du nouveau.
À ces constats là s'ajoutent une question qui émerge, que ce soit dans un camp comme dans l'autre. Pourquoi ne pas avoir intégré le jeu au Nintendo Switch Online, le service par abonnement de la console hybride disposant du catalogue Game Boy Advance ?

Sur le papier, on le rend disponible pour les amateurs de rétro tout en s'évitant les foudres d'un tarif qui sera jugé de tout façon exorbitant quel qu'il soit. De quoi en plus être un lever financier pour générer de l'argent supplémentaire... Sauf qu'il est ici question de Pokémon.
Un nom qui mobilise les foules dès qu'il est murmuré. Coincer Pokémon RougeFeu et VertFeuille derrière un système par abonnement aux néophytes du système, voire de la console, est une erreur marketing évidente : il est plus simple et bien plus confortable de juste acheter le jeu sur une boutique numérique. Un argument orienté business qu'il est facile de comprendre sans pour autant l'approuver.
Une philosophie de 30 ans
Mais cet ajout dans la boutique de base du Nintendo Switch Online met en lumière aussi une réalité technologique incompatible avec la philosophie de Pokémon. La licence fait exploser sa notoriété grâce au système d'échange, valorisé par le magazine CoroCoro et la rumeur Mew.
Se troquer les créatures capturées bénéficie alors des innovations au fil du temps, jusqu'à l'apparition, probablement salvatrice pour beaucoup, de l'échange via Wi-Fi en longue distance. Et c'est aussi probablement ça qui pose un frein à l'intégration des anciennes versions, quelles qu'elles soient, au catalogue Nintendo Switch Online.

De fait, ce serait les combiner avec les fonctionnalités inhérentes des émulateurs, comme le retour arrière et la multi-sauvegarde. Des options pouvant être perçues comme de la triche, on suppose, par la philosophie Pokémon tant celle-ci à œuvrer pour rendre la manipulation de données impossible. Quelque chose qui se voit d'une autre manière puisque la synchronisation avec le Cloud, comme de multiples autres jeux Pokémon est désactivée.
En somme, ce retour de Kanto sur le devant de la scène laisse un goût amer. Entre une annonce précipitée pour éteindre l'incendie des fuites, l'absence d'intégration au Nintendo Switch Online et une connectivité avec le Pokémon HOME repoussée aux calendes grecques, la pilule peut être difficile à avaler.
La compatibilité actuelle des jeux Pokémon avec Home, Z-A n'étant non plus pas

Pourtant, cette austérité est le garant de l'expérience Pokémon telle qu'elle a été conçue : un écosystème fermé où chaque créature garde sa valeur, loin des dérives de la duplication et de la sauvegarde facile. Si l'on accepte cette philosophie de fer, le choix de la vente à l'acte devient alors une évidence stratégique pour l'éditeur. On peut pester contre la méthode, mais la logique interne de la licence reste implacable. Reste alors cette question qui brûle les lèvres au moment de passer à la caisse : est-ce vraiment 20 balles de trop ? Ces jeux Pokémon légendaires arrivent sur Switch de la pire des manières possibles... mais c'est justifié.