C’est l’histoire d’une leçon de morale qui finit en crash. Alors que les joueurs polonais s’insurgent contre des prix Steam souvent déconnectés de leur réalité économique, un développeur a tenté de donner des cours de gestion tarifaire sur les réseaux sociaux.
C'est une rengaine bien connue des joueurs polonais : sur Steam, l'algorithme de conversion des devises a la main lourde. Cette fameuse « taxe polonaise » gonfle artificiellement le coût des jeux, ignorant allègrement le pouvoir d'achat local par rapport au marché américain. Mais lorsqu'un développeur du cru a voulu jouer les professeurs sur les réseaux sociaux pour expliquer les rouages de ce phénomène, l'exercice de pédagogie s'est transformé en naufrage.
Faites ce que je dis, pas ce que je vends
La scène se déroule sur le réseau social X. Alors que la grogne des joueurs s'intensifie autour des tarifs prohibitifs de Steam, un représentant du studio indépendant SGC Studio entre dans l'arène. Avec l'assurance de l'initié, il affirme que la plateforme n'est pas la vraie coupable. Selon lui, la faute incombe à la paresse des développeurs, qui se contenteraient de valider aveuglément les prix générés par défaut au lieu de les calibrer manuellement. La leçon était belle, mais les internautes ont le clic vengeur. Ils se sont empressés d'aller vérifier la vitrine de ce donneur de leçons. Le couperet tombe : Kintsugi – A Journey Through The Broken Pieces, le jeu de son propre studio, est affiché à 22,99 PLN en Pologne. C'est près de 27 % plus cher que son équivalent aux États-Unis, tarifé à 4,99 $ (soit environ 18 PLN). Pris en flagrant délit, le créateur a pourtant refusé de faire amende honorable, préférant l'offensive.
https://t.co/GvDSdqRPaD
— Simplex (@SimplexPL) February 20, 2026
Reakcja polskiego developera na informację, że cena jego gry jest druga najwyższa na świecie i nawet w szeklach jest taniej.
Oprócz tego gra zabugowana, interfejs nieczytelny.
Szkoda, bo tematyka ciekawa (skladanie rozbitych japońskich naczyń). pic.twitter.com/vqCffetvkC
Une étincelle qui embrase tout un marché
« Les Polonais n'achètent pas mon jeu. À qui dois-je destiner le prix de ce jeu ? », s'est-il emporté publiquement.
L'affaire a largement dépassé le cadre d'une simple dispute en ligne. Elle a donné un élan sans précédent au mouvement communautaire "Polish Our Prices", qui milite activement pour des prix régionaux équitables. L'indignation générale a même poussé l'UOKiK, l'office polonais de protection de la concurrence et des consommateurs, à se pencher sur les pratiques tarifaires de Steam pour vérifier si elles ne violaient pas les droits des consommateurs.
Finalement, sous la pression immense, le développeur a été contraint de baisser le prix de Kintsugi à 15 PLN et a fini par supprimer son compte X.