Sans être la bombe qu’on attendait de sa part, Nintendo a provoqué sa petite secousse. La semaine dernière, le constructeur japonais a mis en ligne, sans prévenir personne, une édition Switch 2 de l’un des meilleurs RPG de ces dernières années. Une initiative bienvenue mais qui peut venir décevoir de nombreux joueurs de la console, moi y compris.
Le couperet est tombé sans prévenir : Xenoblade Chronicles X s'invite désormais sur la Nintendo Switch 2. Un retour pour le moins rapide (il est sorti le 20 mars 2025 !), d'un titre très apprécié il y a un an. Nintendo y a en plus mis les formes grâce à un shadow drop : procédé qui consiste à sortir un jeu imméditament après son annonce. De quoi ravir les fans de la licence mais surtout de cet épisode aux multiples qualités. Reste que cet opus "X" est en marge de la trilogie et que ce portage sur Switch 2 met en lumière, pour moi, ses mauvais côtés.
Une annonce coup de com'
Nintendo n'est pas le premier studio auquel on pense quand il s'agit de shadow drop. Encore moins d'annonces surprises sans préparation. Il a toutefois habitué les joueurs depuis 2011 à maîtriser sa communication avec des Direct rôdés. Les jeux qu'ils développent en interne, ou du moins qui sont licensiés Nintendo, sont présentés, sauf cas exceptionnel, dans une période courte (en général 6 mois) avant leur sortie.
La semaine dernière, c'est pourtant deux portages qui ont été annoncés coup sur coup : le portage de Rouge Feu et Vert Feuille sur Switch, prévu pour ce vendredi, et Xenoblade Chronicles X sur Switch 2, déjà disponible.
La vaste et envoûtante planète Mira est maintenant plus belle que jamais sur Nintendo Switch 2 !
— Nintendo France (@NintendoFrance) February 19, 2026
Rejoignez la lutte pour la survie dans Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition – Nintendo Switch 2 Edition, disponible dès maintenant ! pic.twitter.com/ndfeI6Q6JW
Xenoblade Chronicles X - Switch 2 Edition peut être considéré comme l'une des vitrines technologiques de la machine avec de la 4K native et un titre qui tourne à 60 images par seconde, le tout évoluant dans un monde ouvert rare dans l'écosystème Nintendo.
De quoi considérer cet opus X comme le RPG Nintendo incontournable de la Switch 2. Et à raison ! Une excellente surprise, d'autant que ceux qui s'estiment malheureux d'avoir acheté l'opus Switch l'année dernière peuvent toujours, s'ils en estiment la peine, mettre à jour le soft en échange de 4,99€. Une surprise à la fois bienvenue et frustrante quand on connaît, même qu'un peu, la licence Xenoblade.

Xenoblade (3 + 1)
Je l'ai déjà dit, mais Xenoblade Chronicles X fait office de marginal dans cette famille de 4 épisodes. C'est le seul à disposer d'un monde réellement ouvert ; le seul aussi à faire de son cadre un environnement de science-fiction là où les trois opus numérotés se rapprochent de l'héroïc fantasy. Il y va donc de la sensibilité de chacun pour ces univers mais il est plus probable que la majorité des amateurs de la licence l'ait connue par le second registre par le simple fait... qu'il y a juste plus d'épisodes.
Oui, l'histoire se lie entre les 3 (et même avec le X) mais chacun s'apprécie pour ce qu'il raconte plus que pour l'histoire globale. On ne va pas non plus refaire un test du jeu mais il est aussi reconnu à l'unanimité que chacun des opus numérotés met en scène un scénario prenant, avec 3e volet et son chapitre 5 magistral, là où le X peine à narrer quelque chose d'intéressant.
Au-delà de ça, le X a des tas de qualités que j'aimerai voir dans un Xenoblade 4 ou le nouvel épisode de Monolith : le monde ouvert, le système de balises à poser, l'exploration en volant ou encore l'aspect mulitjoueur présent sans être obligatoire. Mais c'est un problème structurel, lié au gameplay façon MMO justement, qui m'empêche de l'apprécier.
Tout l'équipement manque d'identité. Il est difficile de savoir, sans passer des dizaines d'heures sur le jeu ou guides explicatifs, comment fonctionnent les armes de manière claire. La plupart se ressemble et il est difficile de distinguer quel stuff attribuer plus qu'un autre. Un obstacle majeur sur une première partie où les Game Over existent et qu'il est normalement possible de contourner avec une amélioration de son arsenal.
Le jeu regorge d'informations, justifiant sa profondeur de gameplay, mais avec lesquelles il est parfois difficile de composer. Surtout quand il s'agit de quelque chose d'aussi important que son arme ! Bien que la Definitive Edition de Xenoblade Chronicles X (il est sorti sur Wii U en 2015) apporte de changements bienvenus (d'après ce qu'on peut lire sur les différents forums du jeu), j'aurai aimé à, à titre personnel, des explications plus organiques sur le changement de son équipement. Avec, ce qui me vient en tête, des armes et équipement plus facilement reconnaissable et identifiables à looter sur des boss de la campagne ou via des quêtes spécifiques.

La stratégie Nintendo et le dilemne de la trilogie
Ce gros problème que j'ai eu avec Xenoblade Chronicles X a tiré vers le bas mon expérience de jeu hachée. Un sentiment que je n'ai pas ressenti avec les 3 autres épisodes. Au contraire ! La progression de ces jeux s'éloignent des idées reçues sur le JRPG où il faut gagner de l'expérience en boucle pour vaincre les derniers ennemis. Surtout le 3, où la progression est presque trop rapide et ne laisse pas le temps d'exploiter chaque façon de jouer proposée.
De cette expérience, il est donc légitime que je sois frustré de voir que Nintendo décide de propulser, sur Switch 2, l'opus X avant tous les autres. Une initiative qui s'explique tout de même.

Xenoblade Chronicles X est sorti sur la première Switch il y a moins d'un an, le 20 mars 2025. Il était donc techniquement le candidat le plus simple à porter sur la nouvelle architecture de la Switch 2.
Ce lancement permet à Nintendo de capitaliser sur un moteur récent tout en maintenant l'attente autour des trois épisodes originaux. On devine aisément que le constructeur garde ces cartouches majeures pour plus tard, notamment pour le second opus qui mériterait un traitement de faveur, afin de maximiser l'engouement sur le long terme. Il n'y a plus qu'à espérer désormais.