Analyse de la Fin de Resident Evil Requiem : Choix, Conséquences et l'Audace de Capcom

Titre original : La fin de Resident Evil Requiem peut être très choquante... et j’espère que Capcom osera aller plus loin

Quand j’ai terminé Resident Evil Requiem pour la première fois, j’ai fait un choix qui a provoqué de lourdes conséquences. Après la scène cinématique finale, j’étais abasourdi. “Oh mon Dieu, ils l’ont fait, ils ont osé”, disais-je. Cette fin dramatique est celle que j’espérais secrètement : elle se permet ce qu’aucun autre jeu de la licence n’a osé faire.

Attention aux spoilers

Cet article s’intéresse à la fin de Resident Evil Requiem... il y a donc des spoilers.

Débat et Opinion

Cet article étant un billet d’opinion, il est par nature 100 % subjectif. L'avis de l'auteur est personnel et n'est pas représentatif de celui du reste de la rédaction de JV. Bonne lecture !

Que se passe-t-il à la fin de Resident Evil Requiem ?

Vous avez bien lu l’encart ? Attention, il va y avoir de gros spoilers dans cet article. Nous allons parler de la fin de Resident Evil Requiem. Les fins, en réalité, puisque le soft de Capcom nous met face à un choix final qui déclenche la mauvaise ou la bonne fin. Ou plutôt devrais-je dire la “fausse” fin choquante ou le “vrai” happy end. En effet, dans les dernières minutes de jeu, Grace et Leon se trouvent dans l’ARK, un centre de recherche d’Umbrella caché sous Raccoon City, afin de décider du sort d’Elpis.

La fin de Resident Evil Requiem peut être très choquante... et j’espère que Capcom osera aller plus loin

Elplis, c’est quoi ? Au premier abord, on pense que c’est une nouvelle variante du Virus-T, mais en réalité, il s’agit d’un antidote fait par Ozwell E. Spencer capable de détruire les armes biologiques confectionnées dans ses laboratoires, mais aussi guérir les survivants de Raccoon City qui sont infectés. Il en avait gros, le Spencer, et il voulait se racheter pour toutes les morts qu’il a causées, avant de mourir. À la fin du jeu, Grace peut choisir entre détruire Elpis ou le libérer.

La fin de Resident Evil Requiem peut être très choquante... et j’espère que Capcom osera aller plus loin

Un épilogue qui s’autorise une folie

Lors de ma première partie, j’ai décidé de détruire Elpis, pensant que Spencer avait déjà assez joué avec les virus pour espérer quelque chose de positif avec son dernier joujou. Ce choix provoque une destruction de l’ARK, ce qui rend Zeno, un autre vilain de cet épisode, très en colère. Alors que la base part en morceaux, Leon, blessé, infecté, regarde Grace s’éloigner, trop faible pour pouvoir la suivre. “Au moins, j’ai pu te sauver”, lâche-t-il. Zeno approche, tend son pistolet, et tire une balle dans la tête de Leon. Ce dernier s’écroule dans une mare de sang, sous les cris d’une Grace terrifiée. Elle regagne la surface, un hélicoptère arrive, “j’aurais aimé pouvoir te sauver Leon”, dit-elle. Plan d’ensemble sur le cratère de Raccoon City, et générique.

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Cette fin, nihiliste, stupéfiante, montre en 4K ce que tous les fans craignaient avec Requiem : le décès de Leon S. Kennedy. Le héros, qui paraît de plus en plus condamné à une mort certaine au fil du périple, disparaît en faisant ce qu’il a toujours su faire : tenter de sauver les autres. C’est une fin triste, choquante, mais très intéressante. Elle montre que oui, les héros emblématiques de la saga que l’on côtoie depuis 30 ans – Chris Redfield, Claire Redfield, Jill Valentine, Leon S. Kennedy – peuvent mourir. Bien sûr, Capcom a déjà montré qu’il pouvait faire disparaître des personnages importants, coucou Ethan, mais le géant japonais a beaucoup plus de mal à sacrifier les protagonistes des débuts.


Capcom mise sur le happy end. Malheureusement

Cette “bad ending” m’a secoué, mais Capcom ne m’a pas laissé dans le mal trop longtemps. Après cette fin, le jeu m’a proposé de me téléporter quelques minutes en arrière afin d’effectuer l’autre choix, comme s'il voulait me dire de ne pas trop m'inquiéter. J'ai accepté. Au lieu de détruire Elpis, Grace le sauve. Et là, mesdames et messieurs, sortez les trompettes ! Il y a un combat de boss contre Gideon. Leon gagne, des agents du “capitaine Redfield” viennent sauver le duo, et grâce à l’injection d’une dose d’Elpis, sa maladie disparaît.

Comme si ce n’était pas assez joyeux, Leon garde des doses pour guérir les autres rescapés de Raccoon City et on apprend qu’Emilie (une petite fille du jeu) n’est en fait pas morte ! Elle se fait même adopter par Grace dans une scène post générique ! Dommage, la scène de sa mort était pourtant réussie en plus d'être courageuse (le joueur doit tirer sur un enfant qui s'est transformé en monstre). Pouf, on efface tout.

La fin de Resident Evil Requiem peut être très choquante... et j’espère que Capcom osera aller plus loin

Pas besoin de tergiverser, il s’agit de la vraie fin de Requiem, celle que Capcom considère comme “canon”. C’est compréhensible : elle sauve Leon de la contamination, ce qui permettra à l’éditeur japonais de faire encore mumuse avec l’ex-flic à l’avenir. Néanmoins, ce happy end m’a étrangement plus laissé de marbre que l’autre épilogue, car il insiste sur le fait que les vieux héros de Resident Evil sont indestructibles, quand bien même ils seraient normalement condamnés. Aussi curieux que cela puisse paraître, je croise les doigts pour qu’à l’avenir, la saga ose tuer ses champions emblématiques, surtout quand cela semble on ne peut plus logique.