Analyse de 'Princesse Mononoke' : Un Chef-d'Œuvre de Ghibli sur le Conflit entre Nature et Industrialisation

Titre original : Je regrette de ne pas l’avoir vu plus tôt, ce film Ghibli est un chef-d'œuvre et il mérite sa place dans mon top 3

Simples spectateurs ou cinéphiles, le studio Ghibli a conquis le cœur de nombreux spectateurs grâce à ses films d’animation. Il y en a particulièrement retenu mon attention et m’a captivée au point d’entrer directement dans mon top 3.

Je dois porter sur le monde un regard sans haine” : c’est l’une des paroles d’Ashitaka dans Princesse Mononoke, paru en 2000. Ce film d’animation réalisé par Hayao Miyazaki est, sans aucun doute, le plus poignant avec ses multiples tensions qui règnent tout du long. Un véritable chef-d'œuvre que j’ai tardé à découvrir à l’instar d’autres long-métrages du studio Ghibli, comme Mon voisin Totoro, ou encore Le Voyage de Chihiro. Après son visionnage, sa morale et sa maturité évidente m’ont laissée sans voix.

Je regrette de ne pas l’avoir vu plus tôt, ce film Ghibli est un chef-d'œuvre et il mérite sa place dans mon top 3

Un conflit entre deux mondes incompatibles

Dès le début du film, la problématique majeure est introduite : un conflit éclate entre la nature et les humains, suite à leur volonté de prendre le dessus l’un sur l’autre pour perdurer. San, incarnation personnifiée de la nature, hait les humains tout en étant elle-même une humaine. Face à elle, Dame Eboshi, qui souhaite maintenir son industrie, recueillant des femmes opprimées et rejetées par la société dans le village Tataraba. La nature veut régner, tandis que l’industrie veut la détruire : voici le premier message que le film nous livre en surface.

Les forces qui opposent la nature à l’industrialisation sont radicalement différentes et leurs motivations sont toutes les deux honorables. Mais nous pouvons aller encore plus loin. À mon sens, ce conflit démontre avant tout qu’il n’y a aucun intérêt à détruire nos opposés. Dans Princesse Mononoke, il ne s’agit donc pas d’ennemis à proprement parler, mais de deux peuples (les humains et les créatures de la forêt) qui peinent à se comprendre.

Je regrette de ne pas l’avoir vu plus tôt, ce film Ghibli est un chef-d'œuvre et il mérite sa place dans mon top 3

Une morale engagée sur la coexistence

Par sa neutralité, Ashitaka vient briser cette tension en déclarant qu'il ne faut pas haïr ceux qui habitent le même monde que nous, même si nous avons des objectifs et des modes de vie différents. Ce message pacifique à première vue est en réalité bien plus profond. Selon moi, il interroge les conflits eux-mêmes, sur leur existence et sur leurs raisons d'être : est-il moral de détruire un autre peuple pour nos propres intérêts, mais défendre nos intérêts nous fait-il nécessairement quelqu’un de méchant ?

Les partis souhaitent tous les deux avoir un impact positif sur le monde et leur population. Néanmoins, ici la nature se montre plus forte qu’elle en à l’air, tandis que le village semble plus fragile bien qu’il soit armé. Ainsi, contrairement à ce que le titre laisse penser, il n’est pas question de pouvoir royal, mais de deux mondes qui doivent apprendre à coexister pour prospérer. À travers les tensions énumérées jusqu’à maintenant, les notions du bon et du mauvais sont remises en cause, et invitent à réfléchir sur ce que sont véritablement les causes d’un conflit, et quelles en sont les conséquences.