En ce moment se tient la Game Developers Conference : un événement se déroulant au Moscone Convention Center de San Francisco, aux États-Unis, durant lequel des développeurs et producteurs du monde entier se rejoignent afin de tenir des conférences sur leurs méthodes de travail. Une partie des équipes de Clair Obscur s’y est rendue et a expliqué comment un animé en particulier — et c’est assez inattendu — les a aidés à composer leur sound design.
Un jeu inspiré et inspirant
Depuis bientôt un an, le jeu vidéo Clair Obscur : Expedition 33 défraie la chronique. Multi-récompensé, le jeu de l’année 2025 a tout raflé et continue de faire parler de lui au point, parfois, de voir certains studios proches du plagiat ! Guillaume Broche, fondateur du studio et réalisateur du jeu, fait le tour du monde et explique à différentes reprises les inspirations du studio. Il est évident que CO : E33 est une lettre d’amour aux jeux de rôle japonais''' d’il y a vingt ans et leur manifeste son affection par de multiples clins d’œil.
Mais il y a aussi des inspirations tirées d’œuvres plus modernes. Il y a quelques semaines, on a par exemple appris que Malenia d’Elden Ring a servi d’inspiration pour le boss le plus dur du jeu. Si l’anecdote peut faire sourire, elle n’est qu’à moitié surprenante. C’est dans un autre registre, celui du sound design, que l’on peut être bien plus étonné de voir quel modèle Sandfall Interactive a décidé de suivre : celui d’une adaptation animée populaire de ces dernières années qui a connu un nouveau pic d’intérêt ces derniers mois.
"Ne pas chercher à être réaliste"
C’est lors de la Game Developers Conference à San Francisco que Raphael Joffres (responsable son), Maxance Playez (sound designer en chef) et Olivier Penchenier (sound designer pour la technique et les cinématiques) ont expliqué à nos confrères de GamesRadar comment l’animé Fire Force les avait inspirés. Le deuxième explique :
L'anime Fire Force a également eu une forte influence. La conception sonore est l'œuvre de Jin Aketagawa et Yasumasa Koyama. De nombreux sons ne cherchent pas du tout à être réalistes, mais agissent plutôt comme des éléments musicaux destinés à transmettre de la puissance, du rythme et de l'impact.
Il ajoute ne jamais avoir regardé la série en intégralité, mais explique être tombé sur des vidéos de sound design. Il a vu la lumière (d’aucuns diraient qu’il l’a même entendue) et l’a montrée à Guillaume Broche, son boss, qui a validé la direction. Et il faut dire qu’en écoutant la vidéo ci-dessous, on retrouve des similarités, surtout pour les attaques "gradiant" avec le premier clip.
Loin des meilleurs mais unique en son genre
Une inspiration probablement passée inaperçue à cause de la notoriété relative de Fire Force. S’il reste loin des mastodontes du genre comme One Piece, Jujutsu Kaisen, Demon Slayer ou encore My Hero Academia, l’adaptation du manga du même nom reste tout de même un grand nom de la scène et est connue de tous les amateurs du milieu.
Ce manga, par le créateur de Soul Eater (Atsushi Ohkubo), se passe dans un Tokyo néo-futuriste dans lequel les humains peuvent se transformer en bombes vivantes. Il existe alors une brigade, la Fire Force, composée de pompiers dont le but est de limiter les dégâts générés par ces "Torches humaines". Des pompiers peu ordinaires puisque certains ont la faculté de contrôler le feu. Toute l’intrigue tourne autour de ce principe avec, comme personnage principal, Shinra Kusakabe : il peut générer du feu avec ses pieds et cherche à se venger du démon qui lui a pris sa mère et son frère dans sa jeunesse.
On est dans la construction classique d’un shônen et, pour être honnête, le scénario ne décolle jamais vraiment. De mon côté, j’ai vu les quarante premiers épisodes de la série et, en termes d’écriture, on reste loin des standards du paysage actuel. Mais s’il y a bien une qualité pour laquelle Fire Force se regarde, c’est la qualité de son animation et son sound design. C’est le studio David Production (et non Pierrot) qui est en charge de l’adaptation et il met le paquet sur le cadre. Fire Force, c’est avant tout une histoire faite de feu. On a une animation des flammes qui est sublime, très travaillée et, comme vous avez pu le voir ci-dessus, d’une efficacité redoutable grâce au travail de Jin Aketagawa et Yasumasa Koyama.