À la GDC 2026, Microsoft a précisé ses plans à propos de sa future console de jeux, pour le moment connue sous le nom de code “ Project Helix”. Alors que nous fêtons aujourd’hui les 24 ans de la sortie européenne de la première Xbox, nous avons deux messages à passer : non, tout ne doit pas être une Xbox. Oui, tout le monde doit avoir une bonne raison d’acheter une Xbox.
“Le retour de Xbox”
Au mois de novembre 2024, j’écrivais un billet sur ce qui me semblait être le seul bon avenir possible pour Microsoft dans le monde du gaming. Un futur où la console Xbox aurait enfin les bons côtés de la stratégie PC initiée en 2016, un futur où les papas de Windows respecteraient une promesse de base du projet Xbox, un futur où Microsoft réussirait là où Valve avait échoué avec ses (premières) Steam Machines. 16 mois plus tard, le groupe américain révèle qu’il travaille bien sur une console hybride profitant des avantages du monde du PC avec ceux des consoles.
Le 5 mars 2026, Asha Sharma, la nouvelle boss du gaming chez Microsoft, officialisait le fait que la future Xbox sera capable de faire tourner les jeux PC et Xbox. En outre, elle annonçait vouloir “le retour de Xbox”, sans que l’on ne sache véritablement ce que cela signifie. Au Xbox Developer Summit organisé pendant la Game Developers Conference 2026 le 11 mars dernier, Jason Ronald, l’architecte des consoles Xbox, a donné quelques détails supplémentaires sur la future génération de Xbox, connue sous le nom de “Project Helix”.

Notre équipe travaille d'arrache-pied sur notre console de nouvelle génération : Project Helix. Conçue pour faire tourner vos jeux Xbox et PC, elle offre des performances exceptionnelles et ouvre la voie à une nouvelle ère du jeu sur console. Jason Ronald, Xbox Wire
En effet, celui que certains fans qualifient de “sorcier” – à cause de la taille de sa barbe et du Quick Resume des Series X/S – a précisé que grâce à la collaboration avec AMD, la future machine “repoussera les limites” et qu’elle est pensée pour la prochaine génération de DirectX et FSR. Nous vous épargnons les banalités à base de “bond en avant considérable” permettant d’afficher “des mondes plus réalistes et immersifs” pour nous concentrer sur du concret : les devkits de cette future console arriveront “dès 2027”. Il reste à savoir ce qu’il adviendra de ces trois points primordiaux : l’expérience utilisateur, les exclusivités et le prix.

1 - Une expérience console avec l’ouverture du PC
Depuis la confirmation que la future Xbox sera bien capable de faire tourner des jeux PC, venant normalement de Stores tels que Steam, GoG ou Epic Games Store, des débats houleux agitent le Net. Il y a ceux qui disent que cette machine n’est qu’un PC déguisé face à ceux qui défendent le fait qu’il s’agit d’une console plus ouverte. Chez Microsoft en tout cas, on emploie bien le mot console pour qualifier la bête, on précise bien qu’elle fera tourner les jeux Xbox, et on ajoute que les devkits arriveront bientôt, devkits qui sont l’apanage des consoles.
Cette machine hybride doit néanmoins réussir un défi titanesque : apporter une expérience console à un hardware donnant plus de possibilités que ce que nos machines ont l’habitude d’offrir. Microsoft doit donc proposer une interface facile d’accès, aisément compréhensible, offrant de bonnes performances et cachant au maximum les problèmes liés aux PCs. Mission impossible ? Ce qui semblait être de la science-fiction il y a plus d’un an paraît cependant de plus en plus réalisable. Avec le travail effectué sur les ROG Xbox Ally et le Full Screen Experience (récemment rebaptisé “Xbox mode”), la firme de Redmond est en tout cas sur la bonne voie. Il faut désormais transformer l’essai.

2 - Le retour des exclusivités Xbox
Pour convaincre les joueurs d’acheter une console, cette dernière se doit d’avoir des exclusivités. Comme nous l’avons vu dans les résultats de Microsoft, depuis que la marque américaine porte presque tous ses jeux sur PS5, les ventes de Xbox s’écroulent. De son côté, Sony accueille sur son hardware des licences telles que Gears of War, Halo, Forza Horizon ou encore Fable. Pourquoi acheter une Xbox si une PlayStation possède toutes les exclusivités Sony ainsi que tous les gros jeux Xbox ?
Depuis que Microsoft possède Bethesda et Activision, les papas de Windows ont une énorme puissance de feu potentielle. Puissance qu’ils n’ont pas pris le temps d'exploiter puisqu'ils ont jeté l’éponge en 2024, en prenant un virage multiplateforme particulièrement violent. Sur le papier, la Xbox “Helix” pourrait être la machine la plus complète du marché, car elle proposerait les jeux Steam (et donc les jeux PlayStation sortant sur Steam, même si le rythme de sortie diminue), les jeux Xbox rétrocompatibles, les jeux des éditeurs tiers et les exclusivités Xbox. Le tout sur un OS Windows pensé pour le Game Pass, contrairement aux Steam Machines.

Si nous nous basons sur les chiffres publiés par Sony pour son année fiscale 2024, les jeux first-party ne représentent que 9,5 % des revenus des jeux vendus sur PlayStation. La marque japonaise prospère avant tout grâce aux éditeurs tiers et aux 30 % de marge qu’elle prend sur chaque transaction. En sortant ses jeux sur le PlayStation Store, Microsoft aide Sony à devenir plus puissant, si ce n’est incontournable. Asha Sharma aura du mal à prouver aux fans (et aux autres) qu’elle croit vraiment en l’avenir des consoles Xbox sans faire revenir des exclusivités. Théoriquement, la fin des exclusivités serait une bonne chose pour les joueurs de tous horizons, mais Microsoft ne peut pas être le seul constructeur à jouer à ce jeu, surtout si Sony revient sur sa politique de portages PC.
3 - Un prix acceptable par rapport à ce que propose la machine
Bien sûr, oui, il faudrait que cette future Xbox soit accessible en ce qui concerne son tarif. Malheureusement, tout indique que la machine sera onéreuse. Quel serait le bon prix ? Au-delà de 600 euros, la console serait vue comme dédiée à une cible de hardcore gamers. Au-delà de 1 000 euros, elle serait perçue comme un PC, et non comme une console, par le grand public. Asha Sharma dit réaffirmer son engagement envers Xbox, “à commencer par la console qui a façonné notre identité”, dit-elle. Le “retour de Xbox” peut-il vraiment se faire avec une machine à plus de 1 000 euros, possiblement privée d’exclusivités ? À moins qu'un hardware d'entrée de gamme soit aussi dans les cartons...

Microsoft va-t-il proposer un prix agressif pour tenter d’entraver le plus rapidement possible l’élan des Steam Machines et prendre de l’avance sur une PS6 qui sortirait un peu plus tard ? Est-ce que Xbox pourrait abandonner le online payant, comme cela se fait sur PC, afin d’avoir un argument supplémentaire ? “Nous écoutons, apprenons et construisons en partenariat avec l'industrie et la communauté”, assure Jason Ronald. Lorsque nous voyons le nombre de demandes, de plaintes, de regrets, aussi, concernant Xbox sur le Net, nous souhaitons bon courage à Microsoft pour trouver une voie qui conviendra à tout le monde.