Depuis sa première parution en 1999, Naruto est devenu une œuvre incontournable qui ne cesse de traverser les générations. Après s’être étalé sur plus d’une décennie, certains ne sont pas passés à côté des nombreuses incohérences dans son écriture qui ne lui rendent pas justice. Un avis que je partage, car malgré le fait qu’il soit l’anime que j’apprécie le plus, il présente une incohérence majeure qui se fait ressentir et qui impact la fin de l’œuvre.
La destinée : une voie en réalité toute tracée

Au début de l’histoire, Naruto est présenté comme un paria rejeté par les habitants du village de Konoha. Un élément qui nous interroge dès le départ, avant que la présence de Kurama dans le jeune ninja ainsi que les événements passés ne soient révélés. Toutefois, si l’on se fit aux événements survenus le jour de la naissance de Naruto, alors la question qui se pose n’est pas “pour quelle raison”, mais “à cause de qui” Naruto est-il rejeté ?
Rappelons que Minato et Kushina (les parents de Naruto) ont demandé à Hiruzen (3ème Hokage) de le présenter comme un héros aux yeux du village, avant de succomber à leur sacrifice pendant l’attaque de Kurama. Une faveur que Hiruzen a fait la promesse de respecter, mais qui n’a pas été tenue dans les faits. En devenant un jinchuuriki (porteur d’un démon), Naruto est considéré comme une menace qui vit seul, exclu dans un appartement où Hiruzen lui rend visite uniquement pour lui donner de l’argent, sans prendre le temps de lui tenir compagnie. L’amenant à entreprendre une multitude de bêtises pour tenter de se faire remarquer, et haut et fort son rêve de devenir Hokage (chef et ninja le plus puissant du village).

Naruto aurait pu être condamné à subir la solitude et l’exclusion toute sa vie. Or, la destinée est un point très important dans l'œuvre. Après avoir vaincu Neji lors de l'examen des Chunin, Naruto va à l’encontre de son discours sur le destin tout tracé et impossible à changer. Montrant ainsi que, même le dernier élève de l’académie ninja peut vaincre un génie et changer ce qui semble être décisif. Néanmoins, Naruto a-t-il vraiment bouleversé sa destinée ?
La suite nous révèle que Naruto, ainsi que Sasuke (rival du héros), descendent des deux fils de l'ermite Rikudo (figure au même niveau qu’une divinité). Les deux rivaux étaient destinés à le devenir (comme l’ont été les deux fils de Rikudo), et des ninjas exceptionnels. D’autant plus que Naruto est a été entraîné par Jiraya (un des trois ninjas légendaires), et que Minato (son père) était le 4ème Hokage.
Une fin impactée par l’intervention de plusieurs personnages

Les éléments cités jusqu’à présent prouvent ainsi que sa destinée était décisive, mais qu’il s'en était égaré. Ainsi, l’incohérence réside donc dans le message véhiculé dans la première partie de l'œuvre, disant que personne n’est condamné à un destin précis, car dans Shippuden, Naruto suit sa destinée. Si on souhaite apporter une certaine cohérence, alors l’évolution de Naruto serait une suite logique, car l'œuvre reprend les codes du récit d’aventure, où le héros part de rien et fait fasse à plusieurs péripéties qui changent sa situation initiale. Ainsi, c’est le point de vue des autres personnages sur le destin de Naruto qui a changé, et pas sa destinée à proprement parler.
Cependant, cette incohérence a fortement impacté la fin de l'œuvre. En ajoutant un grand nombre de personnages, Kishimoto semble s’être perdu dans le processus d’écriture, donnant lieu à des événements “illogiques”. L’un des antagonistes les plus appréciés est Nagato, qui se présente comme l'alter-ego de Naruto dans l’arc Pain. Plus tard, Tobi se révèle être Obito (ce qui était assez prévisible), avant de découvrir qu’il était contrôlé par Madara, lui-même maipulé par Zetsu Blanc (membre de l’akatsuki pas très intéressant), avant de découvrir que Kaguya est la vraie antagoniste.

Le défaut, en plus de son incohérence sur la destinée, est l’intervention d’un trop grand nombre de personnages. On se perd et, même si cela donne lui à des rebondissements, ils finissent par ne plus nous surprendre. Néanmoins, cela est sans doute les conséquences de quinze années d’écriture. Avec le temps, les incohérences se sont multipliées et il serait difficile de toutes les aborder. Kishimoto a certainement ajouté des éléments en “oubliant” des détails qu’il avait intégré par le passé. Pourtant, Naruto reste à ce jour l’une des œuvres qui m’a le plus marquée, que ce soit par la profondeur de ses personnages principaux, son univers, et ses valeurs morales.