Valve répond aux accusations de l'État de New York sur les lootboxes et refuse de modifier ses jeux

Titre original : "Nous refusons de le faire" Valve répond à la plainte visant à modifier ses jeux

Depuis quelques semaines, le monde du jeu vidéo sur PC retient sa respiration vis-à-vis d’une plainte déposée par l’Etat de New York en direction de Valve. Mais alors qu’une seconde plainte a fait surface entre-temps, l’entreprise américaine ne compte pas se laisser faire.

Valve visé par deux plaintes concernant les lootboxes

Au cas où vous n’auriez pas suivi les affaires judiciaires qui entourent Valve depuis quelques semaines, il serait bon de faire un petit rappel. A la fin du mois de février, l’Etat de New York a lancé une action en justice contre Valve, l’entreprise à l’origine de Steam et certains jeux comme Counter-Strike 2, DOTA 2 ou Team Fortress 2. Selon la procureure générale Letitia James qui est à l’origine de la plainte collective, Valve aurait “gagné des milliards de dollars en permettant à des enfants et à des adultes de jouer illégalement de l’argent dans l’espoir de remporter des prix virtuels de grande valeur”. Elle reproche notamment à l’entreprise d’utiliser des “mécanismes addictifs et nocifs”, visant plus particulièrement les trois jeux que nous venons de citer.

"Nous refusons de le faire" Valve répond à la plainte visant à modifier ses jeux

En résumé, l’Etat de New York attaque Valve concernant le concept des lootboxes, qui sont effectivement présentes dans CS2, DOTA2 et TF2. Pour accompagner la plainte, l’Office of the Attorney General (OAG) a même mené une enquête concluant que ces jeux “incitent les utilisateurs à payer pour avoir une chance de gagner un objet virtuel rare doté d’une valeur monétaire significative.” L’enquête dit également que “dans le jeu le plus populaire de Valve, le processus ressemble à une machine à sous, avec une roue animée qui s’arrête finalement sur un objet sélectionné”.

"Nous refusons de le faire" Valve répond à la plainte visant à modifier ses jeux

Et comme si une plainte déposée par l’Etat de New York ne suffisait pas, une seconde action en justice collective a également été lancée par Steve Berman, le fondateur et associé gérant du cabinet d'avocats Hagens Berman. Le sujet est fondamentalement le même : Berman accuse Valve de profiter de sa plateforme et du concept des lootboxes pour générer du profit à partir d’achats aléatoires.


Valve répond à l’Etat de New York et ne compte pas se complaire

Après plusieurs jours sans communication de la part de Valve, l’entreprise américaine a finalement choisi de publier un long texte pour réagir à la plainte de Letitia James. Le 11 mars dernier, Valve a ainsi tenté de se justifier par quelques arguments assez standards, notamment le célèbre “y a pas que moi qui le fait” et “ce n’est que du cosmétique”. En effet, le communiqué comprend par exemple le passage suivant :

Nous avons indiqué au procureur général que ce type de boîtes est largement utilisé dans nos jeux, non seulement dans les jeux vidéo, mais aussi dans le monde réel. Des générations ont grandi en ouvrant des paquets de cartes de baseball, des boîtes et des sachets surprises, puis en échangeant et vendant les objets obtenus. Parmi les produits physiques populaires utilisés de cette manière, on peut citer les cartes de baseball, les Pokémon, Magic: The Gathering et Labubu. Dans le secteur du jeu vidéo, les packs numériques similaires à nos boîtes existent depuis 2004 et sont très répandus. Les joueurs n'ont pas besoin d'ouvrir de boîtes mystères pour jouer aux jeux Valve. En réalité, la plupart d'entre vous n'en ouvrent aucune et jouent simplement aux jeux, car les objets qu'elles contiennent sont purement cosmétiques ; ne pas dépenser d'argent ne présente donc aucun inconvénient.

"Nous refusons de le faire" Valve répond à la plainte visant à modifier ses jeux

Bien sûr, leur défense ne se limite pas à ça, même si on pourrait tout de même leur accorder que le problème des lootboxes existait avant Valve et existera sûrement après eux. Mais là où Valve marque réellement des points, c’est que l’entreprise pointe du doigt quelques demandes de la procureure générale qui semblent abusives. A titre d’exemple, la plainte demanderait que Valve modifie ses jeux pour retirer la possibilité d’échanger les objets obtenus via les lootboxes, ce que Valve refuse de faire. Toujours en prenant les objets comme les cartes à collectionner ou les Labubu en exemple, l’entreprise estime que les joueurs devraient pouvoir échanger les objets qu’ils achètent, même aléatoirement, avec d’autres joueurs. Selon Valve, “La transférabilité est un droit qui ne devrait pas être retiré à qui que ce soit, et nous refusons de le faire.”

"Nous refusons de le faire" Valve répond à la plainte visant à modifier ses jeux

En guise de deuxième contre-attaque, Valve mentionne aussi que la procureure exigerait de l’entreprise qu’elle puisse collecter des informations personnelles de ses utilisateurs. A priori, cette demande serait faite pour contourner le fait que certains utilisateurs se servent d’un VPN pour masquer leur véritable adresse. De plus, l’Etat de New York aimerait aussi que Valve puisse collecter des informations sur l’âge de ses utilisateurs. Or, pour l’entreprise américaine, implémenter ces deux choses impliquerait d’utiliser des solutions invasives, ce qu’elle ne compte pas faire.

"Nous refusons de le faire" Valve répond à la plainte visant à modifier ses jeux

Pour conclure, Valve confirme tout de même que l’entreprise se conformera à la loi si l’Etat de New York parvenait à instaurer une nouvelle législation vis-à-vis des lootboxes. Mais qu’en l’état des choses, elle estime qu’aucune loi n’est transgressée par Valve. La suite se déroulera donc au tribunal, affaire à suivre…