Overwatch : De la gloire de 2016 à la chute, et le chemin vers une renaissance réussie

Titre original : C'était le meilleur jeu de 2016, puis il a sombré avant de renaître : comment Overwatch s'est saboté lui-même

Sorti en 2016, Overwatch est élu meilleur jeu de l’année aux Game Awards cette année là. 10 ans d’existence non sans remous, avec des pressions financières et des choix stratégiques ont failli tuer le FPS de Blizzard. Jeff Kaplan, ex-réalisateur du jeu, a livré ses 4 vérités en interview et éclaire de nouvelles informations sur les décisions qui ont plongé le titre dans une spirale infernale.

Commercialisé initialement en 2016, c'est Overwatch qui défini le paysage du hero-shooter que l'on connaît aujourd'hui. Un titre qui va même s'approrier le titre de jeu l'année 7 mois après.

  • Nommés au GOTY en 2016 : Uncharted 4 ; Titanfall 2 ; Overwatch ; Inside ; Doom.

Pourtant, derrière le succès mondial, la licence a traversé plusieurs années de turbulences, en externe comme en interne. Dans un entretien de plus de cinq heures accordé à Lex Frida, c'est Jeff Kaplan, ancien réalisateur en chef de Overwatch qui a lâché ses quatre vérités. Il parle de son entrée chez Blizzard mais aussi des différentes choses qui auraient précipité Overwatch dans sa chute.

Un eSport trop important ?

Selon Kaplan, l'ambition démesurée autour de l’Overwatch League a vampirisé les ressources du studio. En voulant copier le modèle des ligues sportives américaines (NFL/NBA), Blizzard a délaissé le joueur occasionnel pour satisfaire des investisseurs aux attentes irréalistes.

Cette focalisation a conduit à :

  • La paralysie du développement : Le contenu du premier opus a été gelé pendant trois ans pour préparer une suite qui, selon les récents aveux internes, n'était qu'un "rebranding forcé" pour justifier un nouveau modèle économique.
  • L'abandon du PVE : Le mode coopératif narratif, pilier central de la promesse de 2019, a été sacrifié sur l'autel de la rentabilité rapide, provoquant une rupture de confiance majeure avec la communauté.

L'une des images symbolisant la promesse du PvE dans Overwatch.

C'était le meilleur jeu de 2016, puis il a sombré avant de renaître : comment Overwatch s'est saboté lui-même

Le poids de l’ultimatum

La chute d'Overwatch n'était pas un accident de parcours, mais le résultat d'une collision frontale entre créativité et finance. Pour expliquer son départ en 2021, Jeff Kaplan décrit une atmosphère de "gestion par la terreur" imposée par la direction financière d'Activision Blizzard.

L'ancien réalisateur a révélé avoir été confronté à un ultimatum, en 2020, soumis par le CFO (Chief Finiancal Officer, le directeur financier quoi) : garantir des revenus records immédiats via une monétisation agressive, ou prendre la responsabilité du licenciement d'un millier d'employés à travers les différents studios.

En choisissant de partir, Kaplan espérait faire office de fusible, mais son départ a surtout laissé le champ libre à une vision purement comptable du jeu. Un CFO (Armine Zerza) qui a rejoint Warner Music depuis.

2025 et 2026 : le retour à l'essentiel

Dès le lancement de cette mise à jour le mois dernier, l'ampleur du contenu a étourdi la communauté. Blizzard a réussi un coup de maître en injectant simultanément cinq nouveaux visages (Domina, Emre, Anran, Mizuki et le mythique Fika), évitant l'embouteillage des rôles grâce à une répartition parfaite.

Le "Jetpack Cat" (Fika) a instantanément redéfini la verticalité du jeu, tandis que l'interface, enfin débarrassée de ses lourdeurs, redonnait au titre sa superbe de 2016. L'arc narratif "The Reign of Talon" tente tant bien que mal de combler le vide laissé par l'annulation du mode histoire original. Bien que les bandes-dessinées in-game manquent encore de dynamisme, l'intégration du lore directement dans l'expérience multijoueur permet enfin de ressentir une progression globale. On retrouve aussi ce qui a fait le succès du jeu en 2016 : les lootboxes directement liées au temps de jeu et un mode 6 vs 6 qui ne met pas toute la pression sur un seul tank.

C'était le meilleur jeu de 2016, puis il a sombré avant de renaître : comment Overwatch s'est saboté lui-même

Preuve de cette renaissance réussie, un nombre de joueurs retrouvé. S'il est moins élevé qu'à son lancement il y a un moins, celui-ci témoigne d'une forte mobilisation. Le shooter de Blizzard est joué encore joué par des dizaines de milliers de joueurs sur Steam : c'est donc sans compter les autres plateformes, comme Battle.net. C'est probablemen cette dernière qui engage le plus. Des joueurs retrouvés qui doivent faire sourire du côté de l'équie 4 de Blizzard. De quoi porter comme étendard l'une des phrases les plus célèbres du jeu : les héros (même 10 ans après) ne meurent jamais.