Les joueurs de Pokémon Go : acteurs involontaires de l'entraînement de robots livreurs grâce à leurs données de jeu

Titre original : Les joueurs de Pokémon Go ont contribué “sans le savoir” à l'entraînement de ces robots !

Vous vouliez simplement attraper un Pikachu, un Dracaufeu ou un Rondoudou en vous baladant dans votre ville ? En réalité, vous avez certainement travaillé gratuitement pour Niantic pendant tout ce temps. Comme le dit l’expression, si c’est gratuit, c’est toi le produit.

Après la vente de la division jeux vidéo de Niantic à une société contrôlée en partie par l’Arabie Saoudite, un nouveau “scandale” vient d’éclater sur Pokémon GO. Les joueurs du monde entier ont contribué gratuitement à un projet beaucoup plus grand que de simplement attraper tous les Pokémon dans la réalité. Seulement, le Ferdeter était déjà dans le fruit.


Des robots livreurs de pizza créés grâce aux joueurs de Pokémon Go

Le pseudo scandale autour de Pokémon Go vient de la découverte, ou plutôt de la prise de conscience pour la plupart des joueurs, de l’ampleur de l’usage des données collectées en jeu. Depuis plusieurs années, Niantic nous encourage à scanner des lieux réels, comme les PokéStops, avec notre caméra. Ces scans servent en réalité à entraîner des systèmes d’intelligence artificielle capables de comprendre l’espace réel.

Premières versions des robots livreurs de Coco Robotics

Les joueurs de Pokémon Go ont contribué “sans le savoir” à l'entraînement de ces robots !

L’entreprise a ainsi construit ce qu’elle appelle un “Large Geospatial Model”, un modèle d’IA destiné à analyser et relier des scènes du monde entier afin de créer une représentation 3D détaillée de l’environnement. Cette technologie ne se limite pas à cela, elle permet également à des robots autonomes, notamment des robots livreurs en collaboration avec Coco Robotics, de naviguer avec précision dans des environnements complexes. Ils peuvent désormais se déplacer avec plus de précision qu’un simple GPS, en reconnaissant les trottoirs, portes, obstacles et divers reliefs sur leur chemin.


Ça n’a jamais été un secret pour Niantic

Cependant, cette évolution n’est pas une surprise lorsqu’on replace Niantic dans son histoire. À l’origine, l’entreprise est née au sein de Google et était déjà impliqué dans des applications de cartographie comme Google Maps et Google Earth. Ce projet s’est concrétisé une première fois avec Ingress, un jeu sorti en 2013 qui demandait déjà aux joueurs de se déplacer, de photographier des lieux et de proposer des points d’intérêt, constituant ainsi une base de données géographiques participative.

Capture d'écran de l'application Ingress

Les joueurs de Pokémon Go ont contribué “sans le savoir” à l'entraînement de ces robots !

Cette logique s’est poursuivie avec Pokémon Go, à une échelle bien plus massive. Par ailleurs, les conditions d’utilisation et la politique de confidentialité de Niantic mentionnent explicitement la collecte de données de localisation, d’images et de scans. Bien que le langage employé reste technique et relativement vague, il indique clairement que ces données sont exploitées pour la recherche et le développement de technologies AR et de systèmes automatisés. Seuls les usages concrets étaient assez flous... jusqu’à maintenant.