Test de Crimson Desert : Exploration et Gameplay au Coeur d'un Monde Ouvert Enchanteur mais Inégal

Titre original : Test du jeu Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total sur PC

Il y a moins d’un mois de cela, je posais mes mains sur Crimson Desert pour la première fois. Pourtant, ce n’était pas la première fois que le titre de Pearl Abyss était soumis aux yeux de la presse, toujours aussi impatiente (bien qu’un peu mesurée) face à la perspective d’en découvrir de nouveaux aspects. Pour ma part, je n’en attendais pas spécialement grand-chose, si ce n’est un immense bac à sable en monde ouvert aux mécaniques d’action-aventure aux forts accents d’heroic fantasy. Aujourd’hui, c’est l’heure de rendre le verdict !

Du contenu et des promesses, Crimson Desert en était totalement rempli, et tout le monde, y compris le grand public, avait fini par le comprendre. Au terme de l’événement preview ayant eu lieu à Amsterdam, toutes ces ambitions et idées m’ont sauté au visage, non sans susciter quelques craintes légitimes, comme l’aspect scénaristique et le sens des quêtes, la qualité du gameplay au fil du temps, la conception du monde ouvert et bien d’autres choses encore.

Bref, six heures, c’était un peu court pour rédiger un avis tranché. Et ce qui est d’autant plus fou, c’est que les 80 heures passées sur le jeu, évaluées à vue d’œil, paraissaient presque insuffisantes pour se rendre compte de l’entièreté du potentiel de Crimson Desert.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi les équipes de Pearl Abyss ont expliqué que ce titre était quasiment impossible à adapter en démo ! Quoi qu’il en soit, pendant tout ce temps, Crimson Desert a été capable du meilleur comme du pire, et je suis encore loin d’avoir tout vu.

Allez, il est temps de vous embarquer dans ce test qui, je l’espère, parviendra à retranscrire au mieux l’expérience que j’ai vécue. Je ne vous cache pas que le titre de Pearl Abyss a été l’un des tests les plus compliqués à réaliser, m’aspirant dans un véritable chaos… où j’y ai tout de même trouvé une forme de beauté.

Conditions de test de Crimson Desert

Pour réaliser ce test, Pearl Abyss nous a partagé une clé de la version PC de Crimson Desert. En ce qui concerne les versions consoles du jeu, il est actuellement impossible de vous faire des retours. Précisons également que Crimson Desert bénéficiera d'un patch day-one et que les lignes qui suivent ne prennent pas en compte les ajustements ultérieurs à la rédaction de ce test. Pour ce qui est des spécificités techniques, on a fait tourner Crimson Desert en qualité Ultra et Cinématiques (le plus haut niveau) sur une configuration AMD Ryzen 9 7900X 12-Core Processor, NVIDIA GeForce RTX 4080, 32 Go de RAM.


Le monde ouvert de Crimson Desert est la plus belle chose qu'il a à nous offrir

Le continent de Pywel dans Crimson Desert cache une exploration sans fin

Il faut le reconnaître, Pearl Abyss a été d’une grande malice pour faire la promotion de Crimson Desert, plaçant la focale sur le monde ouvert de Pwywel et l’immense bac à sable vidéoludique qu’il représente. Si l’on devait compiler l’ensemble des jeux en monde ouvert qui sont sortis lors de la dernière décennie, voire des quinze dernières années, Crimson Desert est potentiellement le plus généreux à ce jour.

Personne ne dira le contraire, la générosité d’un titre est un facteur important, ainsi qu’un argument de poids dans le rapport qualité/prix, mais celle-ci peut bien évidemment jouer des tours. À cause de son échelle, les premières heures (dizaines ?) de Crimson Desert sont si âpres qu’elles pourraient faire prendre patience à plus d’un joueur, notamment les néophytes. Créer un monde qui s’étend à perte de vue, c’est une chose, mais il faut mettre les formes pour le rendre attrayant.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Aujourd’hui, la générosité de Crimson Desert permet de transformer chaque session de gameplay, de n’en reproduire presque aucune à l’identique, et c’est très probablement l’un des arguments qui plaira le plus aux amateurs de contenu qui engloutissent les activités à la pelle. Malgré tout, il y a comme un souci d’agencement de ce gigantesque amas de contenu.

Pire, à des moments, le titre de Pearl Abyss paraît trop grand, trop rempli pour son propre bien. Certes, l’expérience fait que la sensation s’estompe, sauf que cette frustration a bel et bien existé parce que Crimson Desert accompagne assez mal le joueur, ne l’aide pas à appréhender correctement ses systèmes pour le rassurer face à la richesse de son monde ouvert.

Ce qu’il se passe, c’est qu’il y a énormément de choses à faire, voir, comprendre et qu’on a le sentiment, pendant un temps suffisamment long, de ne profiter de rien. Typiquement, c’est le syndrome du buffet à volonté. On fait l’étalage de plein de choses que l’on aime et dans lesquelles on peut allègrement picorer à droite à gauche, mais à chaque fois, on en ressort soit en frôlant l’indigestion, soit en ayant déjà oublié le repas.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Je vous épargne l’énumération de tous les objectifs à remplir, données à récolter et autres défis à relever, mais il y a évidemment cette sensation de remplissage qui innerve l’expérience promise par Crimson Desert, si bien qu’il lui est impossible de dissimuler ses racines d’ancien MMO.

À vrai dire, il m’a fallu une trentaine d’heures pour fouler une autre région en suivant « le fil rouge » du jeu, et pendant ce temps et dans ce cadre, j’aurais préféré aborder un maximum de systèmes pour mieux les maîtriser par la suite.

Crimson Desert marque beaucoup de points avec son exploration et son immersion

Toutefois, le choix de Pearl Abyss pour Crimson Desert, il est dans la continuité de celui de The Legend of Zelda : Breath of the Wild. En tant que joueur, on est livré à nous-même, et c’est de ce postulat que découle le plaisir de l’exploration et de défricher, de percer et de maîtriser le monde qui nous entoure.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Sur ce point, Crimson Desert savait ce qu’il faisait et ce qu’il devait faire, mais il a tout de même oublié d’y ajouter de la clarté et d’éviter certaines maladresses. Alors, oui, on applaudit un titre où les développeurs ont refusé toute peinture jaune ou indices évidents pour encadrer l’exploration. Or, il y a un monde entre cette liberté laissée au joueur et le tenir par la main un minimum le temps qu’il fasse correctement ses premiers pas.

En ce qui concerne l’exploration, il y a pas mal de petites frustrations qui ont pu s’accumuler, mais sur lesquelles les développeurs de Pearl Abyss sont déjà alertés, à l’image de la gestion de l’inventaire. Pendant les trois quarts du test, cet élément a, à mon sens, été l’un des plus gros freins à l’exploration et à la collecte de ressources tant il a été mal pensé. Quoi qu’il en soit, vous n’aurez pas à vous en faire puisque les équipes sont à pied d’oeuvre pour le réadapter au début de l’aventure.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

L’exemple de l’inventaire, c’est l’un des meilleurs arguments pour illustrer les imperfections de game design avec lesquelles Crimson Desert doit encore composer pour améliorer l’appréhension de son monde ouvert et son exploration, ce qui, à n’en pas douter, devrait se produire dans les mois à venir. Car, dans les faits, c’est un pari réussi pour les équipes de Pearl Abyss.

Le sentiment de vie y est présent, la distance d’affichage et le rendu du monde ouvert donne envie d’en faire le tour, on s’arrête toujours en chemin parce que l’on passe à proximité d’un artefact, qu’un détail du décor nous interpelle ou que l’on voit quelque chose scintiller au loin. Et contrairement à d’autres représentants du genre, c’est chouette d’avoir très peu de guidage, ça nous oblige à consulter la carte régulièrement et, surtout, à faire des erreurs et à apprendre à se repérer.

Mais, c’est ce qui fait le charme de l’exploration, cette sérendipité constante où on se retrouve à dévier de l’objectif qu’on s’est fixé parce qu’on vient d’apercevoir des ruines avec un artefact et un point de téléportation à la clé. D’ailleurs, petit aparté, mais c’est malheureusement quelque chose à laquelle je me suis souvent raccroché pour le bien de ce test car Crimson Desert a la fâcheuse habitude de multiplier les allers-retours inutiles.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Alors, oui, quand on se laisse bercer par le monde ouvert et qu’on se dit qu’on verra bien ce qui nous tombe dessus sur la route, c’est sympa, mais ça peut vite être une source de frustration en fonction de la manière dont on consomme l’aventure. Je pense à ceux qui vont vouloir avancer dans l’histoire au maximum, ne serait-ce que pour débloquer et avoir accès à un maximum de fonctionnalités.

En tout cas, Crimson Desert ne manque pas de possibilités pour encourager l’exploration, et même si la réalisation souffle le chaud et le froid (par manque de folie, d’équilibrage, d’explications), c’est toujours un plaisir de découvrir des ruines nimbées d’énigmes que l’on doit décortiquer en examinant des fresques, en recoupant des indices trouvées par-ci par-là ou se creusant les méninges, façon Professeur Layton.

Pas de doute, Crimson Desert va faire craquer les fans de MMO et ceux qui aiment se perdre

Dans l’idée, on reproche son manque de structure à Crimson Desert, sauf qu’il est parfois trop bridé par ses origines. Initialement, le jeu de Pearl Abyss avait été imaginé comme un MMO préquel à Black Desert Online, lui aussi un MMORPG. Et ça, ça se ressent dans l’exploration et la manière dont le monde se révèle à nous.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Au fil de l’aventure, j’avais presque le sentiment que chaque chapitre était une sorte de mini-extension de MMO dans lequel on s’engouffre dans un arc inédit sans qu’il y ait nécessairement de liant ou de continuité entre les deux. Alors oui, le monde de Crimson Desert paraît organique et vivant, mais son récit a, en quelque sorte, du mal à en faire la promotion. C’est peut-être dur à dire envers l’intrigue du jeu, mais les histoires qu’on peut se créer soi-même en explorant sont plus intéressantes.

Au fil de mes heures de jeu et avec le recul, je me demandais régulièrement s’il ne valait pas mieux de se concentrer en majorité sur l’exploration et sur les petits à-côtés pour aborder la trame principale quand l’envie se fait sentir. Cette réflexion n’étonnera personne, mais c’est typiquement le genre de comportement que l’on adopte dans un MMO, et Crimson Desert, par ses menus de quêtes qui appellent à la complétion, semble nous le répéter inlassablement.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

J’ai vraiment ressenti ce plaisir de jeu simple où l’on vaque à ses occupations sans se prendre la tête avec le scénario et son découpage atypique, et peu de jeux m'ont véhiculé une telle sensation. Ce sont justement ces périodes d’accalmie qui permettent de profiter du jeu, et si, en plus de ça, vous avez eu un passif avec les jeux en ligne au contenu gargantuesque par le passé, nul doute que Crimson Desert vous captivera totalement.

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Crimson Desert est un défouloir à ciel ouvert qui ne cesse de s'affiner et de se développer

Crimson Desert a plein d'idées de gameplay, mais manque de clarté

Maintenant, il est temps de s’attaquer à l’un des autres gros sujets de Crimson Desert, à savoir son gameplay. J’en avais déjà parlé à l’occasion de ma preview du jeu (réparties en deux temps avec le début de l’aventure suivi d’un ellipse vers une portion beaucoup plus avancée), mais le titre de Pearl Abyss demande un petit temps d’adaptation.

Étant donné qu’il se montre généreux à tout point de vue, on se retrouve avec un grand nombre de commandes, et peu de boutons pour tout appliquer de manière claire. On remet le sujet sur la table, mais le gameplay de Crimson Desert souffre quelque peu de ce manque de clarté, et c’est assez étonnant de se dire que ce manque de confort n’a jamais sauté aux yeux des équipes ou n’a pas fait l’objet de retour de la part des contrôles qualité.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Néanmoins, s’il faut désapprendre pas mal de nos réflexes tout en conservant certains, on finit par prendre le pli et on se prête de plus en plus au jeu des combats et des combinaisons, même si la progression peu paraît un peu confuse lorsqu’on regarde dans le détail.

Pour illustrer ça, on peut mettre en avant deux choses. D’une part, Crimson Desert base le développement de son personnage sur la collecte d’artefacts (quêtes, exploration, défis et missions), mais jamais sur des points d’expérience acquis en combat. Or, il y a des moments où le jeu m’indiquait que j’avais obtenu un artefact, sans que je sache exactement comment et pourquoi ça se produit alors que je suis au beau milieu d’une immense mêlée de soldats.

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Aussi, Crimson Desert a la très bonne idée de nous permettre d’apprendre des mouvements, utiles en combat en même en dehors, en observant le comportement de certains individus, y compris les boss. Toutefois, certaines de ces aptitudes peuvent s’apprendre via le développement de l’arbre de talents. De ce fait, on a certes un maximum de liberté dans la progression, mais ces contournements peuvent paraître ambigu.

Souvent, le déficit de clarté et l’ambiguité de certaines situation, même au sein du gameplay, ont tendance à éroder la structure généreuse de Crimson Desert, qui se retourne à nouveau contre lui. Globalement, le jeu met assez mal en avant ses systèmes et mécaniques et peut donner la sensation de nous accabler plutôt que de nous éblouir, surtout dans ses premières heures souvent décisives.

Les combats de Crimson Desert sont grisants, malgré des situations où on est vite débordé

Par chance, le gameplay pur des combats arrive à tirer son épingle du jeu au fur et à mesure, même s’il doit faire des pieds et des mains pour totalement convaincre. Au début, on fait souvent la même chose, on est souvent assailli de tous les côtés (avec une caméra capricieuse, qui a tendance à mal se positionner), et ça confère un côté très brouillon, chaotique pour reprendre l’idée de cette découverte du jeu.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Entre les effets visuels, les parades, les esquives, les attaques qui se succèdent, les ennemis « élites » qui sont parfois d’une agressivité aberrante, on a des fois le sentiment d’un vrai défouloir aux airs brouillons. Et ce qui le dessert encore une fois, c’est peut-être de vouloir aussi en faire trop dans ce domaine. Comme le reste, l’apprentissage se fait sur le tas, à tâtons, à force d’expérimenter, de faire et refaire. Si, au départ, le plaisir n’est pas instinctif, les nombreuses heures et la progression qui l’accompagne lui donne raison.

Après plus de 80 heures de jeu, je suis encore loin d’avoir débloqué tout le potentiel de chacun des personnages, mais j’ai vraiment le sentiment d’avoir progressé et, surtout, que les possibilités qui s’offrent à moi sont plus variées et plus permissives lors des affrontements. Lorsqu’on prend le temps d’incorporer chaque mouvement à sa palette de jeu et qu’on garde bien en tête les combinaisons et schémas d’attaque, tout en restant vigilant sur ce qui nous entoure, on finit par en profiter à fond.

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Cependant, le souci, comme je m’y attendais, c’est que le développement du système de combat est tributaire de ce que l’on accomplit dans le jeu. Si on ne prend pas le soin d’accumuler des artefacts, on se prive de certaines techniques particulièrement utile. Qui plus est, il y a quelques compétences que l’on débloque en remplissant des conditions précises et que l’on ne débloque pas au bout de quelques heures, mais après un très long moment.

Alors oui, Crimson Desert offre de meilleures sensations au fur et à mesure, m’a démontré qu’il était possible de mieux cerner le gameplay et se l’approprier dans les combats, aussi bien à petite qu’à grande échelle. Mais, à revoir la communication autour du jeu et certains extraits, on se rend compte que l’on a souvent été placé face à des démonstrations de personnages très avancés et qu’il faut beaucoup de temps et, par conséquent, d’investissement pour avoir la chance d’en débloquer tout le potentiel.

Crimson Desert ne fait pas toujours de cadeaux avec ses combats de boss

Forcément, en ayant ça en tête, ça rebat pas mal les cartes de la structure du jeu et ses pics de difficultés. Parce que, oui, il y en a, et il y a aussi de fortes chances pour que les développeurs s’attaquent à quelques équilibrages dans les semaines à venir. D’ailleurs, rappelons que Pearl Abyss s’est défendu de comparer Crimson Desert à un Souls-like, même si certains des ennemis du jeu, plus particulièrement les boss, en sont clairement des héritiers.

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Nécessité de se préparer au maximum avant chaque affrontement (équipements, consommables…), découpage du combat en plusiers phases, grosse approche « die & retry », patterns à lire et à savoir contrer, et j’en passe.

En début d’aventure, ces affrontements sont clairement de beaux petits pics d’adrénaline qui viennent pimenter une entame assez plate dans l’ensemble. Cependant, il y a des segments où on a le sentiment que les équipes n’ont pas su gérer la gestion de la difficulté et la manière dont ils sont agencés dans la trame principale.

J’ai le souvenir d’un chapitre qui m’a lessivé tant la succession des affrontements s’est avérée frustrante et particulièrement épuisante nerveusement. Au-delà d’avoir mal calculé le coup (et d’opérer très certainement des ajustements par le biais de futurs patchs), c’est aussi le cas typique d’un souci de design de ces boss. À titre personnel, certains sont relativement anecdotiques, tandis que d’autres ne sont mémorables que pour leur difficulté absurde.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Pour un titre qui met en avant ses combats titanesques, c’est un peu dommage, d’autant qu’ils ont tendance à nous emprisonner dans une boucle de gameplay qui frôle parfois la corvée, entre raffinement de l’équipement (et donc ressources à collecter), préparation de repas et autres consommables à spammer (les recettes les plus efficaces demandent des ingrédients auquel on n’a pas accès soi-même) et, potentiellement, découvertes d’artefacts pour améliorer l’arbre de compétences.

Pas besoin de faire un dessin, pour avoir toutes les clefs en main, il y a énormément d’activités qui vous attendent.

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Crimson Desert promet une aventure extrêmement riche... qui reste bien trop sommaire

Crimson Desert embarque une tonne de quêtes... et oublie de leur donner du relief

On l’a déjà mentionné, mais Pearl Abyss, c’est un studio qui s’y connaît lorsqu’il faut ajouter du contenu dans une expérience vidéoludique. Une force qui est également… une faiblesse. Au moment de prendre la température et de mettre les pieds dans Pywel pour la première, j’avais émis quelques réserves sur ce que j’avais pu expérimenter en termes de quêtes et de missions secondaires.

Il faut dire que le début de l’aventure donne l’impression de partir dans tous les sens, avec pourtant des objectifs très terre-à-terre. Pour la partie réservée à l’histoire, il n’y aura bien évidemment aucun spoiler mentionné dans ces lignes, mais ne vous attendez pas à une révolution scénaristique.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Au contraire ! Là où des mondes ouverts ont contourné le piège d’une intrigue qui se fait manger toute crue par le gigantisme de son cadre, Crimson Desert y a mis les deux pieds. On aura beau dire que les enjeux s’imbriquent plus clairement et se montrent plus épiques, c’est assez déceptif de consacrer des dizaines et dizaines d’heures à une trame qu’on aura oublié dans quelques semaines.

C’est comme si Crimson Desert s’est lui-même emprisonné dans son cadre et qu’il n’a pas su trancher entre les deux. Entre ce côté mystique, cette dimension « over the top » et le cadre médiéval et moyenageux, le jeu de Pearl Abyss livre une aventure à la lisière qui aurait gagné à assumer pleinement l’un ou l’autre, plutôt qu’à couper la poire en deux.

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Bien souvent, les objectifs de quêtes sont assez sommaires et se montrent assez peu recherchés, à tel point qu’elles occupent plus le temps libre entre deux chapitres (pour les plus secondaires) et permettent surtout de se préparer.

Là où Pearl Abyss a eu du mal à se défaire de son héritage, c’est en nous demandant trop fréquemment d’enchaîner des allers-retours rébarbatifs à la longue. Il n’y a rien de plus frustrant que de nous emmener d’un point A à un point C en passant par un point B, puis finalement nous dire de retourner au point A et repartir de nouveau vers le point C. On regarde sa montre, quinze à vingt minutes se sont presque écoulées, et on en retire très peu de choses. Comme je le disais, nos propres aventures sont les meilleures.

Crimson Desert a bien su intégrer ses quêtes au monde ouvert, même si leur intérêt est inconstant

Pour rester sur la thématique du contenu, Crimson Desert a effectivement trouvé la formule parfaite pour occuper l’esprit des joueurs et les faire revenir inlassablement. Manette en main, ça fonctionne, mais on sent que le quantitatif prend le pas sur le qualitatif. J’en tiens pour preuve le système de requêtes, tout en rebondissant sur la gestion de l’inventaire.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

En matière d’intégration au monde ouvert, Crimson Desert sait s’y prendre : on passe devant un tableau d’affichage, on décroche une affiche, on l’analyse, on se rend auprès de l’auteur de la demande, on échange et ensuite, c’est à nous de jouer. Par contre, en termes de substance, c’est assez limité, et Crimson Desert a tendance à s’en servir comme d’une carotte puisque cela permet d’accroître la taille de son inventaire, un indispensable dans l’aventure.

Résultat des courses, ce choix de game design se perçoit assez négativement. En quelque sorte, le jeu nous force la main pour effectuer certains contenus sans grand intérêt, et ce, dans l’unique but de développer l’une des mécaniques essentielles de l’aventure. N’ayons pas peur des mots, ces étapes sont des reliquats des « quêtes FedEx » souvent critiquées dans les MMO, et j’avais la sensation que le jeu me disait « oui, tu vas perdre du temps, mais tu verras, tu en auras bien besoin ».

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Fort heureusement, vous n’aurez pas à endurer les mêmes conditions que nous — un patch a été déployé lors de la review —, mais cette structure n’a fait que soulever d’autres problèmatiques. C’est comme fixer une image et se rendre compte d’un détail perturbant à chaque fois qu’on repose nos yeux dessus. Pourquoi ne pas avoir implémenté un coffre dans le camp des Crinières Grises ? Pourquoi avoir choisi un inventaire partagé entre les trois personnages ?

Bref, on clôt cette digression car, malgré ces défauts de contenu et de conception, le quantitatif se montre globalement organique et les mécaniques s’imbriquent.

Le jeu déborde de mini-jeux pour remplir sa bourse, les avis de recherches mettent du beurre dans les épinards — même si j’ai l’impression qu’on a peu de choses à gagner en relâchant les criminels — pour fournir les expéditions du camp et la recherche des alliés permettent d’accroître le champ d’action pour rendre des services un peu partout dans Pywel.

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Toutefois, en voulant contenter un large public et en jouant la carte du contenu pour le contenu, Crimson Desert confirme qu’il a quelque peu oublié, à l’approche de son lancement, de peaufiner certains aspects. Les expéditions sont mal mises en avant, cachées derrière des volets alourdissants de menu, lorsqu'on est en dehors du camp.

D’ailleurs, l’interface est légèrement à déplorer dans son ensemble et manque de lisibilité, et les quêtes de factions où l’on est invité à mener l’enquête donnent l’impression que la manière dont on aborde la résolution n’a pas un gros impact et que la finalité sera toujours la même. En soi, on empile des preuves en fouillant à droite à gauche, et le script de la quête fait le reste…

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Quoi qu’il en soit, et pendant longtemps, j’avais la sensation que ce que je faisais n’avait pas de sens ou, du moins, très peu. Mais, avec le recul, comme pour me faire l’avocat du diable, j’ai fini par me dire que ça collait en quelque sorte au contexte du jeu et que c’est cette même banalité, en pleine période médiévale, faisait le charme de l’aventure si on l’abordait en tant que tel.

C’est en remettant ce que je faisais dans le contexte du jeu que la distraction et la simplicité ont commencé à faire effet, alors je ne peux que vous conseiller de le prendre à la légère.

Crimson Desert va mettre vos méninges à l'épreuve, et peut-être même un peu trop...

À l’inverse, il ne faut pas prendre les énigmes de Crimson Desert à la légère car elles vous prouveront que vous avez tort de les considérer ainsi. D’un point de vue ludique, Pearl Abyss a ponctué son monde d’une mécanique réflexive vieille comme le monde, mais dont le caractère ludique fait toujours mouche.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

À l’image de ses influences les plus évidentes, Crimson Desert nous laisse aux commandes de ses secrets les plus retors, et ce sont typiquement les situations qui vont plaire aux joueurs qui aiment décortiquer les moindres mystères des jeux vidéo qu’ils entament. Dans les faits, c’est plutôt malin parce que Pearl Abyss va ainsi construire une communauté particulièrement active qui s’échangera des indices, alimentera l’actualité du jeu et les conversations autour.

Encore un héritage des MMO, finalement, puisqu’il y a pas mal de secrets qui se basent sur une série d’indices visuels (comme des fresques marquées d’une croix à cibler soi-même sur la carte en décryptant les dessins) ou d’élements situationnels, comme ce moment où j’appréhende un criminel et que je me dis que l’endroit qu’il essayait de piller devait effectivement contenir quelque chose d’intéressant.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Mine de rien, ce côte communautaire — si on a pu le toucher légèrement du doigt à l’occasion de ce test —, sera l’une des forces de Crimson Desert, que les critiques globales soient dithyrambiques ou plus mesurées. Or, là encore, il va falloir ajuster les potards, car les déséquilibres entre les multiples énigmes et puzzles risquent de poser problème.

À ce propos, j’ai des exemples très concrets qui me viennent en tête, à l’image du point de téléportation que l’on peut débloquer près du camp des Crinières Grises, ou encore l’énigme du jeu de go qui fait émerger une problématique culturelle. Et en parlant de problèmatique, il faut tout de même terminer avec quelques mots sur le scénario et la narration.

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Crimson Desert m'a prouvé que sa plus belle histoire n'est pas le scénario, mais la nôtre

Les personnages de Crimson Desert n'aident pas à rendre le scénario marquant

Vous avez très certainement compris où je voulais en venir sur la dimension scénaristique et narrative de Crimson Desert, mais j’aimerais offrir plus de détails à ce sujet, de façon à vous planter le décor et que vous ne soyez pas déçus de votre achat sur ce point. Comme esquissé par-ci par-là dans ce test, Crimson Desert ne m’a pas convaincu par son récit, et c’est généralement quelque chose à laquelle j’accorde pas mal d’importance dans les expériences vidéoludiques.

Déjà, pour commencer, il n’y a eu presque aucun personnage auquel je me suis attaché au fil de l’intrigue. Bien qu’il y ait un enjeu fort — restaurer le clan des Crinières Grises — où le jeu peut se reposer sur ses personnages et s’articuler autour ce lien presque fraternel, de moments de convivialité, Crimson Desert ne prend jamais le risque de les développer. Et quand il en a l’occasion, il passe à côté. Qui plus est, on a un peu l'impression de passer du coq à l'âne, et le découpage des chapitres n'y est pas étranger.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

L’un des autres problèmes que j’ai rencontrés et qui devrait tiquer ceux qui s’attendent à une histoire bien développée, c’est que le scénario a beaucoup de mal à décoller, et on ne parle pas d’une impression sur quelques heures, mais bien sur plus d’une demi-douzaines d’heures à vadrouiller dans Pywel et tentant d’atteindre le bout de l’aventure.

Malgré quelques soubresauts et passages qui montrent que tout n’est pas à jeter dans ce domaine, Crimson Desert a de grandes difficultés à donner une consistance à sa structure. Il va y avoir un chapitre très terre-à-terre et celui qui l’emboîtera le pas nous enverra à nouveau dans l’Abysse en introduisant un antagoniste de plus.

Le découpage du récit de Crimson Desert nous perd plus qu'il ne nous captive

Ce qui a donc tendance à me déranger ici, c’est le manque de liant entre les chapitres et le peu d’efforts pour donner corps à l’ensemble. Il y a des passages, en fin de chapitre, où on a tout juste le droit à une scène qui se clôture sur un fondu au noir, puis une ellipse.

Et le pire, c’est qu’il y a des instants propices à relier le tout, mais Crimson Desert ne s’en préoccupe à peine, d’autant que les scènes où le groupe se retrouve tous ensemble tombent souvent à plat, alors que c’est foncièrement le coeur du jeu et de la quête de Kliff.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Forcément, cet aspect du jeu est celui qui dessert le plus le titre de Pearl Abyss, et c’est dommage de compiler ces occassions manquées, préférant ponctuer son écriture de transitions incongrues pour lui donner la forme de petites histoires mises bout à bout dans l’espoir de constituer un tout cohérent, ce qui n’est pas le cas.

Alors, oui, Crimson Desert n’a jamais eu la prétention d’aller chasser sur les terres d’un Red Dead Redemption II ou d’un The Witcher III, mais il y avait les opportunités pour développer de vrais enjeux politiques, des évolutions et des rivalités prégnantes entre les nations de Pywel et créer un climat pesant qui renforce l’immersion.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Bref, je suis très clairement resté sur ma faim sur ce point, ce qui démontre les secteurs sur lesquels Pearl Abyss doit encore progresser et se détacher de ce qu’il a pu mettre en place sur Black Desert Online. Ceci étant dit, je ne pense pas que les joueurs lui feront tant de reproches que cela à ce sujet, mais autant vous avertir que la dimension narrative, ça sera surtout à vous de l’écrire.

La narration de Crimson Desert est plus passionnante quand on en prend le contrôle

Concrètement, ce n’est pas tant la narration du jeu que l’on retiendra que celle que les joueurs construireront à travers leurs propres aventures.

Pour ma part, pendant toutes ces heures passées sur le jeu, j’avais le sentiment que le fil rouge mis en place par les équipes était surtout un prétexte pour nous mettre le pied à l’étrier, comme si c’était un immense tutoriel à ce gargantuesque bac à sable. Comme le gameplay et le reste, la dimension bac à sable de Crimson Desert est un vivier à anecdotes et à des sessions qui n’auront rien à voir entre elles.

Crimson Desert est un monde ouvert d’une grande beauté, plongé dans un chaos total

Heure après heure, Crimson Desert semble nous rappeler que le véritable coeur du jeu, ce n’est pas la quête de Kliff mais notre propre voyage à travers les différentes régions de Pywel. À partir de là, si l’idée de faire une croix sur un récit poignant qui marquera l’industrie ne vous dérange pas et que la narration n’est qu’un accessoire pour enrober le gameplay, il y a de fortes chances pour que Crimson Desert comble toutes vos attentes et vous accompagne pendant des mois.

Il est vrai que je n’ai jamais vécu meilleur moment dans le jeu qu’en flânant et en sortant des sentiers battus. Qui plus est, ce côté trivial de l’expérience et l’emphase sur l’aventure et l’exploration prend tout son sens et son plaisir quand on se focalise essentiellement sur cet aspect. Je n’ai certes pas eu mon compte en guise d’écriture, mais Crimson Desert a su se rattraper à travers sa simplicité, celle qui nous fait vivre le jeu pleinement.


Conclusion

Points forts

  • Un jeu ultra-généreux à la durée de vie exceptionnelle
  • La liberté d'exploration et les découvertes incessantes
  • Un bac à sable immersif et organique
  • Un gameplay qui s’étoffe, se renouvelle (Damiane, Oongka) et s’apprécie de plus en plus
  • L’apprentissage par l’observation, une belle idée
  • Un titre qui va fédérer une vraie communauté (énigmes, secrets…)

Points faibles

  • Les combats à grande échelle un peu brouillons
  • Un titre qui manque parfois de clarté
  • Des boss à la difficulté mal gérée et calibrée
  • Une construction très plate des quêtes principales et secondaires
  • Des énigmes et puzzles pas toujours très accessibles et équilibrés
  • Le scénario qui peine à décoller et des personnages auxquels on s'attache peu

Note de la rédaction

15

Impossible de reprocher à Crimson Desert toute la générosité dont il fait preuve. Mais en poussant ce curseur trop loin, Pearl Abyss se retrouve piégé par ses ambitions. Résultat : un grand décalage entre les qualités techniques et immersives de son monde et son contenu. Le scénario laisse quasiment indifférent, les quêtes se suivent et se ressemblent beaucoup dans leur construction, et les combats de boss, parfois accessibles, parfois aberrants de difficulté, nous obligent souvent à répéter la même routine. Heureusement, le gameplay, malgré ses petites lacunes, s’étoffe sans cesse et insuffle à l’aventure des airs de défouloir, et il fallait bien ça pour digérer les puzzles imaginés par les équipes. Inconstants, à l’image du reste, ils auront néanmoins le mérite de fédérer les joueurs et de créer une vraie émulation communautaire. Ajoutez à cela un contenu astronomique, qui met des étoiles dans les yeux des complétionnistes, et vous obtenez un titre qui vous occupera l’esprit pendant plusieurs centaines d’heures. Oui, le voyage est agréable, dépaysant, voire stimulant de temps à autre, mais Crimson Desert n’avait pas les reins assez solides pour le piédestal sur lequel on l’a posé.

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