Ce film d’animation Netflix que je n’attendais pas a fait l’objet d’un engouement démesuré. Cependant, après visionnage, mon jugement a changé et mon regard s’est porté sur quelques bonnes surprises.
Sorti sur Netflix en juin 2025, le film d’animation Kpop Demon Hunters a connu un succès phénoménal. Doublement récompensé lors de la cérémonie des Oscars pour les titres du “Meilleur film d’animation” et de la “Meilleure chanson”, il est devenu un incontournable de la plateforme de streaming américaine. L’engouement était tel que cela a suscité ma curiosité malgré le fait que je n’avais presque aucun espoir pour ce film, avant que celui-ci m'ait finalement agréablement surpris. Plusieurs qualités, à la fois scénaristiques et visuelles, en valent le détour.
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Un scénario révélateur des déficiences d’une industrie
Dès le début, l’accent est mis sur le rôle et l’importance des fans pour les deux groupes opposés. Huntrix, composé de Rumi, Mira et Zoey, chante afin de créer le Honmoon (un bouclier magique) qui protège l’humanité des créatures démoniaques contrôlées par Gwi-Ma, l’antagoniste de l’histoire. Pour cela, elle puisent leur énergie dans l’attention que les fans leur témoignent lors des concerts et des rencontres organisées. Une relation para-sociale “solide” qui devient leur arme principale contre les membres du groupe Saja Boys.

Saja Boys, composé exclusivement de démons, procèdent différemment. Pour détruire le lien entre Huntrix et leur fandom, le groupe de démons va principalement miser sur leur apparence et leur accessibilité dans l’objectif d’être idolâtrés, et pas seulement admirés.Un lien obsessionnel devenant la représentation d’une pratique courante dans l’industrie sud-coréenne. Les artistes sont principalement sélectionnés pour leur apparence dans l’objectif de faire fantasmer leur public. La plupart doivent suivre des régimes alimentaires extrêmes ou avoir recours à la chirurgie esthétique.
La bande-son originale comme soutien narratif
“On va aller plus haut, c’est notre moment” : telle est la devise du groupe dans son single “Golden” entêtant. Néanmoins, les paroles nous dévoilent énormément d’éléments scénaristiques qui arrivent plus tard dans l’histoire. Le titre fait référence à l’objectif final des trois chasseuses, qui est d’enfermer les démons en créant un Honmoon doré. Quant aux sonorités alternant entre l’optimisme et la mélancolie, elles suivent les ascenseurs émotionnels et les sentiments de Rumi en révélant la tristesse masquée par son aura de chanteuse. Un personnage qui, contrairement aux apparences, laisse transparaître une part de vulnérabilité à travers la musique. La double identité de Rumi, à la fois humaine et démon est notamment révélée : “ Entre deux vies, dis-moi qui je suis j’ai besoin de trouver ma place”.
La bande-son n’est pas seulement là pour soutenir la promotion du film (même si elle y contribue fortement), mais pour appuyer les moments clés du scénario. Une technique narrative qui n’est pas nouvelle (Disney le fait depuis ses débuts), mais qui, à mon sens, fonctionne très bien dans ce projet. Les chansons contribuent à la narration du film en nous révélant les faces cachées du personnage principal, ainsi que les deux autres membres avec les titres “Takedown” et “What it Sounds Like”.

L’animation signée par le studio Sony Pictures (Spider-Man: Into the Spider-Verse) a donné lieu à des visuels particulièrement travaillés. Le long-métrage est visuellement très beau à regarder. Les décors sont marqués par une large palette de couleurs à la fois ternes et vives. Tandis que la fluidité des mouvements donne vie à de bonnes performances musicales et à de belles scènes de combats. Ce projet d’animation qui ne semblait pas me convaincre au début, a été au-delà des stéréotypes autour de la Kpop et a su me surprendre par la solidité de son scénario et de sa bande musicale entrainante ainsi que par sa direction artistique maîtrisée .