Crimson Desert : Un vaste monde ouvert captivant mais décevant sur le contenu et la narration

Titre original : Crimson Desert n’honore pas toutes ses promesses, mais c’est l’un des mondes ouverts du moment : voici mon verdict en vidéo !

Pearl Abyss a souhaité frapper fort avec Crimson Desert, promettant un monde ouvert gargantuesque et une aventure épique. Après plus de 80 heures passées à parcourir les régions de Pywel, le verdict est nuancé : le titre est capable du meilleur comme du pire, oscille constamment entre des moments de grâce et des choix de game design qui m’ont souvent interrogé. J’en parle longuement dans mon test, mais voici un avant-goût : c’est avant tout une expérience chaotique, mais pas dénuée de beauté pour autant.

Crimson Desert : un monde ouvert immense dont le contenu n’emballe pas totalement

Difficile de nier la générosité de Crimson Desert. Son monde ouvert est l'un des plus vastes et des plus denses jamais proposés dans le genre, offrant une liberté d'exploration totale qui rappelle par moments l'approche de Breath of the Wild. La sérendipité y est omniprésente : on dévie constamment de son objectif pour explorer des ruines, résoudre des énigmes environnementales ou collecter des artefacts dissimulés aux quatre coins de la carte. Comme je l'évoque dans mon test, pour peu qu'on adopte la bonne posture — celle du joueur de MMO qui vaque à ses occupations sans se prendre la tête avec le scénario —, l'expérience peut se révéler totalement captivante.

Crimson Desert n’honore pas toutes ses promesses, mais c’est l’un des mondes ouverts du moment : voici mon verdict en vidéo !

Cette générosité a pourtant un revers, et j'en parle plus largement dans mon test. Crimson Desert accompagne assez mal le joueur, notamment dans ses premières heures, et donne souvent la sensation d'accabler plutôt que d'éblouir. La gestion de l'inventaire, mal pensée, a longtemps constitué un frein majeur à l'exploration, même si un patch correctif a depuis été déployé. Les menus manquent de lisibilité, les allers-retours s'accumulent, et le contenu, aussi abondant soit-il, souffre d'un agencement qui rappelle trop les travers des MMO. Le syndrome du buffet à volonté, en somme : on picore de partout, sans être subjugué par les mets.

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Crimson Desert met sa narration en retrait et mise davantage sur un gameplay qui progresse sans cesse

Soulignons tout de même que le système de combat de Crimson Desert est l'un des atouts les plus solides du jeu, à condition de lui laisser le temps de s'exprimer. Brouillon et peu lisible dans ses premières heures, il se révèle progressivement généreux et permissif pour qui prend soin d'incorporer chaque mouvement à sa palette de jeu. Qui plus est, Crimson Desert offre également un peu plus de variété avec les deux autres personnages jouables. Dans mon test, je reviens en détail sur les combats de boss, clairement héritiers des Souls-like dans leur approche : ils constituent les moments les plus intenses de l'aventure, même si leur difficulté et leur agencement manquent parfois de cohérence. La progression, elle, repose sur la collecte d'artefacts et sur une mécanique d’apprentissage qu’on aimerait voir plus souvent dans ce type de jeu.

Crimson Desert n’honore pas toutes ses promesses, mais c’est l’un des mondes ouverts du moment : voici mon verdict en vidéo !

Là où le bât blesse le plus — et j'y consacre une large partie de mon test —, c'est du côté du scénario et de la narration. Le récit peine à décoller sur l'ensemble de l'aventure, les personnages restent en surface, et la mise en scène accuse un manque d'implication criant. Les chapitres s'enchaînent sans véritable liant, les ellipses se multiplient, et les moments propices à tisser un lien fort entre les membres du clan des Crinières Grises sont systématiquement manqués. Crimson Desert n'a certes jamais prétendu rivaliser avec un The Witcher III, mais il y avait les bases pour construire quelque chose de plus marquant. En l'état, c'est surtout aux joueurs d'écrire leur propre histoire — et quelque part, c'est peut-être ça, Crimson Desert.