Le jeu vidéo, c’était mieux avant ? Ce qui est certain, c’est que les années 1997-2002 ont été absolument folles dans le monde du jeu vidéo. Certes, la nostalgie a tendance à enjoliver les faits, mais il est objectivement difficile de trouver une autre période aussi intense que celle-ci dans l’industrie vidéoludique.
Cet article étant un billet d’opinion, il est par nature 100 % subjectif. L'avis de l'auteur est personnel et n'est pas représentatif de celui du reste de la rédaction de JV. Bonne lecture !
5 consoles de salon en 6 ans, qui dit mieux ?
Pour le joueur console que je suis, les années 1997,1998, 1999, 2000, 2001 et 2002 sont les meilleures. Six années où tout a évolué à une vitesse tellement dingue qu’il était difficile de tout suivre. Plaçons le contexte, en 1997, la Nintendo 64 sort en Europe avec Mario 64 tandis qu’en 2002, c’est Halo qui arrive chez nous sur Xbox. Seulement 5 années séparent ces deux jeux cultes, et pourtant, à l’écran, technologiquement, il y a un monde entre eux.
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu'entre 1997 et 2002 en Europe, nous avons vu débarquer pas moins de cinq consoles de salon, ce qui est absolument énorme, surtout si nous comparons à ce que nous avons aujourd’hui. Nintendo 64 (1997), Dreamcast (1999), PlayStation 2 (2000), Xbox (2002), GameCube (2002)... jamais autant de constructeurs ne se sont affrontés en si peu de temps, quand bien même SEGA aurait rapidement mangé la poussière. Si l’on ajoute les consoles portables (Game Boy Color, Neo-Geo Pocket Color, Game Boy Advance), cela fait monter le compteur à 8 consoles de jeux sorties chez nous en 6 ans.

Des machines de rêve pour une “guerre” cauchemardesque
Cette bataille acharnée pour s’imposer dans les salons de millions de personnes fait naître des jeux à la fois originaux, ambitieux et variés (nous y reviendrons). Elle cause aussi et surtout la disparition de SEGA du monde des constructeurs, qui a dû abandonner les consoles pour se concentrer sur l’édition. Alors qu’un nouveau guerrier entre dans l’arène avec la Xbox de Microsoft, Nintendo lutte comme il le peut contre un Sony qui enchaîne les succès spectaculaires avec ses PlayStation.
Dans les médias, les dirigeants de ces grands groupes s’envoient des piques monstrueuses. Lors d’un panel animé par Doug Lowenstein (président de l’Interactive Digital Software Association), pour ne citer que celui-ci, Kazuo Hirai de Sony inflige une véritable leçon de communication à Robbie Bach de Xbox, le forçant à reconnaître que tout ce que faisait Microsoft, c’était finalement “de copier Sony”. “Qui sera numéro deux ?”, s’amusait l’homme fort de PlayStation. Ces histoires font les grands titres des magazines de l’époque et insistent sur la grande agressivité des constructeurs.

De Mario 64 à Halo : des évolutions technologiques en ligne avec l'époque
Il y en a eu, des évolutions technologiques, durant cette période totalement folle ! Tout d’abord, nous sommes passés du support CD/cartouches au DVD (et mini-DVD) possédant une capacité de stockage supérieure. Ensuite les jeux ont bénéficié des architectures toujours plus performantes des machines, ce qui a permis d’explorer des mondes toujours plus vastes et détaillés. Mario 64, The Legend of Zelda : Ocarina of Time, Shenmue, Grand Theft Auto III, Mafia… tous sont arrivés à cette période. Quant à Halo, il a fait découvrir à beaucoup de monde les apports de bump mapping sur consoles, effet spécial qui simule de la 3D sur des textures 2D en fonction des sources lumineuses.

Enfin, il est impossible de ne pas évoquer l’arrivée d’Internet et du jeu en ligne. La Dreamcast est la première à avoir intégré un modem permettant de s’amuser avec des inconnus à l’autre bout du monde. ChuChu Rocket!, Quake 3 Arena, Phantasy Star Online… impossible de ne pas se rappeler avec émotion de nos premiers frissons en ligne sur console ! En 2002, la Xbox lance son Xbox Live aux Etats-Unis, mais les Européens devront attendre mars 2003 pour participer à des joutes explosives sur Unreal Championship.
Puisque nous évoquons la Xbox, la machine de Microsoft intègre également un disque dur en série. Cela permet d’installer ses musiques pour les mettre dans ses jeux favoris, de ne pas avoir besoin de carte de sauvegarde, et d’avoir des jeux plus rapides (grâce au cache). C’est également ce fameux disque qui permettra de télécharger des softs et d’accueillir les premiers patchs/DLCs. À l'instar de ce que nous avons aujourd'hui, en 2026.

Des jeux fous, ambitieux, mythiques… devenus des standards
Il est difficile de résumer ces folles années à seulement une vingtaine de jeux. Entre Final Fantasy VII, GoldenEye 007, Gran Turismo en 1997, The Legend of Zelda : Ocarina of Time, Metal Gear Solid, Half-Life en 1998, Shenmue, Unreal Tournament, Silent Hill en 1999, Deus Ex, Les Sims, Diablo II en 2000, Grand Theft Auto III, Halo : Combat Evolved, Max Payne en 2001 et Kingdom Hearts, Metroid Prime, The Elder Scrolls III : Morrowind en 2002… la liste est longue sans être exhaustive ! Il y a également des titres inclassables mais tellement marquants, tels que Parappa the Rapper, Rez, Jet Set Radio et beaucoup d’autres…
Des softs qui ont redéfini des genres entiers, qui ont introduit des mécaniques encore utilisées aujourd’hui, qui ont transformé le jeu vidéo en expérience narrative ou au contraire en simulateur de vie. Ils n’étaient pas que des bons jeux, ils ont su réinventer des genres et sont encore cités comme des références dans leurs catégories. C’est bien simple, dans le top trois des meilleurs jeux de tous les temps d’après le classement Metacritic, deux productions viennent de cette période avec The Legend of Zelda : Ocarina of Time et SoulCalibur.

Des années 1997 aux années 2002, le jeu vidéo a évolué à une vitesse sidérante, propulsé par la sortie de beaucoup de nouvelles consoles. Il n’a pas fait qu’évoluer, il a une nouvelle fois changé de dimension. En six ans, il est passé du loisir de jeune nerd à un divertissement consommé par presque tous, posant les bases de tout ce que nous connaissons aujourd’hui. Pour le meilleur (des mondes gigantesques jouables en ligne), comme pour le pire (des jeux qui sont terminés à coups de patchs).