En février 2025, lors du PlayStation Showcase, il était difficile de prévoir que Konami allait lorgner du côté du jeu indépendant. Le studio japonais a alors annoncé Darwin’s Paradox, un titre développé par ZDT Studios (des Parisiens !). Il mélange l’infiltration avec de la plateforme et se rapproche, s’étant officiellement inspiré, de Limbo et Little Nightmares. Darwin’s Paradox s’inscrit toutefois dans un autre registre, avec une technique impressionnante et une aventure qui fait passer par toutes les émotions.
C'est de la poulpe fiction
Le paradoxe de Darwin décrit une anomalie océanique : l’étonnante diversité des récifs coralliens au cœur des plaines abyssales. « Alors que la majeure partie de l’océan est très pauvre en nutriments, les zones isolées où se forment les récifs coralliens regorgent au contraire de ressources énergétiques qui stimulent les écosystèmes marins. » Paradoxe : comment cela s’est-il produit ? (Source : National Geographic)
Darwin’s Paradox est un jeu en 2 dimensions où l’on incarne un octopus. Au début de l’histoire, son ami et lui se font enlever par des aliens et atterrissent à des endroits différents : c’est à partir de là que commence votre mission pour aller sauver votre comparse. C’est Le Monde de Nemo, mais avec un poulpe quoi.

L'aventure de notre poulpe (que l’on va appeler Poulpy pour fluidifier le récit) se déroule dans des cadres différents. Poulpy commence dans une décharge avant de rejoindre une fournaise, puis passe par des fonds marins avant d’arriver dans des bureaux. Tout se déroule dans un univers futuriste fictif pris à la dérision. Certaines séquences se rapprochent de dessins animés pour enfants, notamment celles de courses-poursuites avec la mouette. De ce côté-là, même s’il est court (5 heures de jeu environ), Darwin’s Paradox fait sourire à de multiples reprises.
Gameplay - On se rapproche de Metal Gear Liquid : Solid Poulpe
Cette écriture décalée colle bien avec Poulpy. L’octopus du jeu vidéo dispose des mêmes capacités que les membres de son espèce dans la vie réelle. Il peut se coller à n’importe quelle paroi, peut cracher de l’encre pour s’enfuir, mais aussi se camoufler. C’est la première qui est surtout mise en avant, avec de jolies énigmes et des séquences de plateforme parfois pas évidentes !

Darwin’s Paradox fait du bon travail en alternant les différentes séquences. Poulpy doit parfois sauter de plateforme en plateforme, mais aussi se cacher grâce au mobilier présent. Il faut parfois activer des leviers au bon moment, se camoufler lors de la ronde de soldats… La majeure partie reste de l’infiltration et il est parfois ennuyeux de juste incliner le stick pour aller d’un point A à un point B. Reste que ces passages obligés marchent bien dans la proposition du jeu, mais il est clair qu’ils sont nombreux et peuvent rebuter ceux qui voudraient plus d’action.
Bref, une alternance d'activités qui ne lasse jamais d’autant qu’elles sont simples à comprendre mais efficaces, sauf par moments où il faut répéter ce que l’on vient de faire à l’excès. À titre personnel, je ne me suis jamais ennuyé durant l’aventure. Mais c’est probablement par là que le titre sombre. Le gameplay marche bien mais reste très classique et ne surprend jamais.

Une technique au-delà de leur ambiton
Toujours est-il que Darwin’s Paradox est irréprochable sur la forme. Le jeu est très beau, très lisible, avec un soin particulier apporté aux ambiances. Les jump scares m’ont fait plus peur que dans Dead Space et j’étais vraiment sous tension lors des nombreux moments où le jeu voulait que je sois tendu.
Je l’ai dit, Darwin’s Paradox ne brille pas par son gameplay. Mais c’est avec la variété des décors et des mises en scène dont on ne se lasse jamais. Poulpy doit se faufiler dans des endroits plus loufoques les uns que les autres et on se prend très rapidement au jeu.
Une technique impressionnante que l’on retrouve dans les cinématiques, plutôt nombreuses, mais on aurait préféré en voir plus. Avec du doublage et du dialogue, il est clair que l’on aurait pu avoir un film d’animation de bonne qualité !

Conclusion
Points forts
- Des bonnes séquences de plateformes, en plus d’être exigeantes
- Une technique impressionnante
- Immergé de A à Z
- Décalé, chaleureux et efficace
Points faibles
- Le gameplay classico-classique
- Des passages qui font remplissage
Note de la rédaction
Darwin’s Paradox est un jeu aux multiples qualités. Sa technique, sa direction artistique et sa réalisation sont impressionnantes malgré l’ambition qu’il affiche. L’idée d’incarner un octopus dans un jeu de plateforme et d’infiltration orienté cinématique est excellente et est bien exécutée, dans la lignée des inspirations du studio que sont Limbo et Little Nightmares. Surtout qu'il est bien plus chaleureux que ses modèles ! Reste que la quête de Poulpy n’a pas les épaules : le gameplay ne décolle jamais et peut vite être rébarbatif. Comme quoi, le paradoxe de Darwin peut aussi se poser à l’envers.