Depuis la sortie du premier jeu sur Nintendo 64 il y a 25 ans, Paper Mario est devenu une licence à part entière qui a traversé toutes les générations de consoles de Nintendo. Un épisode est vu comme le vilain petit canard par les fans… mais je ne suis pas d’accord !
Les jeux Paper Mario, comme leur nom l'indique, mettent en scène les aventures d'un Mario en papier dans un monde en 3D. Quand on pense à cette franchise de RPG, on pense forcément aux combats au tour par tour, qui ont marqué son identité. Super Paper Mario a voulu renouveler la formule sur Wii dans ce troisième opus, avec des affrontements en temps réel et du platforming. Un changement qui est très mal passé auprès des fans qui ont adoré Paper Mario : La Porte Millénaire, sorti juste avant sur Gamecube. Ce titre bénéficiait également d'une histoire très aboutie, avec de nombreux rebondissement. Pourtant, Super Paper Mario a de quoi surprendre les joueurs qui l'auraient jugé trop vite.
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Le gameplay le plus atypique de tous les Paper Mario
Déjà, il faut dire que Super Paper Mario venait exploiter le Motion Control de la Wii. C'est un titre qui a certainement voulu attirer de nombreux joueurs réfractaires au système RPG au tour par tour peu fluide. Le “système D” est un atout majeur qui permet de passer momentanément en “3D”, mais pas exactement comme on pourrait le penser. Dans les faits, vous passez d’un plan strictement en 2D à un autre où vous pouvez vous balader devant et derrière le décor visible auparavant. Il permet alors de découvrir des objets cachés et des plateformes qui étaient jusqu'ici invisibles. Par conséquent, cette mécanique ajoute beaucoup plus de profondeur qu’un simple Mario Bros en 2D. Pour cet aspect méta, je trouve que c’est le jeu qui exploite le plus brillamment l’aspect papier de cette licence, encore plus que les précédents.

Même si je reconnais que les deux premiers épisodes étaient de très bon RPG tour par tour, ceux qui suivent ont réintroduit la formule, mais l’ont un peu trop simplifié à mon goût. Désormais, il n’y a plus de progression avec de l’XP ou des badges, c’est beaucoup plus linéaire. Je me souviens de Paper Mario : Color Splash que j’avais bien apprécié dans l’ensemble, mais certains combats de boss nécessitent d’avoir un ou plusieurs objets précis pour être réussis. Soit dit en passant, c’est l'un des seuls jeux first-party de Nintendo qui est resté exclusif à la Wii U à ce jour.
Super Paper Mario a l’histoire la plus mémorable de la licence
Contrairement aux jeux Mario traditionnels, les RPG comme Paper Mario accordent beaucoup plus d’importance à l’écriture narrative. Comme tous les jeux de la licence, on a aussi le droit à un humour décalé, qui joue volontairement sur le fait que les personnages sont en papier. Mention spéciale à la traduction française qui a très bien retranscrit les différents jeux de mots pour mon plus grand plaisir, comme avec le nom du hub principal de Super Paper Mario.

Il y a une réelle continuité avec les anciens jeux avec la présence du sage Merlon, qui étoffe le lore et joue un rôle crucial dans l’aventure. De la même manière, on a probablement le bestiaire le plus grand et le plus varié de la saga, avec des ennemis communs et de nouveaux venus. Autre détail important, les antagonistes ne sont pas des personnages récurrents de l’univers de Mario. D’ailleurs, c’est l’un des seuls jeux, tout univers confondu, où l’on peut jouer Bowser en tant qu’antagoniste, durant presque toute l’aventure.
Sans trop spoiler, le Comte Niark est le grand méchant de Super Paper Mario, mais son histoire est vraiment touchante et explique clairement ses motivations. Ses acolytes ne jouent pas seulement le rôle de “boss intermédiaires", ils ont aussi chacun une personnalité bien marquée et des envies différentes. En réalité, s’ils obéissent aux ordres qu’on leur donne, c’est pour diverses raisons liées à leur passé. Sur le papier, c’était mission impossible pour réaliser un plot twist à la hauteur de Paper Mario : La Porte Millénaire, mais ce jeu a relevé le niveau. Encore aujourd’hui, Dimensio reste le personnage le plus marquant de tout l’univers Mario pour moi.

En dehors de Tippy, je reconnais que les Pixels sont des personnages moins marquants que les partenaires des autres jeux, puisqu’ils servent avant tout le gameplay. En réalité, le gros problème des Pixels c’est que la plupart ne servent que 2 ou 3 fois tout au plus pour résoudre des énigmes ou débloquer des passages. D’après moi, c’est le seul gros point noir du jeu. J’aurais préféré qu’il y en ai un peu moins mais qu’ils soient mieux exploités et développés. Pour le prochain nouveau Paper Mario, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de refaire un mélange de RPG et de plateformer, mais j'aimerais que Nintendo reprenne les meilleurs aspects de ce super titre.