L’industrie vidéoludique regorge de projets visionnaires parfois incompris. Avant la période popularité des “shooter lotter”, un jeu ambitieux a tenté de fusionner l’action nerveuse des FPS et les mécaniques de butin à la Diablo avant tout le monde. Malheureusement pour lui, il n’a pas rencontré le même succès que ses héritiers spritiruels.
Sorti en 2007, Hellgate : London fait figure d'anomalie sur le marché interactif de son époque. Ce jeu à la proposition singulière avait tenté d'imposer un concept original au croisement de 2 univers bien distincts. Si cela n'a pas pris à l'époque, il est depuis devenu la norme... un destin tragique !
Hellgate London, le premier "shooter looter" avant Borderlands et Destiny
Bien avant les succès colossaux de franchises majeures telles que Borderlands ou Destiny, Flagship Studios a conceptualisé l'idée de transposer le système de progression d'un Diablo au sein d'une expérience de FPS. L'objectif initial consistait à récompenser le public avec des objets générés de manière aléatoire après chaque victoire. Ce développeur californien ambitionnait une véritable révolution pour le secteur multijoueur. Malheureusement, cette vision globale s'est effondrée sous le poids de sa propre démesure.
Les développeurs de Flagship Studios ont cherché à accomplir différents objectifs en même temps, ce qui a fini par être trop. Ils ont mis au point une aventure solo, un modèle gratuit, une offre par abonnement et une infrastructure massive en ligne. Ce manque de focalisation a provoqué diverses défaillances techniques et une harmonie globale imparfaite. Le jeu a ainsi absorbé le choc d'un concept encore trop précoce. Peu après, d'autres firmes analyseront ces lacunes, comme Bungie et Gearbox Software, pour perfectionner la recette et séduire les foules pour le résultat que l'on connaît aujourd'hui.
Hellgate : London, un précurseur imparfait au charme indéniable
Pour remettre le jeu dans contexte, Hellgate : London se déroule dans une version détruite de la capitale britannique en l'an 2038. L'entreprise Flagship Studios, fondée par des anciens créateurs de Blizzard Entertainment, a conçu cette dystopie envahie par des créatures maléfiques et démoniaques. Dans ce cadre, les joueurs contrôlent 3 factions distinctes pour repousser cette menace infernale avec un arsenal futuriste.
À l'époque, lors de notre test, nous avions attribué la note de 15/20 à Hellgate : London. Nous avions particulièrement apprécié l'atmosphère globale très réussie, embellie par des doublages vocaux de grande qualité et une ambiance sonore immersive. Nous avons aussi loué le caractère addictif des affrontements et la longue durée de vie de la campagne.

En revanche, nous avions sanctionné un manque d'inspiration dans la conception architecturale. Nous avons aussi regretté une progression très linéaire au sein de couloirs répétitifs. L'intelligence artificielle était aussi plutôtdéfectueuse et le titre souffrait de baisses de fluidité à de nombreuses occasions. Malgré ces problèmes, Hellgate : London conserve un charme indéniable par sa direction artistique soignée, mais aussi par son rôle de précurseur du genre du "shooter looter" qui a depuis évolué comme on a pu le voir dans les Battle Royale, puis les Extraction Shooter.