L'évolution de WarioWare : d'un échec cuisant à une série culte de Nintendo

Titre original : Cette série de Nintendo est unique en son genre. Elle est née d’un échec cuisant avant de devenir culte

Plus de 80 millions. C’est le nombre de Game Boy Advance vendues dans le monde entre 2001 et 2008, ce qui en fait la 11ème console la plus populaire de tous les temps. Et parmi les cultissimes Pokémon Rubis, Mario Kart : Super Circuit ou Sonic Advance, un titre sort du lot.

En juin 2001 sort la Game Boy Advance (GBA) chez nous. Quelques mois plus tard, c’est au tour de l’iconique Wario Land 4 de débarquer sur la console portable estampillée Nintendo. Le succès est immédiat ; le rival maléfique de Mario s’impose encore un peu plus comme une figure majeure du géant japonais. Mais ce n’est qu’en 2003 que Wario revient, et cette fois dans un jeu… pas comme les autres : WarioWare, Inc. : Mega Mini-Jeux. Ce titre, dont va naître une licence à part dans le paysage vidéoludique, amène un concept novateur pour l’époque. Un concept qui aurait pourtant pu ne jamais voir le jour.

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De la déroute du 64DD…

Remontons dans le temps. À la toute fin de l’année 1999, Nintendo met en vente un périphérique de la console Nintendo 64. Le 64DD (Disk Drive) n’est disponible que dans le pays du Soleil levant, mais le géant nippon est assez sûr de son coup et prévoit même des sorties nord-américaines et européennes. Mais les Etats-Uniens et nous n’en verront jamais la couleur…

L’idée est pourtant intéressante sur le papier : faire communiquer 2 jeux, l’un sur la N64 au format cartouche et l’autre sur le 64DD au format disque, pour accueillir des projets plus ambitieux ou des extensions. Sauf que l'accumulation des retards laisse la concurrence prendre de l’avance sur le plan technique, et le faible nombre de jeux disponibles à la sortie finit par tuer l’intérêt des joueurs pour la machine. En un peu plus d’un an, seuls 15 000 exemplaires sont vendus. Un four monumental.

Cette série de Nintendo est unique en son genre. Elle est née d’un échec cuisant avant de devenir culte

Parmi les rares titres rendus disponibles sur le 64DD, il y en a un qui nous intéresse particulièrement : Mario Artist : Polygon Studio. Sorti dans la même période que ses frères Paint Studio et Talent Studio, ce logiciel expérimental permet aux joueurs de créer leurs propres ressources 3D. Et dans ce jeu un peu atypique, un mode se démarque des autres car il ne demande pas de la créativité, mais des réflexes. Le nom de ce mode ? Sound Bomber. Ici, le but est d’enchaîner une dizaine de mini-jeux avec une limite de temps très courte et dans l’idée de faire le meilleur score possible. Vous voyez déjà où je veux en venir…

Goro Abe, programmeur sur Wario Land 4, voit dans ce concept un grand potentiel et décide de ne pas le laisser mourir avec le 64DD. Pour l’équipe Nintendo R&D1 (la plus ancienne équipe de Recherche et de Développement du géant japonais, à l’origine de Donkey Kong ou Mario Bros, rien que ça) et lui, il s’agit d’un projet de cœur. Ils sont souvent chargés de trouver des concepts de game design sans pour autant faire naître un jeu, alors ils souhaitent pour une fois rendre une idée concrète. Et vous l’avez deviné, ce concept a pour nom… WarioWare.

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… à la réussite d’un genre tout entier

Dans WarioWare, Inc. : Mega Mini-Jeux sur GBA, le motard à la casquette jaune découvre une nouvelle façon de gagner de l’argent : créer des jeux vidéo. Mais il souhaite le faire… à sa manière. Il recrute alors ses amis pour produire une série de mini-jeux absurdes, dont le gameplay est ultra-rapide. L’objectif est d’enchaîner les micro-jeux (qui ne durent que quelques secondes chacun) aux objectifs variés, comme éviter les obstacles, appuyer au bon moment ou éliminer des ennemis dans le temps imparti. Plus les jeux s’enchaînent, plus la vitesse augmente, ce qui rend les derniers défis d’autant plus difficiles. Chaque personnage est plus loufoque que le précédent et apporte son propre univers… et ses propres règles.

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Si vous connaissez sûrement déjà le concept, ce que vous ignorez sûrement, c’est que tous les mini-jeux de Mario Artist : Polygon Studio sont toujours présents dans WarioWare, et à peine modifiés ! Liste non-exhaustive : Jump est devenu Crazy Cars, Block est devenu Diamond Dig, Roulette est devenue Wario Whirled… Plus encore, le stage d’introduction de WarioWare se déroule dans un boombox, en référence à Sound Bomber ! Mais il est possible que R&D1 ne se soit pas inspiré que de Polygon Studio, bien que le logiciel de la 64DD reste la référence la plus évidente.

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Bishi Bashi Special et Incredible Crisis, sortis respectivement en 1998 et en 1999 sur PS1, ressemblent étonnamment à WarioWare. Ou devrais-je plutôt dire, WarioWare ressemble beaucoup à ces deux jeux, tant par la mécanique (mini-jeux qui s’enchaînent) que par l’humour burlesque et l’univers coloré. Seule différence notable : Wario devient le liant entre tous les mini-jeux, et par conséquent le premier protagoniste emblématique du genre.

Quant à la licence, elle devient un porte-étendard du savoir-faire de Nintendo. 8 autres opus ont été publiés sur diverses consoles du géant japonais, dont Touched! sur DS, Smooth Moves sur Wii ou Get It Together! et Move It! sur Switch. Peut-être qu’un neuvième WarioWare est en développement pour la Switch 2, qui sait…