Arnold Schwarzenegger déconstruit le mythe du self-made man et souligne l'importance de l'aide dans son parcours

Titre original : "Honnêtement, l'idée du self made man est un mythe" Arnold Schwarzenegger revient sur son succès à Hollywood

Même au cinéma, l’image du self made man a la vie dure. Et parmi ceux qui pourraient en être de bons exemples, on retrouve bien sûr Arnold Schwarzenegger. Pourtant, lui-même ne souhaite pas être décrit de la sorte.

Arnold Schwarzenegger, l’incarnation du self-made man ?

En plus d’être une véritable star mythique de Hollywood depuis les années 80 jusqu’à aujourd’hui, Arnold Schwarzenegger est également connu pour son histoire personnelle, bien loin de celles des nepo babies habituels qui pullulent à Hollywood. Né en 1947 dans un petit village d’Autriche, il a vécu une enfance assez rude à cause notamment d’un milieu peu aisé et d’un père violent ayant même adhéré au parti nazi avant sa naissance. Très tôt cependant, il se fait un nom dans le domaine du culturisme, et finit par remporter le titre de M. Europe en 1966 avant de partir pour les Etats-Unis en 1968 dans le cadre de sa carrière sportive.

"Honnêtement, l'idée du self made man est un mythe" Arnold Schwarzenegger revient sur son succès à Hollywood

Selon la biographie de Schwarzenegger, l’acteur serait arrivé dans le pays de l’oncle Sam avec seulement 20 dollars en poche et une maîtrise de l’anglais très approximative. Pourtant, en à peine plus d’une dizaine d’années, il réussit à se faire un nom à Hollywood en décrochant notamment les rôles de Conan le Barbare, puis du Terminator dans le film de James Cameron. A partir de là, il devient un véritable mythe américain jusqu’à embrasser une carrière politique et se faire élire gouverneur de Californie, l'État le plus riche du pays.


L’acteur remet les choses au clair

Quand on lit la vie d’Arnold Schwarzenegger, on ne peut que le décrire comme l’incarnation même du rêve américain, ou du self-made man. Pour rappel, ces concepts sont centraux aux Etats-Unis et décrivent la possibilité théorique pour n’importe qui de réussir sa vie grâce à la force de sa conviction et de son travail, sans forcément être issu d’une famille aisée. Bien sûr, même s’il recense encore quelques croyants aujourd’hui, le rêve américain ne convainc plus grand-monde à l’ère où le capitalisme et le néolibéralisme font la loi et où la plupart des gens qui accèdent à la richesse le font par héritage. Et finalement, même les quelques exemples qui pourraient correspondre à la description du self-made man tendent à rappeler qu’ils ne se sont pas faits tout seuls. C’est en tout cas ce qu’a rappelé Arnold Schwarzenegger dans un discours tenu face aux étudiants de l’Université de Houston en mai 2017 :

Désormais, sur les diplômes, il n'y aura qu'un seul nom, et ce sera le vôtre. Mais j'espère que cela ne vous laissera pas croire que vous êtes arrivé là par vous-même. Non, ce n'est pas le cas. J'ai eu besoin de beaucoup d'aide. Personne ne peut réussir seul . Personne. Pas même celui qui vous parle en ce moment, le plus grand culturiste de tous les temps. Je ne suis pas arrivé là par moi-même. Accepter ce mérite ou cette médaille reviendrait à minimiser le travail de tous ceux qui m'ont aidé à en arriver là, qui m'ont conseillé, qui ont fait des efforts, qui m'ont relevé quand je suis tombé. Le concept même de l'homme ou de la femme qui s'est fait tout seul est un mythe. Assurez-vous que ce ne soit pas une question de « moi ». Assurez-vous que ce soit une question de « nous ». Transformez le « je » en « nous », et je vous garantis que vous pouvez changer le monde.

"Honnêtement, l'idée du self made man est un mythe" Arnold Schwarzenegger revient sur son succès à Hollywood

S’il ne minimise bien sûr pas son travail au cours de sa vie, Schwarzenegger rappelle dans ce discours qu’il a été aidé par de nombreuses personnes sans lesquelles sa vie serait bien différente aujourd’hui. Il cite notamment ses camarades de la salle de sport qui ont pu lui apporter des oreillers, des assiettes, des couverts et tout ce qui pouvait lui manquer lors de son arrivée aux Etats-Unis. Bien sûr, il en a aussi profité pour remercier James Cameron et d’autres personnalités d’Hollywood qui ont pu lui faire confiance alors qu’il n’était pas issu de ce milieu. Comme quoi, même si Schwarzenegger est bien un self-made man, même lui rappelle que ce n’est qu’une exception, et non la règle.