Accusations de harcèlement sexuel contre MrBeast : une ex-employée dénonce un climat toxique au sein de Beast Industries

Titre original : “Des accusations fabriquées de toutes pièces” : Le plus gros YouTuber du monde est dans la tourmente

Derrière l’image spectaculaire des vidéos, une ancienne salariée de la société de production de MrBeast porte aujourd’hui des accusations sérieuses devant les tribunaux. La compagnie, de son côté, conteste fermement l’ensemble des faits reprochés.

Même si vous ne regardez pas, impossible que vous ne sachiez pas qui est MrBeast. Avec plus de 479 millions d’abonnés cumulés sur YouTube, le créateur s’est imposé grâce à des vidéos spectaculaires mettant en jeu des sommes d’argent colossales. Mais derrière cette image grand public, le tableau semble bien plus sombre. Une ex-employée de Beast Industries, la société de production du YouTuber, a engagé des poursuites judiciaires contre son ancien employeur pour harcèlement sexuel.


Un climat de harcèlement et des humiliations récurrentes

Lorrayne Mavromatis, ex-community manager, affirme avoir été victime de harcèlement de la part de l’ancien PDG de Beast Industries, James Warren, et indique avoir été rétrogradée après avoir dénoncé ces agissements. Recrutée en 2022 comme responsable du compte Instagram, elle atteste par exemple avoir été obligée de participer à une téléconférence en plein accouchement, puis d’avoir continué à travailler pendant son congé maternité.

Dans sa plainte déposée devant le tribunal du district Est de la Caroline du Nord, elle décrit un climat généralisé de discrimination et de harcèlement. Elle y accuse Warren de l’avoir contrainte à des entretiens individuels à son domicile, au cours desquels il faisait des remarques sur son apparence et rejetait ses plaintes concernant les avances insistantes d’un client masculin, lui disant “qu’elle devrait être honorée que le client la drague”.

Mavromatis relate également un épisode au cours duquel elle aurait demandé à Warren pourquoi MrBeast ne collaborait pas directement avec elle. Il lui aurait répondu qu’elle était une très belle femme et que son apparence a un effet sexuel certain sur Jimmy (MrBeast, ndlr) et que “quand vous êtes présente et qu’il va aux toilettes, il ne les utilise pas vraiment”. L’ancienne employée décrit aussi toute une série d’autres humiliations, comme le fait que le vidéaste lui aurait dit qu’elle “ne participerait à son tournage vidéo que si elle lui apportait une bière”.

“Des accusations fabriquées de toutes pièces” : Le plus gros YouTuber du monde est dans la tourmente

“Des déclarations délibérément mensongères” selon l’entreprise de MrBeast

Beast Industries, qui est valorisée à plus de 5 milliards de dollars en bourse et compte environ 500 employés, a rapidement rejeté l’ensemble des allégations. Dans un communiqué, Gaude Paez, porte-parole de l’entreprise, a jugé les accusations “ridicules” et fabriquées de toutes pièces dans le seul but de faire les gros titres. Le texte enchaîne ainsi :

Cette plainte, motivée par la recherche de notoriété, repose sur des déclarations délibérément mensongères et des affirmations catégoriquement fausses, et nous en avons la preuve. De nombreux éléments de preuve – notamment des messages Slack et WhatsApp, des documents d'entreprise et des témoignages – réfutent sans équivoque ses allégations. Nous ne nous laisserons pas manipuler par des avocats opportunistes qui cherchent à s'enrichir à nos dépens.

Image des Beast Games, show inspiré de Squid Games et diffusé sur Amazon Prime

“Des accusations fabriquées de toutes pièces” : Le plus gros YouTuber du monde est dans la tourmente

Dans les pièces remises au tribunal, Mavromatis affirme avoir déposé une plainte en novembre 2023 auprès de Sue Parisher, mère de MrBeast et responsable des ressources humaines à l’époque. L’ancienne salariée explique que l’entreprise ne disposait alors d’aucun mécanisme de signalement dédié à de tels problèmes, les employés étant orientés vers un manuel interne intitulé “Comment réussir dans la production de MrBeast. Ce document contenait des conseils tels que “Ce n'est pas grave si les garçons sont immatures”, “Si les talents veulent dessiner un pénis sur le tableau blanc pendant la vidéo ou faire une bêtise, laissez-les faire” et Un non ne veut pas dire non. Ce sera donc à la justice américaine de faire toute la lumière sur l'histoire. Pour l'instant, aucun date d'audience n'est encore prévue.