Lorsque des vétérans du 10e Art ambitionnent de révolutionner l’Action-RPG, ils ne font pas les choses à moitié. Depuis plusieurs années, les studios polonais Rebel Wolves s’affairent sur un projet qui leur tient à coeur et qui compte bien marquer l’industrie vidéoludique et les joueurs. The Blood of Dawnwalker peut-il devenir la nouvelle référence du genre ? Voici nos impressions.
Lors d’un événement organisé dans les locaux de Rebel Wolves situés à Varsovie en Pologne, la rédaction de JV a pu découvrir 90 minutes de gameplay exclusives commentées et interviewer plusieurs membres clés des équipes dont le Creative Director (Mateusz Tomaszkiewicz), un Environment Artist (Adam Payet) et le Lead Quest Designer (Rafał Jankowski). Cette session "hands off" s’est focalisée sur la première heure de jeu, puis la fin du prologue. Notre preview repose donc sur ce qui nous a été présenté ainsi que sur les intentions et les promesses des studios.
Une histoire vampirique à écrire
The Blood of Dawnwalker repose sur une promesse simple sur le papier, mais ô combien difficile à concrétiser. Rebel Wolves souhaite nous offrir une liberté totale au cœur d’un monde réagissant dynamiquement à nos moindres faits et gestes. Tous les choix effectués, même les plus insignifiants, ne sont pas sans conséquences et devraient impacter l’histoire à court, moyen et long terme. Les développeurs nous invitent à prendre les commandes du récit et à écrire notre propre version de la tragique et vampirique histoire de Coen.
Le titre raconte une tragédie fantastique, celle d’une région oubliée des Carpates dans l’Europe centrale du XIVe siècle frappée par les guerres et décimée par la Mort noire. C’est dans ce contexte que les vrakhirs prennent le contrôle de la vallée et imposent un nouvel ordre à ses habitants, celui du sang. Coen, le fils aîné d’une famille humble et respectée, assiste impuissant à la mort et à l’enlèvement des siens avant d’être transformé en créature vampirique par le nouveau seigneur immortel de la région… Brencis. Il ne reste alors à Coen que 30 jours pour trouver un moyen de sauver sa famille et de mettre un terme au règne des vampires.

Ce compte à rebours, qui avance inexorablement, une quête après l’autre, est l’une des grandes forces de The Blood of Dawnwalker. Cet Action-RPG nous donne un objectif simple et nous impose une deadline desquels découlent une aventure unique faite d’opportunités, de refus et d’embranchements scénaristiques. Bien que plusieurs moments clés, tels des jalons narratifs, nous soient imposés, notre aventure dépend “vraiment” de nous, de nos décisions, de nos actions et même de nos inactions. Du peu que nous avons pu voir, la quête la plus infime peut influer sur le reste de l’aventure, même de manière minime, et orienter le destin de Coen.
Pour bien comprendre à quel point le projet de Rebel Wolves mise sur une liberté totale, il est théoriquement possible de tuer n’importe quel personnage croisé dans ces montagnes, de foncer au château de Brencis dès le premier jour (et d’y laisser sa peau), de forger des alliances, de trahir, d’être trahi, et bien plus encore… le tout étant directement lié à vos choix et à vos actions. Reste à voir si cette promesse de liberté tiendra sur la durée, mais ces premiers instants dans les Carpates donnent envie d’y croire. Les cinématiques, d’excellente facture, renforcent par ailleurs l’épique d’une histoire dont nous sommes, sous les traits de Coen, les héros et qui devrait durer une cinquantaine d'heures.

Une Europe médiévale fantastique à explorer
Nous sommes en 1347 après Jésus Christ dans la région des Carpates, au cœur d’une vallée fictive inspirée de nombreuses cultures européennes, à commencer par la Roumanie, la Pologne ou encore les Balkans. Rebel Wolves ne cherche pas à recréer une zone géographique préexistante, mais à inscrire son univers dans une période précise, celle du XIVe, sans courir après l’historicité. Le monde de The Blood of Dawnwalker se veut à la fois crédible, et non réaliste, et fantastique avec la présence des vampires et ce n’est pas tout.
L’étrange passe par de petits éléments disséminés ici et là, par une bâtisse imposante aux éclairages surnaturels, par des ruines révélant l’existence d’une ancienne civilisation. Chaque lieu tend à raconter une histoire, son histoire et à en dévoiler un peu plus sur cette région oubliée. Pour ce faire, les artistes ont puisé dans les architectures d’époque, dans les peintures ainsi que dans le folklore et les légendes inhérentes à la fin du Moyen-Âge. Il en résulte un monde vivant, fourmillant de détails et revisitant l’Histoire avec un grand H.

Le village de la famille, les forêts avoisinantes, une sombre caverne, etc., l’exploration des premières zones ne laisse planer aucun doute quant au plaisir ressenti à parcourir une carte aux dimensions honorables. Cette dernière participe à narrer l’histoire de Coen sans faire dans la surenchère. Les villes, les villages, les forêts, les marais, les montagnes, les champs ne sont pas là pour faire de la figuration, mais dans un but précis… participer à notre épopée vampirique et lui donner du sens.
Rebel Wolves peut compter sur le moteur de jeu Unreal Engine 5 pour faire de cette région médiévale fantastique une réalité, grâce notamment aux fonctionnalités Nanite et Lumens. Elles permettent respectivement d’afficher toujours plus de détails 3D et de rendre la lumière dynamique toujours plus réaliste sans faire chuter les performances. Et le résultat est à la hauteur d’un jeu vidéo de 2026. Le monde de The Blood of Dawnwalker est vivant, regorge de détails et pourrait bien se hisser à la hauteur des maîtres techniques du genre.

Humain vs. vrakhir. : 2 voies sanglantes à emprunter
Coen est un “dawnwalker”, soit une variante du vampire capable de supporter le soleil, ce qui lui permet d’agir de jour comme de nuit, et donc à sa convenance. Cependant, ce n’est pas sans conséquences, comme toujours avec cet Action-RPG. Rebel Wolves mise énormément sur cette dualité “humain versus vrakhir” pour rendre chaque aventure unique. La résolution des quêtes diffère ainsi grandement selon l’heure de la journée et il est parfois préférable d’attendre l’aube ou le crépuscule pour agir selon votre style de jeu et vos impératifs narratifs.
Les studios polonais nous mettent face à un choix cornélien - embrasser notre nature vampirique ou au contraire la réfréner - et il ne tient qu’à nous de trancher. Notre héros peut compter sur une magie de sang et ses talents de bretteur pour se défendre sous l’astre solaire et sur ses griffes ainsi que ses aptitudes de Vespéral (vampire diurnambule) sous l'astre lunaire. Bien que le système de combat reste globalement le même avec son principe d’attaques, contres et parades directionnelles, ils diffèrent par les capacités utilisées, leur brutalité et la manière ou encore la manière de se soigner.

Les affrontements, nerveux et sanglants, nous paraissent suffisamment techniques pour séduire les amateurs de défis tout en restant accessibles à un public plus “casual”, histoire de contenter tout le monde. De plus, Action-RPG oblige, The Blood of Dawnwalker se dote des mécaniques inhérentes au genre avec son gain d’expérience, sa montée de niveau, l’obtention de nouvelles aptitudes (humaines, vampires ou partagées) passive ou actives et pour finir la gestion d’un équipement, entre armures, épées et divers items.
Bien entendu, la forme vampirique de Cohen ne vient pas sans son lot d'inconvénients, le principal étant la gestion de sa faim (ou de sa soif de sang). Sans trop en révéler, il est déconseillé d’aller parler à quelqu’un de nuit le ventre vide. Pour rappel, aucun PNJ, pas même les figures d’autorité de la vallée et les personnages clés du récit, ne sont à l’abri d’une mort prématurée. Et à la question “Peut-on transformer quelqu’un en vampire ?”, il nous est difficile d’y répondre sans spoiler.

Rebel Wolves souhaite marquer le 10e Art et révolutionner l’Action-RPG en 2026, et pourrait bien être en passe d’y arriver. The Blood of Dawnwalker brille d’ores et déjà par ses visuels, son univers médiéval fantastique et ses combats, mais son véritable atout est ailleurs. Il se trouve dans cette liberté qui nous est offerte de vivre une aventure "unique”. Si le résultat est à la hauteur des promesses faites par les studios polonais, nous assisterions en 2026 à l’avènement d’un nouveau maître du genre.