Half-Life, Counter-Strike, Dota 2… Derrière tous ces grands noms se cache un seul et même studio de légende : Valve. Mais, si vous êtes un fin connaisseur de l’histoire du jeu vidéo, vous avez sûrement remarqué que j’ai omis de citer une licence…
La suite culte… d’un jeu déjà culte. C’est ça, Portal 2. Sorti en 2011, il s’impose comme l’un des tout meilleurs jeux de réflexion. Pour concevoir ce titre, Valve reprend la majorité des éléments qui ont fait le succès du premier opus (notamment le principe des portails) et y ajoute de nouvelles mécaniques, un scénario encore plus développé et un mode coopératif. Pourtant, derrière ce succès attribué à la boîte américaine, une autre histoire existe. Une histoire qui a pour protagonistes des étudiants, dont les idées ont façonné le jeu que l’on connaît tous aujourd’hui. Mais une histoire qui ne leur a malheureusement pas apporté le succès escompté.


Des étudiants pleins d’idées novatrices…
Redmond, État de Washington, États-Unis. Nous sommes au milieu des années 2000. 7 étudiants de DigiPen, une université privée qui met l’accent sur les jeux vidéo, développent un prototype nommé Narbacular Drop. Ici, pas d’usine infernale, de salles d’épreuves ou de machines futuristes. C’est une princesse qui tente de s’échapper de son donjon à l’aide de portails magiques. Mais ce qui attire l'œil de Valve, c’est le gameplay et son implémentation technique. La mécanique des portails repose sur un principe simple : laisser croire au joueur que c’est du gâteau, alors que c’est en réalité un cauchemar à concevoir. Et pourtant, ces étudiants ont réussi le coup.


Bluffé par ce projet, le président de la boîte américaine Gabe Newell en est convaincu : il doit embaucher ces 7 talents. 2 ans plus tard, Portal naît et va marquer l‘histoire du jeu vidéo. Donc, quand vient le moment de développer la suite, 5 d’entre eux restent chez Valve. Et pour renforcer les effectifs, le studio retourne fouiller… chez DigiPen. Les étudiants de cette école devaient être sacrément doués. Cette fois, Valve recrute les créateurs d’un projet nommé Tag : The Power of Paint. C’est un jeu de puzzle qui demande d’utiliser différentes couleurs de peinture pour altérer les propriétés physiques des surfaces environnantes. Une mécanique que le studio va également reprendre, pour en faire la grosse nouveauté de Portal 2 : les gelées colorées. Rebelote.


… mais sans reconnaissance de l’industrie
L’école DigiPen ne demandera jamais de royalties, estimant qu’elle pourrait gagner assez en visibilité. Un pari qui semble s’être transformé en échec, les deux premiers Portal s’étant écoulés à 4 millions d’exemplaires chacun tandis que les étudiants sont tombés dans l’oubli. Aujourd’hui, Portal 2 est disponible sur Steam au prix de 10€ (un jeu Valve sur la plateforme de Valve, c’est assez drôle). Vous pouvez aussi redécouvrir ce classique sur PlayStation, Xbox et Switch… en vous rappelant que la licence n’existerait pas sans cette poignée d’étudiants.