“Vertes Feuilles”, “le seigneur des cadeaux”, “l’elfe au bâton magique”, etc… Les noms de Seigneur des Anneaux cachent parfois de drôles de surprises !
Gandalf, Aragorn, Sauron ou encore Legolas… Si vous êtes amateur de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, vous avez entendu ces noms des dizaines et des dizaines de fois. Mais vous vous êtes peut-être moins demandé ce qu’ils signifient vraiment et d’où ils viennent. Grand passionné de linguistique, l’auteur britannique a en réalité glissé dans les noms de ses personnages de nombreux indices sur leur identité et leur nature.
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Les noms en langues elfiques
En plus d’être un expert des langues européennes, Tolkien s’était aussi lancé dans la création de ses propres langages. Les plus complets sont ceux des Elfes, comme le quenya et le sindarin. On retrouve d’ailleurs chez plusieurs personnages des noms construits à partir de différents mots issus de ces langues elfiques.

Ainsi, le nom de Legolas fait référence à ses origines sylvestres. En sindarin, “laeg” évoque la couleur verte, tandis que “golas” signifie “feuilles” au pluriel. L'héritier du royaume de la Forêt Noire se nomme donc littéralement “Vertes Feuilles”. De son côté, Galadriel possède également un nom construit en sindarin : “galad” veut dire lumière, et “riel” désigne une femme couronnée d’une guirlande. La dame du Bois d’Or est ainsi appelée “la dame couronnée d’une guirlande de lumière”, sans doute en référence à sa chevelure resplendissante.
Bien qu’Aragorn ne soit pas un elfe, son nom provient lui aussi du vieux sindarin. “Ara” renvoie à la noblesse ou à la royauté, tandis que le suffixe “gorn” peut évoquer la vénération. Le nom de l’héritier du Gondor peut donc être traduit par “roi vénéré”. Dans les récits de Tolkien, Aragorn porte également d’autres noms : Elessar, qui signifie “pierre elfique”, Thorongil, soit “aigle de l’étoile”, ou encore Estel, qui veut dire “espoir”. Le nom de sa bien-aimée Arwen fait lui aussi référence à ses origines : “ar” évoque la noblesse et “wen” signifie “demoiselle”. En sindarin, son nom veut simplement dire “demoiselle de haute lignée”.

Le Seigneur des Ténèbres possède lui aussi un nom issu des langues elfiques. En quenya, Sauron signifie “l’Abhorré”, ce qui reflète bien la haine qu’il inspire en Terre du Milieu. À l’origine, il portait le nom de “Mairon”, qui signifie “l’Admirable”. Lorsqu’il se déguise pendant le Second Âge, il prend le nom d’Annatar, formé de “anna” (cadeau) et “tar” (seigneur). Il se fait alors appeler “le seigneur des cadeaux”, en référence aux anneaux qu’il offre aux peuples de la Terre du Milieu, des présents trompeurs destinés à les soumettre à sa volonté.
Les noms en langues germaniques
Tolkien était passionné par les langues germaniques, en particulier celles du Moyen Âge. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait intégré cette famille linguistique dans la création de ses personnages. L’exemple le plus marquant est celui de Gandalf. À l’origine, il comptait attribuer ce nom au chef des Nains Thorin dans Le Hobbit, avant de finalement le donner au légendaire magicien. Ce nom provient d’un ancien poème en vieux norrois où apparaît un personnage appelé Gándalfr, un terme formé de “gandr” (bâton ou objet magique) et de “alfr” (elfe). Gandalf, que l’on peut traduire par “l’elfe au bâton magique”, ferait référence au fait que le magicien gris était souvent pris pour un elfe lors de ses voyages.

Aussi issu du vieux norrois, le nom Gimli vient du mot “Gimlé”, que l’on peut traduire par “hall du feu” ou “lieu lumineux et protégé”. Dans la mythologie nordique, il s’agit d’un lieu céleste où se rassemblent les survivants du Ragnarök. Ce choix de nom peut ainsi correspondre au tempérament guerrier et protecteur du personnage, tout en faisant écho à son destin, puisqu’il quitte la Terre du Milieu pour rejoindre les Terres Immortelles, une sorte de jardin d’Éden du monde de Tolkien.
Smaug, l’antagoniste du Hobbit, a lui aussi un nom issu des langues germaniques. Le patronyme de la créature vient du verbe proto-germanique “smugan”, qui signifie “ramper/se glisser dans un trou”. Un choix qui fait directement référence au fait que le dragon est enfoui sous la Montagne Solitaire pour protéger son trésor. Dans les premières versions du roman, Tolkien l’appelait également Pryftan, un mot gallois signifiant “ver de feu”.
Les noms issus de l’anglais
Plusieurs noms proviennent également de la langue maternelle de Tolkien, ou plus précisément, du vieil anglais, avant que celui-ci n’incorpore un très grand nombre de mots français. Frodon provient du vieil anglais “frod”, qui signifie “sage”. Une qualité dont le hobbit a dû faire preuve pour amener l’Anneau Unique jusque dans les flammes de la Montagne du Destin. Eowyn, héroïne du Rohan qui n’a pas hésité à affronter le seigneur des Nazgûl, tire également son nom du vieil anglais. “Eoh” fait référence aux chevaux, symbole de sa terre d’origine, tandis que “wyn” évoque la joie.

Arachne, la créature monstrueuse qui attaque Frodon et Sam dans Le Retour du Roi, entre également elle aussi dans cette catégorie. Dans la version anglaise originale, elle s’appelle en réalité Shelob. Ce nom est un mélange du pronom féminin singulier “she” et du mot “lobbe”, qui signifie en vieil anglais “araignée”. Le nom de Saroumane vient lui aussi de la langue anglaise. En vieil anglais, “saru” peut signifier “habile” ou “rusé”. Un terme à double sens, parfois négatif, à l’image de Saroumane, cet “homme rusé” qui finit par trahir ses alliés pour rejoindre l’ennemi.