Alors que Washington s’apprête à rembourser des milliards de dollars de taxes douanières jugées illégales, Nintendo fait face à la grogne de sa communauté. Des consommateurs américains accusent l’entreprise de profiter du système, au détriment des joueurs.
Depuis quelques jours, l’administration étasunienne a entamé le remboursement de milliards de dollars de taxes, désormais jugées illégales, après des entreprises importatrices. Nintendo, avec ses consoles et ses jeux vidéo, fait partie des centaines de milliers d’entreprises qui ont été touchées par ces droits de douane. Problème : la hausse des prix qui a suivi ces tensions commerciales a été supportée par les joueurs. Et ils comptent bien récupérer leur argent.
Voir la Nintendo Switch 2 sur Amazon
Un rétropédalage sur les taxes douanières
Donald Trump avait promis que sa politique douanière apporterait une manne financière massive à l’État fédéral. Mais aujourd’hui, la réalité semble tout autre. La Cour suprême des Etats-Unis a jugé illégaux les droits de douane mis en place depuis 2025, ouvrant ainsi la voie à un remboursement massif. Pour restituer les sommes indûment perçues, Washington s’apprête à signer un chèque de plus de 166 milliards de dollars, à distribuer entre plus de 330 000 sociétés. Depuis une semaine, les sociétés lésées peuvent soumettre leur réclamation, tandis que les paiements devraient s’échelonner sur plusieurs mois.
Donald Trump annonçant les nouveaux droits de taxe en avril 2025

En tant qu’importateur, Nintendo fait partie des sociétés concernées par ces remboursements. L’entreprise japonaise a d’ores et déjà annoncé vouloir récupérer son dû, mais le chemin pourrait se révéler semé d’embûches. Le principal obstacle ne viendrait pas du gouvernement américain, mais d’une procédure judiciaire lancée par ses propres clients.
“Nintendo s’est rendue coupable de pratiques déloyales”
Deux joueurs, originaires des États de Washington et de Californie, ont ainsi engagé un recours collectif contre la filiale américaine du géant nippon du divertissement. Leur argument est simple : lorsque les taxes américaines sont entrées en vigueur, Nintendo n’a pas assumé seul le surcoût, mais a répercuté ces hausses sur le prix de ses produits. Ce sont donc les consommateurs finaux qui en ont subi les conséquences. La plainte précise qu’au printemps 2025, Big N a relevé le prix des accessoires de la Switch 2. La manette Pro est ainsi passée de 80 à 85 dollars et le dock de 110 à 120 dollars. Même la Switch 1 a vu son prix augmenter de 30 à 50 dollars selon les versions.

Selon la plainte, Nintendo aurait adopté des pratiques considérées comme déloyales et trompeuses vis-à-vis des consommateurs, au mépris de la législation américaine :
Nintendo s'est rendue coupable de pratiques déloyales en : (i) augmentant ses prix en raison des droits de douane ; (ii) omettant de divulguer son intention de demander le remboursement de ces droits ; et (iii) conservant les remboursements obtenus alors qu'elle avait répercuté ces coûts sur ses clients
Nintendo n’est pas la seule entreprise concernée par ce type de procédure. La chaîne de supermarchés américaine Costco fait également l’objet d’une plainte similaire. Toutefois, contrairement à Big N, elle a indiqué qu’elle utiliserait les remboursements pour réduire ses prix à l’avenir. De son côté, le géant japonais du jeu vidéo n’a, à ce stade, pris aucun engagement pour restituer le moindre montant aux consommateurs. Difficile pour l’instant de prévoir l’issue de la plainte, la situation étant totalement nouvelle et sans jurisprudence pour servir de référence. De plus, cette bataille juridique se jouant exclusivement sur le sol américain, elle ne devrait a priori pas avoir d’impact direct sur le marché européen.