Après cinq ans d’absence au cinéma et trois fois plus dans le jeu vidéo, l’agent secret le plus célèbre du monde reprend du service sur PC et consoles en 2026. À quelques semaines de la sortie de 007 First Light, la rédaction de JV a enfilé le costume de James Bond durant quelques heures. Voici nos premières impressions sur le jeu d’action-aventure développé par IO Interactive, les studios derrière la saga Hitman.
Lors d'un événement organisé à Londres par IO Interactive, la rédaction de JV a pu découvrir 007 First Light durant 3h30 suite à une rapide présentation. Cette session couvrait les deux premiers niveaux ainsi qu'un dernier plus avancé situé au milieu de l'aventure. Un rapide entretien avec le Senior Combat Designer Tom Marcham nous a également apporté quelques éléments de réponse supplémentaires.
Du pur James Bond
007 First Light n’est pas une adaptation d’un film préexistant. Au contraire, le titre de IO Interactive relance la franchise en jeu vidéo suite à la fin tragique de Daniel Craig dans Mourir peut attendre (2021) avec un nouveau James Bond âgé de 26 ans, ce qui en fait le plus jeune de toute la saga. Les plumes des scénaristes offrent aux fans une Origin Story captivante qui reprend les grands archétypes du genre, tout en les renouvelant quand cela s’avère nécessaire. Le 007 de 2026 n’est pas le 007 des années 80, et c’est une excellente chose.
Nous sommes face à du pur James Bond dans ce qu’il peut avoir de grandiloquent, de téméraire, d’insouciant, mais aussi de mélancolique par instant. La mise en scène s’attèle à souligner les instants clé d’une histoire digne du 7e Art avec ses rebondissements (attendus ou non), ses séquences explosives 100% épiques et bien d’autres passages obligés pour toute aventure se voulant fidèle au légendaire 007. Les cinématiques ne sont pas en reste et assurent le spectacle, liant les phases de gameplay entre elles, et contant un récit haletant et surprenant.

007 First Light s’offre les services de plusieurs acteurs et actrices hollywoodiens reconnus afin de se donner les moyens de ses ambitions cinématographiques. Aux côtés de Patrick Gibson qui prête sa voix à James Bond se tiennent Lennie James (Greenway), Priyanga Burford (M), Alastair Mackenzie (Q), Kiera Lester (Moneypenny), Noemie Nakai (Ms. Roth), Gemma Chan (Dr. Selina Tan) et Lenny Kravitz (Bawma). Cette aventure dont la durée avoisinerait les 20 heures de jeu ne compte pas faire de la figuration avec son casting digne du grand écran.
Après avoir fait preuve d'héroïsme lors d'une mission en Islande, James Bond, alors jeune officier de la Navy, est recruté au sein du programme Double 0. Lorsqu’une opération destinée à éliminer un espion rebelle tourne au désastre, il se voit contraint de collaborer avec son mentor Greenway afin de mettre au jour un complot susceptible d’ébranler les plus hautes sphères du pouvoir.

Un voyage aux quatre coins du monde
Une aventure de James Bond ne serait pas la même sans un tour du monde digne de ce nom et IO Interactive ne fait pas les choses à moitié en 2026. Les globetrotters de canapé pourront ainsi découvrir dans la peau du légendaire 007 plusieurs destinations iconiques dont le littoral d’Islande, l’île de Malte ou encore le quartier de Kensington situé dans le cœur de Londres. Dépaysement garanti d’autant plus que les studios ont énormément travaillé sur leur moteur de jeu interne afin de représenter au mieux ces lieux d’exception.
Développé sous Glacier, First Light se distingue par sa gestion des lumières, notamment de nuit, ses environnements somptueux, ses foules vivantes et ce sens du détail qui rend l’univers “réaliste”. Tout n’est pas parfait pour autant. Le titre souffre de quelques bugs visuels mineurs, d’animation parfois rigides et d’un manque d’expression dans le regard de ses personnages. Cependant, le gap technique franchi entre la trilogie Hitman et cette nouvelle adaptation de 007 est indéniable. Il est tout simplement plaisant d’explorer les zones semi-ouvertes reproduites à échelle 1:1 ou imaginée pour l’occasion par les artistes des studios, et même de s’y perdre. Un agent secret doit savoir contempler et prendre son temps.

Un monde d'espionnage
La création de IO Interactive repose sans grande surprise sur les fondamentaux et les acquis de la trilogie Hitman, non sans quelques modifications essentielles pour faire de 007 First Light “Un monde d'espionnage”. La dimension “espion” du titre repose sur les mécaniques issues des aventures de l'agent 47 auxquelles se greffe l'ADN de la saga britannique. Les gadgets, marque de fabrique de 007 (montre laser, smartphone à fléchettes, lentille de recherche, etc.), mais aussi la possibilité de leurrer, distraire et bluffer les ennemis, transforment habilement l'assassin en espion. Et les studios intègrent parfaitement cette approche créative dont ils ont le secret au sein de zones semi-ouvertes offrant diverses opportunités pour arriver à nos fins.
Ces dernières n'impactent en rien l'histoire de James Bond, mais ajoutent une certaine rejouabilité aux différentes missions. De plus, l'infiltration demeure toujours aussi efficace et prenante face à une intelligence artificielle ayant du répondant bien que permissive. Cependant, plusieurs obstacles/énigmes s’avèrent trop téléphonés, usant de poncifs vidéoludiques qui auraient pu être évités ou contournés. Fort heureusement, cela ne ruine en rien l'expérience concoctée par IO Interactive qui conserve ce réalisme propre à la formule. Enfin, la scène de torture, sans trop en dire pour ne pas ruiner la surprise, devrait raviver quelques “bons” souvenirs des cinéphiles.

De l'action débridée
La principale faiblesse de la saga Hitman résidait dans ses phases d’action jugée trop mollassonne. IO Interactive se devait de corriger sa copie pour rendre justice au savoir-faire des agents 00 en la matière, et nous pouvons désormais assurer que James Bond est un être compétent et surtout dangereux. 007 First Light s’inspire notamment des sagas Uncharted, The Last of Us, mais aussi de Sifu, pour rendre ses combats réalistes, dynamiques via l’utilisation de l’environnement et assurément brutaux. Le plus frappant demeure la facilité déconcertante avec laquelle 007 passe du corps-à-corps au gunplay, et inversement, le temps d'une "danse" mortelle grisante.
Cette fusion des styles permet à ce membre du MI6 de se défaire de plusieurs ennemis avec ses poings avant de faire parler la poudre, à condition que son permis de tuer soit activé. L’Action avec un grand A ne se résume pas pour autant au seul système de combat, aussi bon soit-il. Plusieurs séquences “scriptées” (courses-poursuites, etc.) sont là pour souffler un vent épique sur une aventure prompte à sortir les grands moyens. 007 First Light veut être digne de la saga cinématographique et fait tout ce qui est en son pouvoir pour arriver à ses fins.

007 First Light peut-il supplanter GoldenEye dans le cœur des fans ? Ce ne sera pas chose aisée pour cette adaptation signée IO Interactive, mais pas impossible. Avec son histoire originale centrée sur un James Bond jeune, son cocktail vidéoludique mêlant espionnage, infiltration et action et sa promesse de parcourir le globe dans la peau du plus célèbre des agents secrets, ce jeu d’action-aventure pourrait bien devenir le meilleure représentant de la saga, à condition d'épicer l'expérience au fil du récit.