L'impact du Tamagotchi sur la parentalité moderne : entre anxiété et intelligence émotionnelle des générations 80-90

Titre original : Cette psychologue affirme que si vous êtes nés dans les années 80 et 90, la mort de votre Tamagotchi a fait de vous des parents différents…

Dans la seconde moitié des années 90, le Tamagotchi était le jouet électronique phare ! Parmi les enfants ayant grandi à cette période, ils sont nombreux à avoir eu le destin de la petite créature que cet appareil renfermait entre leurs mains. Plus qu’une distraction, la gestion de son Tamagotchi s’est transformé en un terrain d’entraînement, et c’est un sujet qui a intrigué la psychologie. Après avoir étudié le phénomène, cette psychologue en a conclu que le Tamagotchi avait fait de vous des parents différents !

Le Tamagotchi, un jouet qui nous préparait déjà à notre future parentalité

Si vous avez grandi dans les années 80 et 90 et que vous rêviez d’avoir un animal de compagnie, au point de harceler vos parents jour et nuit, il y a de fortes chances que vous ayez hérité… d’un Tamagotchi. En 1996, ce petit jouet électronique fait irruption sur le marché et fait un carton. En l’espace de 30 ans, on estime qu’il s’en est vendu 100 millions d’exemplaires !

Alors, oui, on voyait ça comme un divertissement anodin, mais il se jouait bien plus que ça… Son Tamagotchi, il fallait le surveiller et répondre à ses moindres besoins, sous peine de le voir mourir subitement. D’ailleurs, les premières versions de ce jouet pouvaient être très punitives. Une demi-journée d’inattention, et c’était foutu…

Cette psychologue affirme que si vous êtes nés dans les années 80 et 90, la mort de votre Tamagotchi a fait de vous des parents différents…

Parmi les enfants, bon nombre ont dû se confronter à l’angoisse de cette perte ou à affronter des crises de larmes, preuve que l’utilisation d’un Tamagotchi n’était pas simplement une activité récréative. Avec le temps, ça a permis de mettre en avant un phénomène (L’Effet Tamagotchi) qui soulignait la tendance à créer des liens émotionnels intenses, parfois obsessionnels, avec des entités inanimées ou des objets simulant des besoins humains.

Du côté de la psychologie, la psychologue Sherry Turkle présente cette réaction comme le témoignage d’une prédisposition innée à soigner autrui et à être soigné. Pour les enfants concernés, l’utilisation du Tamagotchi était un premier terrain d’entraînement à l’autonomie adulte, à la parentalité et, par extension, à la lecture et à la régulation des émotions, ainsi qu’au développement de comportements empathiques, notamment dans les soins.


Si vous aviez un Tamagotchi dans les années 90, vous êtes peut-être un parent trop angoissé…

En réalité, plus l’enfant s’investissait dans la surveillance et dans l’apport des besoins de son Tamagotchi, plus la disparition de cette routine quotidienne s’avérait dur à encaisser. Une fois devenus adultes, les enfants de cette génération ont (dans certains cas) développé une obsession pour la disponibilité constante, une hyper-vigilance vis-à-vis de leurs propres enfants, ce qui s’expliquerait par un formatage induit par les habituelles sollicitations (les petits bips émis par l’appareil) du Tamagotchi.

Le revers de la médaille, c’est que cette obsession a pu, dans certains cas, se transformer en une angoisse maternelle ou paternelle, renforcée par le développement et l’utilisation de certaines technologies liées à la surveillance numérique et à la géolocalisation, recréant le stress de l’écran du Tamagotchi.

Cette psychologue affirme que si vous êtes nés dans les années 80 et 90, la mort de votre Tamagotchi a fait de vous des parents différents…

Aujourd’hui, un grand nombre de parents pratiquent le « tethered monitoring » pour s’assurer que leurs enfants se portent bien en toute circonstance, et tout ceci a des conséquences directes sur leur charge émotionnelle, car on estime que près de 46% des parents Millenials (aussi appelée génération Y, entre 1980 et 2000) se sentent en situation de burnout.

Néanmoins, il y a quand même du positif dans cet entraînement aux émotions par le biais du Tamagotchi puisque 74% d’entre eux pratiquent une parentalité « douce », axée sur une intelligence émotionnelle forte, un respect des limites et une communication ouverte avec leurs enfants.

On constate aussi une prise de recul sur cette surveillance exacerbée parce qu'il se produit chez certains un retour au « slow parenting » des années 90, soit l’enfance qu’ils ont eux-mêmes connue et tentent de reproduire, et une plus grande disponibilité pour l’enfant, plutôt qu’une surveillance trop stricte.