Dépenser des dizaines de millions de dollars ne suffit pas à faire d’une production ambitieuse un succès. Ce long-métrage, étonnamment discret alors qu’au casting figure notamment Anthony Mackie, est visiblement en train d’en faire les frais.
L'Arabie Saoudite entre dans les salles obscures
Si l'industrie cinématographique mondiale est actuellement dominée par Hollywood, il existe d'autres puissants pays producteurs à commencer par l'Inde. L'Union européenne et la France ne sont pas en reste, de même que la Chine qui, de son côté, opte encore pour son marché local en priorité. Désormais, il va falloir compter sur l'Arabie saoudite, dont le développement a été réorienté vers le rayonnement culturel et le soft power. Le pays sait que les réserves de pétrole ne sont pas illimitées et a donc massivement investi dans le jeu vidéo et le cinéma dans le cadre de son projet Saudi Vision 2030. Un soft power vivement critiqué en raison des agissements des gouvernants vis-à-vis des droits humains et des suspicions visant le prince héritier.
Quoi qu'il en soit, le premier blockbuster saoudien est arrivé au cinéma et c'est un petit événement en soi. Avec un budget estimé à 150 millions de dollars, Desert Warrior intègre un casting solide et de grosses ambitions techniques. Le groupe saoudien MBC est coproducteur de ce long-métrage réalisé par Rupert Wyatt. Le film se déroule au VIIe siècle dans une Arabie préislamique en pleine mutation. Anthony Mackie y incarne un guerrier inconnu venant en aide à la princesse arabe Hind. Celle-ci fuit l’empereur iranien Kisra qui veut faire d’elle sa concubine contre sa volonté. Un thème relativement neutre pour cette superproduction qui a connu bien des tracas. La pandémie de 2020 est venue mettre à mal la production du film, puis ce fut au tour de différents créatifs majeurs qui ont poussé le réalisateur à quitter le projet avant d'y revenir pour le montage final.

Des premiers chiffres catastrophiques
Ce fut ensuite au tour des projections tests, desquelles sont ressortis 25 % d'avis positifs seulement. Des reshoots ont donc été effectués pour tenter de corriger les choses. Finalement sorti le 24 avril dernier aux États-Unis, Desert Warrior semble pour le moment très, très loin de ses ambitions. D'après les estimations de Box Office Mojo, le long-métrage de 2h06 n'aurait rapporté que 487 848 dollars en une semaine. Sans être gigantesque, la distribution est plutôt solide avec une programmation effectuée dans un peu plus de 1 000 salles. Ce n'est visiblement pas mieux ailleurs car l'intérêt a également été faible en Arabie saoudite et dans d'autres pays de la région.
Les chiffres fiables restent encore largement indisponibles, mais Box Office Mojo indique que Desert Warrior n'aurait généré que 29 660 $, plaçant ce projet à la 14e place du box-office local. Un résultat catastrophique s'il venait à être confirmé. Actuellement, Desert Warrior dispose d'une note de 29 % sur Rotten Tomatoes auprès des critiques professionnels et de 61 % auprès du public. Plusieurs médias spécialisés soulignent que l'ensemble est très propre visuellement, que les effets pratiques sont à leur place et qu'il y a de bonnes idées, mais que l'ensemble est trop plat pour susciter l'envie ou générer un souffle épique.