L’HoloLens de Microsoft promettait de transformer nos salons en terrains de jeu numériques grâce à la réalité augmentée. Retour sur une prouesse technologique de l’E3 qui a fini par délaisser le jeu vidéo.
Le futur du gaming nous tendait les bras il y a dix ans. Souvenez-vous de cette démonstration spectaculaire où un joueur manipulait un monde Minecraft directement posé sur une table de salon. Ce n'était pas de la magie, mais la promesse de l'HoloLens, le casque de réalité augmentée de Microsoft qui n'est jamais arrivé jusqu'au grand public.
Un spectacle millimétré pour la scène de l'E3
La mise en scène de Xbox avait laissé les spectateurs bouche bée. En voyant ce Minecraft matérialisé dans le monde réel, le public a cru tenir la prochaine révolution technologique. La réalité en coulisses était cependant moins fluide, puisque la caméra de démonstration nécessitait des dizaines de milliers d'euros d'équipement pour simuler l'effet du casque.
Aujourd'hui, vous transportez une partie de cette technologie dans votre poche sans même le savoir. Les capteurs LiDAR présents sur nos smartphones modernes sont les descendants directs des scanners 3D de l'HoloLens. Cette technologie permet d'analyser les distances en temps réel pour superposer des modèles numériques, un principe que l'on retrouve désormais dans les filtres IA de nos réseaux sociaux.
Du salon de jeu aux champs de bataille
Le passage de la démo à la commercialisation a révélé les failles majeures de l'appareil. Malgré son prix prohibitif de plusieurs milliers d'euros, le premier HoloLens souffrait d'un défaut rédhibitoire : son champ de vision. L'affichage des hologrammes se limitait à une zone minuscule au centre du regard, ce qui a cantonné l'outil à un usage strictement professionnel et industriel.
Microsoft a bien tenté de redresser la barre avec une deuxième version. Plus performant et plus ergonomique, l'HoloLens 2 a pourtant fini par s'éloigner totalement de l'univers du gaming. La firme a préféré pivoter vers des contrats massifs avec le secteur militaire, laissant derrière elle le projet de construire des châteaux forts virtuels sur nos tables de salon.