Longtemps promis aux fans de la firme de Kyoto, le septième volet de la saga Final Fantasy a finalement brisé le cœur de Nintendo pour rejoindre Sony. Retour sur un divorce technologique qui a changé la face du jeu vidéo.
L'histoire du jeu vidéo est jalonnée de rendez-vous manqués, mais celui-ci reste sans doute le plus douloureux pour les fans de Big N. Alors que la licence était historiquement liée aux consoles de Nintendo, le passage à la troisième dimension a provoqué un séisme industriel. Ce qui devait être le fer de lance de la Nintendo 64 est devenu, par la force des choses, l'argument massue de la PlayStation.
Une claque technique restée à l'état de fantasme
Tout commence en 1995 lors d'un salon qui va marquer les esprits. À cette époque, la folie Final Fantasy VI n'est pas encore retombée que SquareSoft décide de frapper un grand coup en présentant une démo technique révolutionnaire. Les spectateurs découvrent alors leurs héros favoris, ceux d'FF6, engagés dans des combats entièrement modélisés en 3D. Pour le public de l'époque, c'est un choc visuel sans précédent.
Cette fameuse démonstration ne tourne pas sur n'importe quelle machine : on dit qu'elle exploite les capacités des prototypes de la future Nintendo 64. Naturellement, la presse spécialisée s'emballe et les magazines du monde entier titrent sur l'arrivée imminente de Final Fantasy VII sur la nouvelle console de Nintendo. Pour tout le monde, le mariage entre le géant du RPG et le constructeur japonais semble inébranlable.
La guerre technologique entre cartouche et CD-ROM
Le rêve va pourtant s'effondrer à cause d'un choix matériel de Nintendo qui s'avérera fatal pour cette collaboration. En coulisse, les équipes de SquareSoft se heurtent à une réalité technique insurmontable : le support cartouche. La Nintendo 64, malgré sa puissance, utilise des cartouches à la capacité de stockage dérisoire face aux ambitions démesurées de ce nouvel épisode.
Le calcul est alors simple mais terrifiant pour les développeurs. Pour contenir l'intégralité de l'aventure, des cinématiques et des musiques de FF7, la console de Nintendo aurait eu besoin de 30 cartouches. À l'inverse, le format CD-ROM de la PlayStation permet de faire tenir l'expérience sur seulement trois disques. Cette différence de coût de production et cette liberté créative ont poussé SquareSoft à trahir son partenaire historique pour rejoindre l'écurie Sony, changeant à jamais l'équilibre des forces sur le marché des consoles.