Tandis que l’ombre de la conclusion de la trilogie Final Fantasy VII Remake plane de plus en plus sur le monde du jeu vidéo, Square Enix pose les pierres d’une nouvelle ère pour la saga Final Fantasy. Après des années d’étroite collaboration avec PlayStation, l’éditeur japonais renoue avec son premier amour : Nintendo. Désormais, le présent se conjugue aussi avec la Nintendo Switch 2. Une porte d’entrée vers un avenir plus prospère que sous l’égide exclusive de Sony ? Pour moi, c’est la meilleure chose qui puisse arriver à Final Fantasy.
Final Fantasy et Nintendo, une idylle qui reprend petit à petit
Pendant des années, Square (avant sa fusion avec Enix, les papas de Dragon Quest) et Nintendo ont marché main dans la main, bâtissant ensemble la popularité de la franchise Final Fantasy. Or, comme on le sait, l’idylle s’est estompée lorsque Sony a lancé sa PlayStation sur le marché.
Si la saga n’a jamais vraiment quitté les consoles de Nintendo, la branche principale a bel et bien construit le reste de sa légende sur les futures machines du constructeur. L’épisode qui a instigué ce mouvement, c’est Final Fantasy VII, et c’est désormais tout un symbole de le voir revenir sur la Nintendo Switch 2, dernière console de Nintendo.

Il faut dire que le prestige de Final Fantasy reste le même aux yeux des fans. Mais, pour le grand public, qui s’est renouvelé par la même occasion, la saga n’a plus la même aura. Alors, lorsque l’un des projets les plus coûteux et ambitieux de Square Enix doit consolider son identité auprès d’un public bien plus large, le choix de Nintendo paraît évident.
Pour ma part, ce retour est une décision plus que louable pour Final Fantasy. Nintendo représente les premiers émois des joueurs avec la licence. C’est aussi le constructeur qui a permis l’émergence de titres annexes marquants — je n’oublierai jamais Final Fantasy Tactics Advance, ni Crystal Chronicles par exemple —, et celui qui représente désormais la flexibilité grâce à cette console que l’on peut à la fois entreposer dans un salon et emmener partout avec nous.

En ce qui concerne l’avenir de la saga, ça me paraissait inconcevable que Square Enix fasse l’impasse sur le potentiel ludique de la Nintendo Switch 2. D’ailleurs, l’éditeur a prouvé qu’il devait renouer avec ces machines (les portages, les spin-offs) et s’en servir comme d’un atout majeur, à l’image de la récente présentation de la version Nintendo Switch 2 de Final Fantasy XIV.
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Je suis convaincu que l’alliance retrouvée entre Square et Enix est la meilleure décision pour l’avenir de Final Fantasy
En 1997, Final Fantasy VII marque donc la transition entre l’ère Nintendo et l’ère PlayStation. Bien qu’il y ait eu de gros succès commerciaux grâce à l’épisode précédemment cités et les suivants, une décision bien particulière va lui causer du tort.
Se transformer en une exclusivité PlayStation, ça donne un cachet un peu prestigieux, une forme de reconnaissance de la part de la marque avec qui la saga entretient une relation privilégiée. Sauf que cette médaille a également un revers, et il n'arrive pas au meilleur moment.

Avec le projet Fabula Nova Crystallis (composé notamment de Final Fantasy 13 et Versus 13 (devenu Final Fantasy 15)), Final Fantasy a renvoyé l’image d’une saga qui a eu du mal à avancer, à négocier le virage de la fin des années 2000 et du début des années 2010.
Final Fantasy 13 se décline en plusieurs volets comme Final Fantasy 10, mais sans reproduire son succès commercial, et Versus 13 connaît un développement cauchemardesque qui, malgré les 10 millions de copies écoulées, a laissé des traces. Tant chez Square que dans l’inconscient collectif, d’ailleurs.

En soi, Final Fantasy se vend, mais ne fait plus autant rêver. Du coup, Square Enix sort la carte du remake de Final Fantasy 7, tandis qu’une autre partie des équipes chapeaute Final Fantasy XVI, pensé comme une porte d’entrée « action » parfaite pour le grand public.
Bien sûr, l’industrie a évolué et les récents chiffres sont à remettre en contexte, mais les scores de Final Fantasy XVI et le manque d’indicateur financier sur la réussite de la trilogie Remake démontrent que la saga s’est légèrement ostracisée. Renouer avec Nintendo est donc une décision plus que sensée, en plus d’être symbolique.

Pour mieux marquer ce retour, c’est Final Fantasy VII Remake Intergrade qui a été choisi. Une porte s’est fermée avec Final Fantasy VII, une nouvelle s’ouvre avec le portage de la version PS5 de FF7 Remake. En amont du lancement sur la Nintendo Switch 2, Naoki Hamaguchi, réalisateur de Rebirth (le second volet) m’avait confié qu’il y voyait « une manière de se tourner vers l’avenir », et pas seulement pour la trilogie Remake.
Si même le réalisateur de Rebirth et sa suite y voit une perspective d’avenir, c’est que la saga ne pouvait pas prendre une meilleure décision pour perdurer. D’ailleurs, Hamaguchi a évoqué une fois de plus « ce premier pas vers une évolution beaucoup plus durable et une très bonne relation (avec Nintendo) » auprès du média Ntower.
Naoki Hamaguchi says FF VII symbolizes the series departure from Nintendo platforms, so it's special that the Remake Trilogy is coming to Switch 2:
— Stealth (@Stealth40k) May 6, 2026
"To everyone in the Nintendo community, thank you for waiting so patiently for so long. I believe Final Fantasy VII is remembered… pic.twitter.com/ExxtM95L4R
Il a notamment expliqué que « le fait de proposer Remake et Rebirth sur la Nintendo Switch 2 rêvet pour nous une importance émotionnelle toute particulière » et que ce projet « (...) sert également de porte d’entrée à ceux qui découvrent cet univers pour la première fois ». Difficile de ne pas y voir un appel du pied aux anciens et aux néophytes, ainsi que l’amorce d’un virage important pour la saga.
Pour l’instant, Square Enix semble focalisé sur la trilogie Remake et sur la version Switch 2 de Final Fantasy XIV, et ça paraît logique. Mais entre les rumeurs persistantes d’un remake de Final Fantasy 9 et, surtout, le champ des possibles en ce qui concerne son futur (la conception d’un nouveau volet (Final Fantasy XVII) ou le fantasme d’une refonte (avec des projets moins onéreux, plus fréquents et fidèles aux piliers de la saga)), la saga peut potentiellement entrer dans une nouvelle ère salvatrice grâce à cette décision.