Assassin’s Creed Black Flag Resynced, remake du quatrième opus de la saga, est attendu pour cet été sur la plupart des consoles. Ce retour de la piraterie fait l’impasse sur une machine très populaire, soulevant de nombreuses questions.
Le secret le moins bien gardé d'Ubisoft est connu de tous depuis plusieurs semaines maintenant. Assassin's Creed Black Flag Resynced, première remake d'un épisode de la célèbre franchise, débarquera le 9 juillet prochain sur nos machines. Si l'absence d'une version pour l'ancienne génération de consoles coule de source, une autre omission au casting des plateformes compatibles laisse franchement perplexe.
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L'incompréhensible mise à l'écart de la Nintendo Switch 2
L'éviction de la PlayStation 4 de l'équation semble tout à fait logique, le jeu original de piraterie ayant déjà fait le grand écart entre cette dernière et son aînée, la PS3, lors de sa parution initiale. Ceux qui veulent en profiter sur les anciennes machines peuvent d'ailleurs toujours se tourner vers le jeu original. Cependant, le véritable éléphant dans la pièce reste l'absence totale de version pour la dernière console de Nintendo. Cette décision prise par Ubisoft paraît étonnamment dénuée de sens quand on se penche sur l'historique récent et prolifique de l'éditeur breton avec le célèbre constructeur japonais.

La franchise aux assassins a en effet multiplié les portages sur les machines de Nintendo ces dernières années, tissant un lien de confiance solide avec ce public friand d'aventures nomades. Plus troublant encore pour justifier cette impasse, le gargantuesque Assassin's Creed Shadows, le dernier né de la licence, a réussi à se frayer un chemin sur Switch 2 en décembre dernier. Si cette puissante console hybride parvient à faire tourner un monde ouvert next-gen aussi récent et massif, on peine sincèrement à croire qu'elle puisse trébucher sur la refonte d'un titre conçu originellement en 2013. Surtout qu'il s'agirait là d'une cartouche parfaite pour séduire une audience un peu plus mature, désireuse de s'éloigner des expériences plus familiales de la Switch.
Limites techniques sur Switch 2 ou un simple retard stratégique ?
Face à cette situation quelque peu ubuesque, plusieurs hypothèses majeures se dégagent pour tenter d'expliquer l'abse,ce d'une version Switch 2. La première piste nous mène directement vers des contraintes d'ordre purement technologique liées aux ambitions mêmes du projet. Le cahier des charges de cette version modernisée promet en effet une refonte en profondeur de l'expérience d'origine, repoussant les limites de ce qui avait été accompli à l'ère de la PS3 et de la Xbox 360, aussi bien concernant les graphismes que le gameplay.
Avec la disparition des temps de chargement, une météo dynamique et des effets maritimes visant l'ultra-réalisme, ce remake flambant neuf pourrait tout simplement s'avérer trop exigeant pour la console hybride de Nintendo. Il est fort possible que ces impressionnantes ambitions visuelles et techniques soient encore trop difficiles à concilier avec l'architecture embarquée d'une console portable, du moins sans devoir faire des concessions visuelles jugées inacceptables.

La théorie du portage décalé
Toutefois, une seconde grille de lecture, nettement plus stratégique et commerciale, semble possible. Si l'on repense avec attention au lancement d'Assassin's Creed Shadows sur la dernière machine de Nintendo, il est crucial de ne pas oublier que ce portage spécifique a nécessité pas moins de huit mois de développement supplémentaires par rapport aux éditions PC et consoles de salon.
Il est donc tout à fait envisageable qu'Ubisoft applique méticuleusement la même feuille de route pour cette exaltante aventure caribéenne. Un portage spécifiquement dédié à la Switch 2 pourrait très bien être secrètement en préparation dans les studios pour une sortie ciblée en fin d'année. Cette fenêtre de tir savamment décalée offrirait aux développeurs le temps nécessaire pour peaufiner sereinement l'optimisation du jeu, tout en garantissant à l'éditeur un second souffle commercial particulièrement lucratif lors de la très disputée période des fêtes. Reste à patienter pour savoir si l'avenir donnera raison aux contraintes techniques ou au calendrier financier.