Vous pensiez le MCU indétrônable ? Pourtant, c’est au Japon que Marvel a trouvé son second souffle ces dernières années. Grâce à un partenariat historique avec le géant Shueisha, les Avengers ont troqué leurs collants pour le noir et blanc des pages du Weekly Shonen Jump.
Tout a commencé par un constat simple : Marvel voulait conquérir le Japon, et la Shueisha, via le Weekly Shōnen Jump, détenait les clés du marché du manga. Cette alliance a donné naissance à des projets hybrides comme le recueil Marvel × Shonen Jump+ Super Collaboration, permettant à des mangakas de réinterpréter les icônes américaines. Mais toutes les bonnes choses ont une fin : la Shueisha a officiellement annoncé la fin de son accord de publication avec le géant américain le 31 mars dernier.
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Quand Deadpool s’invite au Pays du Soleil Levant
Le cœur de ce crossover, c'était la réécriture totale des codes, avec en tête de proue Deadpool : Samurai. Dans ce manga, Wade Wilson ne se contentait pas de blagues à New York ; il s'installait à Tokyo et détruisait littéralement les bureaux de la Shueisha pour son grand final. Le récit adaptait le comics à une narration shonen dynamique, mêlant humour absurde et combats chorégraphiés. Mais avec la fin du partenariat, ces aventures ne connaîtront pas de suite, laissant Deadpool s'éloigner vers le soleil couchant.

Cette collaboration a aussi permis d'explorer des duos improbables, comme dans Ultraman: Along Came a Spider-Man. Ici, Peter Parker faisait équipe avec le géant japonais face au Docteur Doom. Si cette série continue sous le titre d'Ultraman, la partie "Spider-Man" vient de s'achever au chapitre 43, confirmant le retrait progressif de Marvel du monde du manga. C'était une fusion organique où les auteurs japonais s’appropriaient les Vengeurs pour en faire des figures locales de Shibuya.
Une alliance stratégique pour l'empire du divertissement
Pourquoi Marvel et la Shueisha s'étaient-ils unis ? D'abord, pour capter une audience "Z" et "Alpha" qui dévorent les mangas sur smartphone. Marvel a compris que le manga dépassait parfois le comics sur son propre terrain et qu'il fallait parler cette langue visuelle. Mais ce divorce stratégique pose question : Marvel recule-t-il pour mieux sauter, peut-être vers l'animation ? Pour l'instant, c'est le silence radio, mais le potentiel de voir les Avengers en version "Studio Madhouse" reste un rêve pour beaucoup.

Côté Shueisha, l'intérêt était tout aussi massif : consolider leur statut de leader mondial en accueillant des icônes planétaires. Collaborer avec Marvel était une consécration, offrant à de jeunes mangakas une rampe de lancement internationale. En créant ces ponts, les deux géants ont réussi à mélanger les communautés : les otaku se sont mis aux super-héros, et les fans de comics ont découvert la richesse du découpage japonais.