C’est l’une des adaptations cinématographique issue d’un jeu vidéo les mieux notées sur Rotten Tomatoes… et pourtant, je l’ai détestée !
Parmi la multitude d'adaptations cinématographiques de jeux vidéo sorties en 2025, on trouve Exit 8. Ce jeu d'horreur indépendant développé par le studio japonais Kotake Create a été téléchargé plus de 2 millions de fois. Il plonge le joueur au cœur d'un métro japonais sans fin, un véritable labyrinthe dont il faut tenter de s'échapper. L'objectif ? Identifier correctement si le couloir contient une anomalie 8 fois de suite avant de trouver la fameuse sortie numéro 8.
Ce type de jeu est fait pour les joueurs dont la patience est une vertu : il suffit de rater une seule anomalie pour se retrouver instantanément renvoyé à la case départ ! Le film suit donc ce même scénario itératif. Fan d'horreur, je me suis donc précipitée au cinéma pour découvrir l’adaptation de ce jeu à l'allure si angoissante... mais j'ai vite fini par m'ennuyer !
Exit 8 plait tout autant au public qu'à la critique !
Exit 8, le premier long métrage de Genki Kawamura a eu le don de plaire à la fois au public, mais aussi à la critique. Sur Rotten Tomatoes, le film d’horreur obtient l’excellente note de 93% de la part des professionnels, qui saluent majoritairement une adaptation réussie et fidèle au jeu, qui explore une “nouvelle” vision de l’horreur.

Cette note est très étonnante, lorsque l’on connaît la dureté de la critique. Par exemple, Super Mario Galaxy a obtenu un petit 42% de la part des professionnels, contre 88% de la part du public. Mais malgré cet accord commun rare, j’ai eu du mal à apprécier pleinement l'œuvre, malgré des thématiques plutôt intéressantes.
Exit 8 : un jeu compliqué à adapter
Est-ce possible de tout adapter au cinéma ? C'est une question que beaucoup se posent. Parfois, lorsque l'univers d'un jeu est dense comme Elden Ring (qui sortira au cinéma en 2028), le lore est suffisamment épais pour construire une véritable histoire autour. Mais Exit 8 ? Le jeu dure 20 minutes à tout casser.
Pendant 1h20, le film suit un jeune homme, interprété par le chanteur japonais Kazunari Ninomiya, visiblement agacé de se retrouver dans cette station de métro. Je trouve cette métaphore du métro-boulot-dodo très lente. Le film s'essouffle très vite, à l'image de son protagoniste asthmatique. On ne pourra pas dire que l'immersion n'est pas réussie : nous sommes littéralement plongés dans ce couloir et on ressent réellement la frustration du personnage qui peine à sortir de ce métro.
Un film “d’horreur” qui divague
Pour ce qui est de l'angoisse, il n'y a rien à redire : les longs couloirs blancs et froids procurent une sensation que les agoraphobes connaissent très bien. Mais niveau horreur, c'était très soft : à peine un peu de sang qui coule sur les murs, ou un enfant (tout mignon) qui se met à courir.

Après, on n'attendait pas plus d'un film qui mise sur l'horreur à travers les espaces liminaux. D'ailleurs, on a un peu de mal à savoir dans quel registre le film souhaite s'inscrire : est-ce un film d'horreur ? D'angoisse ? Une satire du travail ? Un drame personnel ou familial (car la copine du protagoniste est enceinte) ? Le film semble avoir du mal à se décider.
Il y a aussi un contraste assez étrange entre les flashbacks (à la plage) et le présent (dans le métro), qui sont très brutaux, et on peut parfois se perdre dans la temporalité du film. Ceci dit, j’apprécie beaucoup les métaphores autour de ce couloir, qui peuvent symboliser un état mental, ou tout simplement le cours de la vie. Au moins, on peut reconnaître que Exit 8 reste une adaptation fidèle qui ne trahit pas son matériau de base... ce qui est plutôt rare aujourd'hui !