Magic Pengel : Le RPG méconnu de Studio Ghibli qui a tenté de rivaliser avec Pokémon

Titre original : Studio Ghibli a tenté de détrôner Pokémon avec ce RPG totalement méconnu du public

Il fût une époque où tout le monde voulait sa part du gâteau Pokémon. Entre les Digimon et les Yu-Gi-Oh, un challenger ambitieux est sorti du lot en 2002 sur PlayStation 2, avec un producteur de prestige : le Studio Ghibli.

Au début des années 2000, la folie des Pokémon cartonne partout sur la planète. Pour les contrer, le studio Gakken s’associe à Taito pour créer un concept totalement inédit. Mais pour cela, il leur faut une vraie identité visuelle capable de rivaliser avec le design de Pikachu et sa bande. '

Ils frappent alors à la porte du Studio Ghibli chargé de concevoir l’univers et les personnages de leur jeu vidéo. Le projet s'appelle Magic Pengel : La Quête des Couleurs, et il s'apprête à bousculer les codes du genre.

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Dessine-moi un monstre et j’en ferai un champion

Le cœur du gameplay de Magic Pengel, c’est la liberté qu’il donne au joueur. Au lieu de capturer des créatures dans de hautes herbes, le jeu vous donne un pinceau magique et vous dit : « Vas-y, dessine ce que tu veux ». Vous tracez des ronds, des bras, des ailes, et le jeu donne vie à votre gribouillage. Selon la quantité et la couleur de l'encre utilisée, votre monstre obtenait des statistiques bien précises. Un gros truc rouge devenait ainsi un cogneur de feu, tandis qu'une forme fine et bleue privilégiait la vitesse et la magie.

Derrière cette mécanique, l'ambiance Ghibli se faisait aussi ressentir dans son histoire. On y suit l'histoire d'un orphelin dans un monde poétique aux teintes pastel. Les musiques, la direction artistique, tout appelait à l'émerveillement et à la nostalgie propre aux films du studio d'animation. Le système de combat, lui, reposait sur un principe de pierre-feuille-ciseaux amélioré avec des attaques, des blocs et des contres. C'était simple d’accès, mais diablement addictif.


Le plan secret pour faire trembler Pikachu

Sur le papier, Magic Pengel avait toutes les cartes en main pour faire trembler l'empire Pokémon. L'argument marketing était imparable : pourquoi se contenter de collectionner des monstres imaginés par d'autres quand on peut créer sa propre armée ? L'interactivité était poussée à son paroxysme et surfait sur la même fibre créative qui faisait le succès de Nintendo. Le jeu permettait aussi de brancher deux cartes mémoires pour faire s'affronter les dessins de deux potes sur le même écran.

Studio Ghibli a tenté de détrôner Pokémon avec ce RPG totalement méconnu du public

Malheureusement, la mayonnaise n'a jamais vraiment pris auprès du grand public, et Pokémon est resté assis sur son trône. La faute à quoi ? Un manque cruel de budget publicitaire face au bulldozer de Nintendo, mais aussi une maniabilité au joystick parfois un peu frustrante pour les dessinateurs en herbe. Ghibli a prouvé qu'on pouvait insuffler une poésie folle dans un jeu de monstres, mais Game Freak avait déjà verrouillé le cœur des joueurs.