Si on regarde ce qu’ont fait PlayStation et Xbox au cours de ces derniers mois, un constat s’impose : d’un côté, c’est la force tranquille qui ose tout car elle a les résultats de son côté. De l’autre, il y a un outsider qui se cherche. Une chose est à ne pas oublier : la PS6 sera vitale pour Sony, contrairement à la Xbox Helix pour Microsoft.
Cet article accompagne une vidéo accessible ci-dessus. Il s'agit d'un billet d’opinion qui est par nature 100 % subjectif. L'avis de l'auteur est personnel et n'est pas représentatif de celui du reste de la rédaction de JV. Bonne lecture !
PS5 : des bases solides pour la PS6
Les chiffres de ventes de la PS5 montrent que malgré des consoles qui coûtent cher, malgré des hausses de prix régulières, malgré un catalogue first party assez pauvre sur cette génération, Sony réussit à vendre beaucoup de PlayStation. Si l’on se base sur le fait que les joueurs ne devraient pas vouloir quitter un écosystème numérique dans lequel ils investissent depuis plus de 10 ans (à l’époque PS4/Xbox One), alors on peut déjà dire que la PS6 a gagné contre sa rivale. Sony n’aura tout simplement qu’à reproduire sa manière de faire, sans trembler.
Certes, certains fans s’agacent de l’attitude du géant japonais. Ils trouvent les dirigeants trop distants, déconnectés des attentes des fans, faisant de la PS5 une console qui se repose trop sur les tiers, et n’organisant que peu d’événements/showcases par rapport aux autres constructeurs. Oui, on voit souvent, sur les réseaux, des joueurs demander à Sony de faire plus. Mais pourquoi le papa de God of War dépenserait du temps et de l’argent pour faire plaisir au noyau dur ? Sony fait ce qu’il fait de mieux depuis que Xbox est un concurrent moins dangereux : il impose son rythme et préfère les frappes chirurgicales à la multiplication des prises de parole.

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XBOX aide PlayStation à devenir incontournable dans le monde des consoles
Pourquoi PlayStation devrait expliquer sa stratégie et se hâter à sortir des jeux first party alors que les chiffres sont de son côté ? Plus de 93 millions de PS5 vendues, aux dernières nouvelles ! Et tout ça sans un nombre mirobolant d’exclusivités et avec des prix aberrants… ce qui explique l’augmentation du chiffre d’affaires, certes.
En face, XBOX multiplie les prises de parole et les actions coups de poing. Phil Spencer et Sarah Bond remerciés, nomination de Asha Sharma, baisse de prix du Game Pass Ultimate, annonce de la Helix, rebranding (Xbox devient XBOX)… Microsoft évoque un “nouveau départ”, en fait, un “retour aux sources”.
Cette communication montre un constat implacable : XBOX ne sait plus vraiment qui il est, ce qu’il représente et ce qu’il doit faire. Microsoft, en sortant ses jeux sur PS5, a rendu PlayStation plus fort, plus incontournable, plus riche aussi. Chaque jeu Xbox vendu sur PS5 rapporte 30% de la mise à Sony, sans que le groupe japonais n’ait besoin de renvoyer l’ascenseur. Le soldat vert est désarmé.

Sony ne peut pas laisser la PS6 perdre du terrain
Asha Sharma a beau insister sur le côté “rebelle” du nouveau XBOX, elle dit également que ce sont les chiffres qui feront ses décisions, notamment au niveau des exclus. On a vu plus rebelle comme manière de faire, non ? Car Microsoft va forcément devoir enregistrer des pertes à court terme en revenant aux exclus s’il veut envisager des bénéfices à long terme.
Les dirigeants et les actionnaires laisseront-ils vraiment XBOX redevenir la marque forte qu’elle fut, entre 2001 et 2013, si cela coûte trop cher ? Pour rappel, la première XBOX a fait perdre entre 5 et 7 milliards de dollars à Microsoft, mais c’était le prix que le groupe était prêt à payer pour entrer dans les salons.

En face, Sony ne peut pas se permettre de perdre du terrain. Le gaming représente environ 40 % des résultats du groupe, contre environ 10 % pour Microsoft. Autrement dit : Sony est obligé de voir la PlayStation l’emporter, c’est le pilier de toute la boîte. C’est moins vrai pour la Xbox chez Microsoft, qui n’est qu’un segment parmi tant d’autres. C’est pour cette raison que la PS6 gagnera sûrement – une fois de plus – contre sa concurrente américaine.