Le patron de Take Two Interactive, maison-mère de Rockstar, prend la parole pour dénoncer le comportement des entreprises du jeu vidéo face aux vagues de licenciements de ces derniers mois. Strauss Zelnick rejette la responsabilité de l’intelligence artificielle face à ces pertes d’emplois et pointe du doigt les erreurs de recrutement de ces firmes lors de la crise sanitaire.
Strauss Zelnick, le responsable de la société qui édite la franchise Grand Theft Auto, a décidé de clarifier sa position sur l'évolution du marché du travail au sein de l'industrie du jeu vidéo. Il a accordé une entrevue à Games Industry pour exprimer son optimisme face à l'innovation et pour condamner les excuses des autres patrons du secteur.
La vérité sur les vagues de licenciements selon le patron de Rockstar
Les géants du jeu vidéo ont pour la plupart justifié le renvoi de plusieurs milliers de salariés par l'intégration des outils d'intelligence artificielle. Strauss Zelnick considère que ces entreprises ne disent pas la vérité à leur public et à leurs investisseurs puisqu'il attribue en réalité ces licenciements à une correction économique postérieure à la crise. Il explique que ces multinationales ont embauché des employés de façon démesurée pour répondre à une forte demande.
Selon les propos du chef de Take Two Interactive, ces sociétés ont agi avec négligence avec la gestion de leurs effectifs lors de cette période d'euphorie. La baisse d'activité liée au retour à la normale a forcé ces mêmes structures à réduire leurs équipes de manière drastique. Le chef d'entreprise refuse ainsi de blâmer les innovations logicielles pour masquer les erreurs des directions des ressources humaines. Il estime que ces organisations refusent tout simplement d'assumer leurs torts face à l'opinion publique et préfèrent désigner la technologie comme le coupable de cette situation.
Strauss Zelnick précise que cette tactique de communication sert uniquement à protéger la réputation des responsables qui ont failli à leur mission de gestionnaire. Il s'oppose de surcroît aux prédictions du marché qui annoncent la faillite des entreprises spécialisées dans les logiciels proposés comme service à cause de l'intelligence artificielle. Il souligne que le marché se trompe très souvent dans ses analyses à long terme et que ces erreurs d'interprétation fournissent justement les meilleures occasions pour réaliser des investissements judicieux.
Une vision optimiste du rôle de l'IA dans le jeu vidéo
Le directeur de la compagnie mère de Rockstar Games affiche une vision claire au sujet de la création de jeux vidéo pour les années à venir. Il préfère d'ailleurs utiliser le terme de technologie au lieu de parler d'intelligence artificielle afin d'éviter les malentendus chez les consommateurs puisque ce mot possède des définitions très variables selon le profil des interlocuteurs.
Strauss Zelnick affirme avec conviction que la technologie ne remplacera jamais les travailleurs humains au sein de son industrie puisque les outils technologiques ne possèdent aucune capacité créative par leur propre nature. Ces logiciels servent uniquement à faciliter le travail des artistes et des programmeurs pour concevoir de nouvelles expériences interactives. Le responsable met au défi les individus qui croient qu'il suffira bientôt de presser un bouton pour obtenir un produit compétitif sur le marché du divertissement.
L'homme d'affaires insiste sur le fait que la magie du divertissement numérique repose de façon intégrale sur le talent des équipes de production. Les lignes de code informatique produites par des machines ne remplaceront jamais la sensibilité d'un scénariste ou l'ingéniosité d'un concepteur d'environnements virtuels. L'entreprise américaine souhaite utiliser ces outils comme un levier pour accroître la productivité globale et non comme un instrument de remplacement humain. On a hâte de découvrir ce résultat lors de la sortie de Grand Theft Auto VI confirmée une fois de plus pour le 19 novembre prochain.