Des bousculades au musée aux manipulations boursières, le marché des cartes Pokémon vire à la folie pure. Voici comment les spéculateurs procèdent pour faire exploser les prix.
Si certaines cartes Pokémon se revendent à prix d'or, c'est encore plus vrai pour les cartes "collectors" qui sont éditées pour des événements particuliers.
Cela s'est confirmé pour le "Pikachu with Grey Felt Hat", une carte à édition limitée née d'une collaboration entre la franchise de Nintendo et le musée Van Gogh d'Amsterdam. Nombreux étaient ceux à vouloir mettre la main dessus au point de créer des bousculades. Le tout non pas pour la collection, mais dans l'espoir de revendre les cartes obtenues à bon prix. Des licenciements ont même eu lieu. Mais cette histoire ne s'est pas arrêtée là, un spéculateur peu scrupuleux a trouvé le moyen de faire grandement monter le prix de cette carte sur le marché de la revente.
L'art de la fausse pénurie
Source : Card Market

Pour comprendre comment ces spéculateurs gonflent artificiellement la valeur de certaines cartes Pokémon, il faut se pencher sur les coulisses des plateformes de revente. Récemment, le géant européen du secteur, Cardmarket, a révélé une affaire de manipulation de cours particulièrement vicieuse.
Un vendeur peu scrupuleux a tenté de faire main basse sur le marché du fameux Pikachu « Van Gogh » en créant plus de 200 comptes fantômes. Avec, il a acheté massivement les cartes du Pikachu Van Gogh proposées aux tarifs les plus bas par les vendeurs honnêtes. Il faut savoir que dès qu'une transaction est initiée sur Cardmarket, l'objet disparaît temporairement des annonces pour le public. Sauf que ces faux acheteurs ne réglaient jamais la facture...
En gelant les offres les plus abordables, le spéculateur diminuait grandement la concurrence. Les acheteurs légitimes ne voyaient alors plus que les cartes restantes, beaucoup plus chères. Comme celle du spéculateur en question, qui a ainsi pu écouler 31 cartes à prix d’or.
Quand la justice s'invite dans le deck
Face à ces manœuvres qui faussent le jeu pour l'ensemble de la communauté, Cardmarket n’est pas resté passif. La plateforme, pas dupe des ces manipulations, ne s'est pas contentée d'un simple bannissement numérique. Elle a directement attaqué le fraudeur sur le terrain juridique pour comportement anticoncurrentiel.
Le site estime le préjudice à environ 12 000 euros de dommages et intérêts. La plateforme a envoyé une mise en demeure à l'arnaqueur, exigeant le remboursement de cette somme sous peine de poursuites directes devant les tribunaux.
Ce cas est loin d’être isolé, l’univers des cartes Pokémon contenant encore énormément de scalpers qui profitent des distributions au compte-gouttes pour s'accaparer les stocks au détriment des joueurs.