Le film d'horreur 'Obsession' réalise un succès fulgurant avec 100 fois son budget en moins de deux semaines

Titre original : En moins de deux semaines, ce tout nouveau film d’horreur noté 95% a fait 100 fois son budget !

Obsession, nouvelle pépite de l’horreur, est en passe de devenir l’un des films les plus rentables de tous les temps. Retour sur ce film de youtubeur que personne ne voyait comme le cheval de bataille de l’épouvante en 2026.

On le sait, depuis la nuit des temps, l’horreur au cinéma est synonyme de rentabilité. Ces longs-métrages, souvent avec des budgets dérisoires, sont des poules aux œufs d’or pour les studios. En témoigne le top 10 des films les plus rentables de tous les temps : 6 sont horrifiques.

Cependant, le nouveau bébé de l’ancien youtubeur Curry Barker pourrait bien réclamer sa place à côté de ces légendes du médium. Avec un budget initial de 750000$ (645000€), Obsession finirait sa course avec un box-office de 80 millions de dollars, selon les dernières prévisions. Mais comment expliquer un succès aussi tonitruant ?

Le grand écran est obsédé par Obsession

Obsession nous plonge dans la vie de Bear (Michael Johnston), un jeune homme timide éperdument amoureux de la rayonnante Nikki (Inde Navarrette). En proie aux doutes, le protagoniste prend la décision radicale d'utiliser un objet faiseur de vœux. Vous l’aurez deviné : il force le destin pour que son rêve d’amour et d'eau fraîche devienne réalité. Problème : l’intérêt forcé de la jeune femme va tourner à l’obsession dangereuse…

Le film n’est pas seulement un excellent film (95% sur Rotten Tomatoes et validé par la rédac), il est aussi une usine à billets. Après avoir réalisé un gros premier week-end avec 17,2 millions de dollars récoltés, il a bondi de 39% lors de sa deuxième semaine pour atteindre 23,9 millions de dollars. Une anomalie statistique pour le genre de l'horreur, habituellement sujet à s'effondrer juste après sa sortie.

Aujourd’hui, la barre des 75 millions de dollars de recettes mondiales a déjà été franchie, dont plus de 60 millions sur le seul sol nord-américain. En France, le métrage a conquis les salles avec déjà 207638 spectateurs en à peine une semaine.

Une performance immense pour une œuvre acquise initialement pour 14 millions de dollars par le distributeur Focus Features lors du Festival de Toronto (TIFF).

Le box-office tombe amoureux de l'effroi de Curry Baker

En moins de deux semaines, ce tout nouveau film d’horreur noté 95% a fait 100 fois son budget !

Les youtubeurs obsèdent Hollywood

Derrière la caméra d'Obsession se cache Curry Barker, un vidéaste popularisé par sa chaîne de sketchs That’s a Bad Idea. Il avait déjà fait ses armes en diffusant gratuitement son premier film Milk & Serial sur YouTube faute de distributeur.

Avec son nouveau film, il emboîte ainsi le pas à d'autres pointures d'Internet comme Markiplier (Iron Lung) ou Kane Pixels (le futur Backrooms), des créateurs de contenus d'Internet capables de déplacer des millions de spectateurs de leur écran d'ordinateur vers les fauteuils en velours.

Et Hollywood ne compte pas lâcher sa nouvelle poule aux œufs d'or : Curry Barker vient tout juste de boucler le tournage de son prochain projet, Anything But Ghosts, doté cette fois d'un budget confortable de 5 millions de dollars et porté par Aaron Paul et Bryce Dallas Howard.

Mieux encore, le prestigieux studio A24 l'a d'ores et déjà choisi pour piloter le reboot de la légendaire saga Massacre à la Tronçonneuse.

Un marketing viral visant à obséder la Gen Z

Contrairement aux productions horrifiques classiques souvent boudées par les notes du public, Obsession affiche un retour unanime. De ce fait, on peut facilement deviner que le bouche-à-oreille critique est un des facteurs déterminants de ce succès.

De plus, le long-métrage a particulièrement séduit les 18-25 ans, qui représentent pas moins de 75% de l'audience globale. Comme le souligne judicieusement Paul Dergarabedian, analyste en chef chez Comscore, dans l'analyse de Variety :

C'est du jamais vu. Je ne sais pas si j'ai déjà vu un film faire un tel bond lors de son deuxième week-end. C'est le signe que le public a totalement adopté le film.

Pour métamorphoser ce projet de niche en succès commercial, Focus Features a misé sur une campagne marketing agressive et originale sur le sol américain.

Le studio a notamment conçu de fausses publicités pour acheter le One Wish Willows, l’artefact magique au cœur du scénario, provoquant une rupture de stock de l'objet en quelques heures. Des panneaux d'affichage cryptiques reproduisant les messages de plus en plus angoissants de l'héroïne ont fini de semer le trouble dans les rues de Los Angeles.

Une approche à l'ancienne, misant sur le bouche-à-oreille plutôt que sur les coûteux écrans IMAX, qui prouve que les vieilles recettes du cinéma de genre ont encore de sombres et beaux jours devant elles.